Des travaux d'envergure à la station Amphitria
La Métropole Toulon Provence Méditerranée et son délégataire VEOLIA mènent un chantier d’envergure sur la station d’épuration Amphitria, au Cap Sicié, visant…

UN CHANTIER D'ENVERGURE Mise en service en 1997, la station d'épuration Amphitria qui traite les eaux usées de 300 000 habitants vivant dans la partie ouest de la Métropole (Toulon, Évenos, Ollioules, Le Revest-les-eaux, Saint-Mandrier-sur-Mer, La Seyne-sur-Mer et Six-Fours-les-Plages), intègre un dispositif d'incinération des boues d'épuration.
Il s'agit d'une des plus grosses stations de la Méditerranée et elle présente la particularité d'avoir un traitement des boues par incinération in situ.
TECHNOLOGIE DE POINTE Afin d'améliorer les performances énergétiques et environnementales de cette installation et, en conformité avec les réglementations en vigueur, des travaux sont en cours et exigent l'arrêt du four.

« Cet arrêt nécessite un fonctionnement transitoire pour assurer la continuité du service de la station.
Il implique notamment, en accord avec les services d'État, le transfert des boues issues du traitement des eaux usées vers des centres de compostage répartis dans le territoire national.
Toutes les mesures ont été mises en œuvre pour gérer cette période transitoire de manière sécurisée et respectueuse de l'environnement.
Ce chantier d'envergure permettra à Amphitria de rester une station d'épuration à la pointe de l'innovation, c'est à dire une usine maîtrisant son impact environnemental et productrice d'énergie », indique un responsable de VEOLIA.
Il ajoute : « l'association d'un traitement physico-chimique et d'un traitement biologique, permet de garantir la propreté et la fiabilité des rejets en mer en n'engendrant ainsi aucune perturbation sur la faune et la flore.
L'objectif est de minimiser les volumes de déchets produits ».
Ainsi, le traitement des eaux usées génère des déchets résiduels, appelés « boues ».
À Amphitria, ces boues sont déshydratées puis brûlées dans un four.
Ce traitement thermique des boues et des graisses distingue Amphitria des autres stations d'épuration.
Les fumées issues du traitement des boues sont également filtrées puis traitées.
Le site disposant d'un incinérateur in-situ, la Métropole TPM a donné la possibilité aux collectivités environnantes de pouvoir accueillir leurs boues et ainsi offrir une solution environnementale avec des circuits courts synonymes de réduction de l'empreinte carbone.
Depuis décembre 2023, la Métropole et son délégataire VEOLIA ont démarré ce chantier d'envergure visant à améliorer la performance énergétique de l'usine.
Ces travaux, rendus par l'Arrêté Ministériel du 12 janvier 2021 applicables aux installations d'incinération et de co-incinération de déchets, visent à mettre en œuvre les Meilleures Techniques Disponibles (MTD) au niveau de la chaîne d'incinération.

Ces améliorations s'articulent autour de plusieurs axes.
Tout d'abord, la valorisation de l'énergie du four d'incinération.
« Il s'agit de mettre en place une chaudière de production de vapeur et une turbine électrique, qui permettront de valoriser la quasi-totalité de la chaleur générée par le four, actuellement dispersée.
Ce système de production d'énergie produira 4 500 000 kWh/an auto-consommés, soit le tiers des besoins en électricité de l'usine ».
Cela concerne aussi l'amélioration du traitement des fumées de l'incinération.
En effet, le process d'épuration des fumées de l'incinérateur sera porté à un haut niveau de rendement, compatible avec les dernières normes environnementales.
Par ailleurs, les travaux vont conduire à séparer les cendres du four.
Cette séparation est dans l'objectif de permettre une valorisation des cendres de l'incinérateur.
En outre, ils permettront la valorisation des sables issus de l'étape de dessablage.
Le lavage des sables sera renforcé de façon à permettre une valorisation des sables lavés comme agrégat de chantiers.
Enfin, le compactage des refus de grille va être réalisé.
En effet, les refus de grille sont des résidus non valorisables.
En les compactant fortement, la teneur en eau est réduite, ce qui diminue les opérations de transport et rend le déchet mieux acceptable en ISDND », conclut le responsable technique de VEOLIA.
Photos VEOLIA. Nathalie Bicais, maire de La Seyne-sur-Mer et Thierry Albertini, maire de La Valette-du-Var, ont participé à la visite des travaux.