Comment agir contre l’inceste
Le 16 avril, la Municipalité a organisé la table ronde « Comment agir contre l’inceste ? », en partenariat avec l’association « Face à l’inceste ».

Le 16 avril, la Municipalité a organisé la table ronde « Comment agir contre l'inceste ? », en partenariat avec l'association « Face à l'inceste ». Créée en 2000 par Isabelle Aubry, survivante d'inceste, l'association a animé cette rencontre qui a réuni les acteurs de l'enfance et de la petite enfance, les professionnels de santé, de l'éducation, du social, de la sécurité, ainsi que des institutionnels et des élus locaux.
Avec la participation de Aude Doumenge, chargée de plaidoyer et communication de « Face à l'inceste » ainsi que de Randal Do, responsable de l'antenne des Bouches-du-Rhône et de Vanessa Lando, farlédoise bénévole de l'association.

FAIRE ÉVOLUER LA LOI « L'objectif de cette rencontre était de sensibiliser sur l'inceste et les violences sexuelles intrafamiliales afin de lever les tabous et susciter une prise de conscience collective. Une initiative qui pourrait impulser une dynamique afin d'aller plus loin pour prévenir, détecter et protéger les victimes d'inceste », a rappelé Aude Doumenge. Lors de la table ronde, l'association, qui se bat depuis plus de 20 ans pour faire évoluer la loi et protéger les victimes, a apporté son expertise et ses outils.
« L'inceste est un crime qui touche 1 enfant sur 10, environ 11% de la population française. Il a des conséquences dramatiques sur la santé physique, psychique et sociale des victimes, qui souffrent souvent en silence. Face à ce constat alarmant, la Municipalité a décidé de soutenir cette cause en initiant cette table ronde.
Une première mobilisation pouvant servir de point de départ d'un plan d'actions plus large », a ajouté la chargée de plaidoyer et communication.
Ainsi, l'exemple de Marie, 32 ans, qui a décidé de porter plainte contre les agressions de son grand-père. La prescription étant dépassée, la société a décidé qu'il ne pouvait plus être poursuivi pour ses crimes.
PRESCRIPTION « La prescription ou "le passeport pour le viol d'enfants" protège les agresseurs au détriment des enfants. C'est l'inverse de la prévention. Il nous faut changer cela et nous allons y consacrer toutes nos forces.
Face à l'inceste s'est aussi battu pour que le crime de l'inceste soit inscrit dans le Code pénal. Combat que nous avons mené avec succès puisque l'inceste est depuis 2016 introduit dans le Code pénal.
En France, la justice questionne l'enfant sur son consentement à l'inceste. Isabelle Aubry l'a vécu lors du procès de son père. « Si le consentement est retenu, l'agresseur peut ne pas être condamné ou pour une peine moindre.
Insupportable procédure que conteste Face à l'inceste depuis sa création. Comment peut-on croire qu'un enfant est consentant ? Pour lutter contre un tabou, il faut commencer par le nommer », avertit Isabelle Aubry.
• À NOTER... LES CHIFFRES CLÉS : 1 Français sur 10 a été victime d'inceste, 2 Français sur 5 connaissent une victime d'inceste, Dans 3 cas sur 5, la parole de la victime est minimisée, Les frères et les cousins représentent 33 % des auteurs d'agressions sexuelles, 11 % des Français déclarent avoir été victimes d'inceste, soit 7,4 millions de personnes (65 % de femmes et 35 % d'hommes), Pour 76 % des victimes, l'inceste était connu par un ou plusieurs membres de la famille.