Une balade artistique entre Toulon et La Londe-les-Maures
Le Musée d’Art de Toulon et le château des Bormettes à La Londe-les-Maures recourent, dans de la seconde moitié du XIXe siècle, à la même équipe d’architectes…
Ces derniers, l’un sculpteur et l’autre architecte s’associent dans les mêmes temps afin d’offrir à leur ville natale et à ses environs quelques-uns de leurs plus remarquables monuments. L’exposition du MAT, en partenariat avec la Mairie et l’Office de tourisme intercommunal de La Londe-les-Maures, propose une balade d’un territoire à l’autre. La première étape s’effectue au château des Bormettes, petit joyau d’éclectisme voulu par ses propriétaires successifs. Alors que le peintre Horace Vernet (1889-1963) conçoit avec l’architecte hyérois Victor Trotobas (1807-1884) une demeure de type maisonforte médiévale à la fin des années 1850, l’industriel Victor Roux (1819-1893) remanie et agrandit le château en une agréable villégiature entre 1874 et 1890. Ses maîtres d’œuvre, Paul Sédille et Gaudensi Allar, ajoutent de multiples références Renaissance et orientalistes, notamment par l’adjonction de décors en terre cuite émaillée provenant de la manufacture Loebnitz. Le château des Bormettes met en lumière l’entreprise de faïences décoratives de Jules Loebnitz dont on découvre l’importance et l’influence en Provence. Le parcours s’achève avec les frères Allar, gloires toulonnaises de la fin du XIXème siècle, notamment André qui reste l’unique grand prix de Rome de sculpture varois. Durant la décennie 1880- 1890, ils œuvrent de concert à l’École Rouvière, à la Fontaine de la Fédération et au Musée-Bibliothèque, leur chef-d’œuvre. Là, le statuaire conçoit quatre cariatides en pierre pour les loggias et des petits panneaux en terre cuite émaillés par Loebnitz.