François de Canson, président du Comité Régional de Tourisme (CRT), répond aux questions de La…

D'où viennent ces difficultés de recrutement ?

La crise sanitaire a provoqué des tensions considérables sur le marché de l’emploi dans les métiers du tourisme, notamment dans les hébergements et la restauration. J'ai décidé de faire de la valorisation des métiers du tourisme une priorité absolue. Nos entreprises souffrent de cette situation qui pourrait affecter l’image de nos destinations. Il faut une mobilisation générale de tous les acteurs et partenaires. Toutefois, grâce à des plans de promotion et de relance sans précédent, mis en œuvre par le CRT et abondés par Atout France, la région Sud a conservé son attractivité. De leur côté, les professionnels ont su adapter leur offre pour stimuler le retour de la clientèle.
Comment va s'organiser la riposte ?
Nous allons faciliter l’accès à la formation, rendre plus attractifs ces métiers qui ont, parfois à tort, une mauvaise réputation et proposer un lieu unique des offres d’emplois dans notre région. Trois axes majeurs et essentiels, comme trois étages d’une fusée, pour gagner le pari de l’emploi et de l’attractivité de notre destination. Car, les entreprises ont beaucoup de mal à trouver les candidats. C'est un sujet grave qui peut affecter l'image de nos destinations. Le manque de personnel dégrade la qualité de service qui se retrouve en décalage avec le prix. notamment dans les petites unités qui doivent rivaliser d'ingéniosité pour recruter, au lieu de concentrer leur attention sur le fonctionnement de leur entreprise et l'amélioration du produit. D'ordinaire, le CRT se concentre sur la promotion de la destination et de ses filières. J'ai fait le choix de m'emparer de ce sujet pour que notre destination garde toute son attractivité. Il y a urgence à se rassembler pour améliorer la situation. Nous avons décidé d'inverser cette carence récurrente de main d'œuvre dans notre secteur. Ils sont essentiels, car au-delà d'une nouvelle campagne, c'est avant tout un dispositif complet qui a été imaginé pour développer une solution globale.
Votre réponse est basée sur la formation ?
Ces actions sont les prémices de la grande dynamique qui sera lancée par l’État et Atout France dans les mois qui arrivent. L'Institution régionale a accompagné les fédérations régionales des offices de tourisme, de l'hôtellerie de plein air et des gîtes de France, à hauteur de 362 750€, pour la professionnalisation des acteurs du tourisme. Il faut accélérer, aller plus loin, plus vite et de façon plus agile.
D'où la mise en place d'une politique régionale ?
En se déclinant sur 3 axes, elle doit permettre de gagner le pari de l’emploi. Tout d'abord, l’accès à la formation. La Région a mis en œuvre plusieurs dispositifs. En premier, un appel à projets « Formations professionnelles innovantes pour les métiers du tourisme », abondé à hauteur de 500 000€, en 2022. Il vise à permettre aux demandeurs d’emploi, aux saisonniers, aux jeunes diplômés et aux salariés de monter en compétences, pour répondre aux enjeux de qualité de l’accueil, d’adaptation aux évolutions des attentes de la clientèle, et de transitions écologique et numérique impactant les métiers. Ensuite, le CRT a mis en place un dispositif de « Chèque expertise tourisme », sous forme de diagnostics-conseils, au budget dédié de 130 000€ en 2022. Il doit offrir un soutien sur-mesure aux entreprises du tourisme pour permettre l’amélioration de leurs performances. Ensuite, des partenariats autour des métiers du tourisme sont initiés par la Région pour la promotion des métiers du tourisme et la valorisation des perspectives de carrière auprès des jeunes et des demandeurs d’emploi, la mise en relation de l’offre et de la demande d’emplois et afin de faciliter des passerelles professionnelles.
Les métiers de l’hôtellerie et de la restauration souffrent parfois d’une mauvaise image ?
Aujourd’hui, les choses changent ! Les horaires peuvent être adaptés, les conditions de travail améliorées et les salaires revalorisés. Deux actions majeures sont menées avec l’appui des fédérations. Les professionnels ont accepté d’élaborer une charte de bienveillance. En l’adoptant, ils s’engagent à respecter dix démarches de progrès qui évoquent, par exemple, l’assurance du bien-être au travail, la mise en œuvre d’une politique salariale motivante, l’évolution des carrières ou la valorisation des compétences. Et, une campagne de communication nationale va mettre en lumière les atouts de ces métiers, certes atypiques mais passionnants. Elle cible les demandeurs d’emploi et les actifs en reconversion pour abonder les besoins à court terme, mais aussi les plus jeunes pour les motiver à choisir des études orientées vers les métiers du tourisme pour préparer l’avenir.