L'ACSPMG entretient le devoir de mémoire
Œuvrant pour la pérennisation du devoir de mémoire, l’Association des Collectionneurs Pour la Sauvegarde du Patrimoine de la Maréchaussée à la Gendarmerie…

Pour ce projet, l'ACSPMG travaille en étroit partenariat avec le Souvenir Français.
POUR QUE LA MEMOIRE PERDURE

Défaut d’entretien, abandon, érosion du temps, le patrimoine funéraire est souvent méconnu et ignoré. Et, c’est ainsi que disparaissent des chefs d’œuvres de sculptures et d’architecture. « Chaque sépulture, tombe et cénotaphe apportent des renseignements sur les défunts. Les inscriptions sur les caveaux ou plaques funéraires donnent des informations sur les familles et permettent de compléter les recherches », explique Nicolas Moulin, président de l'ACSPMG. Il ajoute : « L'association s’est fixée un objectif patrimonial et mémoriel, en recensant les sépultures, tombes, caveaux ou cénotaphes des gendarmes « Morts en service », lors de l’insurrection de décembre 1851. Dans chaque département, la gendarmerie a apporté son concours, où le sang a coulé pour défendre « l’ordre et la loi ». Inhumés parfois avec discrétion ou avec les honneurs, ces soldats de la loi ne doivent pas tomber dans l’oubli. Onze sépultures ont ainsi été recensées en France. Pour cela, il a fallu partir d'un point de repère historique et hasard, des recherches, c'est une tombe à Cuers qui en est à l'origine ».
SEPULTURE À CUERS
L’une des tombes a été localisée à Cuers, à 7 kilomètres du siège de l’ACSPMG. Il s’agit de la sépulture du brigadier Augustin Lambert, chef de la brigade de Cuers, assassiné d'un coup de fusil, à l’âge de 37 ans, le 5 décembre 1851 vers 15 heures alors qu’il était requis par le maire, pour tenter, avec 4 gendarmes qui composait l'effectif de la brigade à cheval, d'assurer l'ordre parmi l'attroupement des insurgés. « La tombe, inscrite en concession à perpétuité sur décision du Conseil municipal du 8 février 1852, est volontairement sobre. Elle a été rénovée par l’ACSPMG, tout comme la plaque funéraire. Cette initiative a été menée avec le comité du Souvenir Français de Cuers et l’accord de la Municipalité. L'association a reçu l’aide et le soutien de nombreux passionnés d’histoire locale et d'archivistes. Pour ce travail minutieux, toutes les pistes ont été exploitées : visite dans les cimetières, prises de vues, recherches en généalogie, consultation des archives, actes de décès, articles de presse, etc. », reprend Nicolas Moulin. Pour cette enquête historique, Nicolas Moulin a reçu l'aide de Serge Porre, ancien archiviste municipal de Cuers. Grâce à ses connaissances, cette période particulière a pu être mise en exergue. De nombreux ouvrages d'époque ont servi de source documentaire : Échos de la gendarmerie, almanachs et annuaires, notice historique sur la révolution du mois de décembre 1851 et sur l'insurrection dans le Var, etc. Autant de documents à analyser et à recouper.
PLAQUE MEMORIELLE
Le 5 décembre dernier, en présence des élus et des associations mémorielles, s'est déroulée une cérémonie avec la dépose officielle de la plaque mémorielle de l’ACSPMG et de celle du Souvenir Français.
En présence de : Bernard MOUTET, maire de Cuers, Véronique BACCINO, conseillère départementale, Henri LAFAGE, président du Souvenir Français de Cuers, Nadine RINALDI, présidente de la 1722ème section de la Médaille militaire, Les portes drapeaux, Les membres de l'ACSPMG.
11 SÉPULTURES RECENSÉES
Les tombes des gendarmes retrouvées par l'ACSPMG : Brigadier Augustin LAMBERT (CUERS), Gendarmes Antoine LANGLADE et Jules DECHIN (PARIS), Brigadier LEMEUNIER et gendarme DENIZEA (MONTARGIS - Loiret), Maréchal des logis LEMAIRE (LAPALISSE – Allier), Gendarmes BIDANT et CLERET (CLAMECY - Nièvre), Maréchal des logis LEOTARD et gendarmes LAMM et BURGUIERE (BEDARIEUX - Hérault).
Nicolas TUDORT - Photo Alain BLANCHOT.