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même inquiétant, vu le contexte actuel ». Pour l'élue locale, « cette formation dispensée à des élèves d'origine arabe, mais qui ne parlent pas la langue, va à l'encontre de toute forme d'intégration. En effet, on va apprendre l'arabe à de jeunes enfants qui s'expriment en français, simplement pour qu'ils puissent mieux communiquer à la maison avec leurs parents
POLEMIQUE ANCIENNE

Ce n’est pas la première fois que cette polémique divise l’opinion publique. Déjà en 2016, le projet d’intégrer l’arabe comme langue étrangère à l’école de la République avait déchaîné les commentateurs et les élus de droite. Ainsi, le 25 mai 2016, Annie Genevard, députée LR du Doubs, avait clamé à la tribune de l’Assemblée nationale : « L’urgence commande que notre culture, pour être mieux partagée, s’affirme avec son mode de vie, son histoire et sa langue ». « Politiquement, la question de l'enseignement de l'arabe est très difficile à porter », décryptait Françoise Lorcerie, sociologue à l'Institut de recherches sur le monde arabe et musulman de l'université Aix-Marseille. Et en 2018, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, avait également déchaîné les passions, en se montrant prêt à favoriser l'apprentissage de cette "très grande langue littéraire" pour lui "donner du prestige". Cela va à l'encontre de leur intégration et au pire, cela les renferme encore plus sur eux-mêmes en les isolant de leurs voisins français », regrette Mme Lardat. La Ville est tenue de fournir un local au professeur d'origine étrangère et à ses futurs élèves mais elle n'a aucun moyen légal de contrôler le cours et encore moins de l'interdire. Les services de renseignement ont été alertés. Les cours d’arabe sont loin d’être une nouveauté.
ACCORD FRANCO-TUNISIEN
Un décret signé en 2020 par Emmanuel Macron, selon le texte de loi, « cette nouveauté pédagogique répondrait à des impératifs de « diversité linguistique dans le premier degré et de continuité dans le second ». En réalité, ce décret correspond à l’entrée en vigueur d’un accord franco-tunisien datant du 31 mars 2017, initié par Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre binationale de l’Éducation sous François Hollande. Ainsi, dans la droite enseignement de l’arabe reste facultatif. Pour autant, le décret, signé par Emmanuel Macron, précise que « les résultats obtenus par les élèves dans le cadre de cet enseignement [seront] pris en compte dans l’appréciation générale de leur travail scolaire. À l’instar des langues gréco-latines, autrefois dénoncées comme élitistes par Najat Vallaud- Belkacem, l’arabe vise à aider certains élèves accoutumés à cette langue à consolider leurs résultats en fin de trimestre. Ne se limitant pas à un simple cours de langue, cette nouvelle matière aurait pour objectif d’étudier les civilisations et les cultures gravitant autour de l’arabe : « Cet enseignement propose un apprentissage de la langue arabe qui fait référence à la culture arabe, notamment à des éléments de la culture tunisienne », explique l’article 4. Ainsi, en ce qui concerne par exemple la Tunisie, pour assurer le bon déroulement de ces cours de langue et de civilisation, l’État français fait donc appel à des professeurs tunisiens sélectionnés par leur gouvernement. « En fonction des besoins, le gouvernement de la République tunisienne sélectionne et rémunère les enseignants tunisiens titulaire. Cet enseignement doit être assuré dans le respect des principes généraux de l’Éducation nationale française et conformément à la législation française en vigueur », précise le texte.