26/07/2026

Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences

Trois associations (A.L.P.H.A, association pour le Patrimoine, l'Histoire et l'Archéologie, le Souvenir Français et Lou Suve) avec le soutien de la…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 31 juillet 2023 Lecture : 3 min
Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences
Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences© La Gazette du Var
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Plus de 4 000 soldats du XVème corps n’ont jamais revu le ciel de leur Provence et l’une des plus belles déclarations en leur honneur est la phrase prononcée par des enfants le 16 août 1936 devant le monument de Biderstroff : « Nous ne les avons pas connus, mais nous savons que c’est en mourant pour la France qu’ils nous ont permis d’être Français ».

EN PREMIERE LIGNE

Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences

En 1914, le XVème corps est une unité de l’armée de terre (infanterie, cavalerie, génie...), composée de méridionaux originaires de Provence, des Alpes et de Corse. À l’aube du 20 août, les gars du Midi sont en première ligne lorsque débute la grande contreattaque allemande. Pris en tenaille, les Français avancent dans le brouillard et la boue. Ils sont tués avant d’avoir vu l’ennemi, pilonnés par les obus d’artillerie lourde, fauchés par les balles des mitrailleuses, écrasés par des chevaux allemands ou noyés dans les marais. Très vite, les morts et les blessés ne se comptent plus, il faut se résigner à la retraite. Les pertes sont énormes. Un journal lorrain rappelle que la bataille des frontières a fait 5 000 tués français et allemands en l’espace de deux jours de combat dont seulement 1500 identifiés. Les canons et les milliers de blessés restés sur place sont capturés par l’ennemi. Décimées, les troupes de la IIème Armée française se replient sur le Grand Couronné et vers Lunéville. La stratégie de l’offensive à outrance de Joffre, commandant en chef des armées du nord et de l’est, a échoué. Mais, il n’est pas question d’incriminer les chefs qui pourtant ont été prévenus que les ennemis préparaient une opération de grande ampleur.

UN TRAITRE CONVENABLE

Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences

Pour beaucoup de militaires, le XVème corps fait un traître très convenable car à cette époque, le préjugé du provençal emphatique et futile est tenace. Ainsi, dans les jours qui suivent, le XVème corps est accusé d’avoir lâché pied en Lorraine et entraîné de ce fait la retraite générale. En fait, les soldats du midi sont victimes des préjugés et relations complexes qui opposent les hommes, voire les régions ou villages depuis la nuit des temps. Si l’affaire du XVème corps est occultée durant de longues années dans les livres d’histoire, le midi n’oublie pas ses martyrs. Dans le Var, le 6 juillet 1919 la place du Midi de Pierrefeu-du-Var devient la place des soldats du XVème Corps. À Hyères, on inaugure un rond-point du XVème corps en août 1919 et plus tard une avenue. À Carcès, Plan de la Tour, Saint-Maximin, Saint- Tropez et Toulon des artères sont dédiées à ce corps d’armée dès la fin de la guerre. Raymond Poincaré, président de la République de 1913 à 1920 le reconnaît, en 1930, dans ses mémoires : « Le XVème corps a cédé devant des forces supérieures mais il est resté dans la main de ses chefs ». Les Lorrains, témoins du désastre des 19 et 20 août 1914, rendent également hommage au XVème corps en inaugurant le 28 octobre 1923, le monument aux morts de Dieuze. Le 22 août 1929, un arc de triomphe est érigé dans le cimetière de Vergaville : « Ces pauvres enfants méritent bien un pareil hommage. Presque tous du midi, ignominieusement calomniés par un accusateur sans scrupule, ils sont venus mourir à plus de 20 km de l’ancienne frontière en faisant courageusement leur devoir ».

Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences
Le XVème Corps en 1914, la légende et ses conséquences