Philippe Leonelli : « Nos libérateurs étaient guidés par un idéal de liberté »
Il y a 79 ans, le 15 août 1944 à 8 heures, les alliés débarquaient en Provence sur les côtes méridionales.

350 000 hommes dont 250 000 Français, 600 bateaux de transport et 1 270 péniches vont faire débarquer cette force terrestre, sous la protection de 250 navires de guerre, appuyée par 2 000 avions et plus de 5 000 parachutistes. L'opération Dragoon vient d'être lancée, avec le succès que l'on connaît grâce au travail des maquisards qui ont joué un rôle essentiel en amont du débarquement.
« Ils s'appelaient James, Hubert, Mohammed, ils avaient 20 ans et partageaient des valeurs communes. Guidés par un idéal de liberté, ils croyaient en la dignité de chaque être humain et la nécessité de défendre la liberté individuelle et collective face à l'oppression nazie. Ces soldats, souvent très jeunes, trop jeunes venaient de nations différentes, n'avaient pas la même culture ni les mêmes religions mais ils étaient animés de la volonté d'unir leurs forces pour lutter ensemble contre un ennemi commun », a rappelé Philippe Leonelli, à l'occasion de la cérémonie du 79ème anniversaire du Débarquement de Provence.

JAMES PHILIP CONNOR James Philip Connor, sergent de l'armée américaine, se souvenait du mélange d'excitation et d'appréhension qui l'envahissait alors que son navire approchait des côtes de Cavalaire. Le 15 août 1944, lorsque la rampe du bateau s'est abaissée, James s'est précipité vers le rivage, le cœur battant à tout rompre sous les éclats des tirs ennemis. Alors qu'il posait le pied sur le sable, l'explosion d'une mine tua son lieutenant, le blessa sérieusement, l'obligeant à prendre le commandant du groupe.
Blessé trois fois de suite, sa conviction que leur cause était juste et la cohésion avec ses compagnons d'arme lui donnèrent tout de même la force d'avancer.

HUBERT GERMAIN Hubert Germain, officier français, avait rejoint la résistance dès le 22 juin 1940. Refusant l'armistice, il a décidé de continuer le combat et de rejoindre la Grande Bretagne avec 3 de ses camarades. Pour lui, le débarquement représentait la concrétisation d'années de lutte pour la liberté de son pays.
Il se sentait fier de se battre aux côtés des alliés pour libérer sa patrie et rendre hommage à ceux qui avaient su résister. Le matin du débarquement, l'aube pointait à peine lorsqu'ils approchèrent des côtes avec ses camarades. Tout était calme, trop calme et pourtant, Hubert savait que la bataille allait faire rage.

MOHAMMED BENKHEDDA Mohammed Benkhedda, comme tous les Français d'Algérie, avait été incorporé dans les chantiers de jeunesse à Tlemcen. Engagé après son service militaire, Mohammed était plein d'émotions alors que le débarquement approchait. Il était à la fois nerveux et déterminé à apporter son aide aux soldats blessés.
Comme ses camarades, il avait entendu les premières explosions et vu les premières victimes. Il n'a jamais rien oublié.
« Et puis, James, Hubert, Mohammed et tous leurs camarades ont continué à progresser. En dépit de la résistance allemande, ils ont libéré des villes importantes telles que Toulon et Marseille, en moins de deux semaines après le débarquement initial. James, Hubert, Mohammed et tous les autres, ont fait preuve d'un courage inébranlable dans leur détermination à affronter l'ennemi.
Leur bravoure et leur sacrifice ont été essentiels pour la libération de la France et de l'Europe. Ils sont restés un idéal pour les générations suivantes », a conclu Philippe Leonelli.



