26/07/2026

Alexandra Deman répond aux questions de La Gazette du Var.

LPPar Laurette PARAY (texte et photos)Journaliste 8 juillet 2024 Lecture : 3 min
Alexandra Deman répond aux questions de La Gazette du Var.
Alexandra Deman répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
Partager

Vous avez besoin de déposer sur le papier ?

J’avais un réel besoin d’expression alors j’ai écrit et co-écrit une cinquantaine de scénarios pour la télévision et le cinéma. Je me considère comme une enfant gâtée de la télévision sur cette période de ma vie. Je continuais à dessiner sur des petits carnets lors de mes voyages.

Alexandra Deman répond aux questions de La Gazette du Var.

Avec un amour irrésistible pour la mer ?

J’ai presque appris à marcher sur une plage, en Vendée, puis j’ai passé mon enfance à La Rochelle, jusqu’à 18 ans. Ma chambre donnait sur la mer. Elle et moi, on se saluait tous les matins, elle était dans mon quotidien. J’aime son énergie, son mouvement, sa lumière. Sa force, mais aussi sa douceur parfois, de fauve endormi. Elle représente aussi l’évasion, le départ, la découverte de l’ailleurs, de nouvelles histoires moment-là, j’ai découvert que mes ancêtres maternels étaient Toulonnais depuis le 18ème siècle ! l’évaporation. J’aime la profusion des couleurs et cette lumière extraordinaire...

Alexandra Deman répond aux questions de La Gazette du Var.

Vous êtes une artiste inspirée ?

Oui. Je suis sous l’influence, avec modestie, de tout le minimalisme des artistes chinois, japonais, comme Kimura, Katsushika Hokusai, Zao Wou-Ki ou encore français, comme Victor Hugo et ses lavis en tout petit format, et à l’opposé cette peintre, américaine, Joan Mitchell, qui peint sur des toiles de 2 mètres sur 3. Pour ma part, je ressens la même intensité... Des peintres comme Monet, Matisse, Wolf Kahn me reviennent souvent à l’esprit au moment où je peins et bien entendu mon père, Albert Deman.

Que retenez-vous de l’œuvre de votre père ?

Un immense cadeau. La peinture de mon père est figurative et expressive. En revanche, nos peintures ne se ressemblent pas. C’est un cadeau gigantesque, immense, c’est « mon école des Beaux-arts » à la maison. Je me surprends à avoir des gestes de mon père aussi. Je l’ai vu faire les gestes, c’est une chorégraphie. Ce qui m’émeut c’est que parfois je fais un geste et je revois mon père faire ce geste. dans ma démarche picturale, les silences, les non-dits, le rythme. J’aime l’idée que dans un tableau ou un dessin, tout un univers est déjà présent. La toile se suffit à elle-même. Laisser l’imaginaire de l’autre rencontrer le mien. J’ai vraiment la conscience que nous sommes deux face à mon dessin : qu’est-ce que je vois, qu’est-ce que je ressens ?

On a l'impression de l'existence d'un lien mystérieux ?

Même si je demande aussi des conseils techniques à des amis peintres, je ne veux surtout pas briser ce lien magique, la transmission de mon père, avec des cours ou une rhétorique imposée, une sorte de mode d’emploi. Je suis une gourmande de couleurs ce qui ne m’empêche pas de travailler le monochrome. Je n’ai jamais pris un cours d’aquarelles, je veux m’accorder la liberté absolue de ne respecter aucune règle, c’est une volonté assumée. L’aquarelle est une matière comme l’encre de chine, je mélange selon mon envie et mon intention, je me considère comme une peintre qui utilise de l’aquarelle ou de l’encre de Chine ou de l’acrylique sur toile mais je ne veux pas m’enfermer dans un standard.

Pourquoi cette exposition aux Vieux Salins ?

Les Vieux Salins sont un écrin magnifique pour présenter mon travail, dans une nature sublime et préservée où s’ébattent des centaines d’oiseaux et flamants roses. C’est une exposition personnelle, chaque artiste expose sur une période. •

LES PROCHAINES EXPOSITIONS :

Arles, chez CirCa, magasin d’antiquités atypique et galerie, octobre à fin décembre. Galerie Cravéro au Pradet en avril 2025. Vous pouvez retrouver Alexandra DEMAN sur instagram alexandrademan_art

Propos recueillis par Laurette PARAY (texte et photos).