« Le temps n'efface ni leurs souffrances, ni leur courage »
Le 8 juin, en présence des autorités civiles et militaires et de M. le curé, François de Canson a commémoré la fin de la guerre d'Indochine.

De 1945 à 1954, de l'agression provoquée par le Japon, pays allié de l'Allemagne nazie, jusqu'à la fin de la guerre d'Indochine, ces terres balayées par les moussons ont vu mourir des soldats français. Depuis, le courage des soldats morts pour la France en Indochine n'a pas fini de susciter notre admiration, notre gratitude et notre reconnaissance. « Aujourd'hui, réunis devant notre monument aux morts, nous honorons leur mémoire. Nous nous souvenons des résistants aux forces japonaises pendant la seconde guerre mondiale, à ces braves qui se battirent à un contre cinq pendant le coup de force du 9 mars 1945, où plus de 2 500 d'entre eux furent tués. Nous nous souvenons de leurs successeurs, Français de métropole et d'Outre-mer, engagés de la Légion étrangère, tirailleurs africains, appuyés par des combattants supplétifs vietnamiens, cambodgiens et laotiens », a rappelé François de Canson.
JUNGLE ET RIZIÈRES

Le premier magistrat a ajouté : « Ceux qui débarquaient à Hanoï en restaient émerveillés. Pendant quelques jours ou quelques semaines, ils découvraient la ville dans la courbe du fleuve, la ville à l'architecture éclectique qui pouvait donner l'illusion d'être en métropole. Et puis vient le jour du départ, le moment du rassemblement, peut-être une dernière lettre, et direction le front. Ils se sont battus dans la jungle, la boue des rizières ou sur les pics de calcaire. Sur ces collines, dans ces vallées où pleuvaient la lumière et le feu. Sous une pluie battante ou une chaleur suffocante, ils découvraient l'enfer vert et ne l'ont jamais oublié. Ils y ont laissé une part d'eux-mêmes, quand ce n'était pas la vie tout court » (...). « Nous nous souvenons de ces hommes pétris de courage et de résolution, volontaires pour beaucoup, que la défaite n'a pas brisés. Nous nous souvenons des prisonniers, de ceux de Diên Biên Phu et de tous les autres, encerclés dans une rizière ou capturés dans une clairière. Ils n'avaient pas fini de souffrir dans ce pays qu'ils ont aussi tant aimé. Blessés, diminués, fatigués, ils ont connu les marches infernales, des centaines de kilomètres à pied, les chairs à nues, les frères d'armes morts sur les bas-côtés », a repris le maire. Et, les camps de rééducation, les privations, les tortures dans les geôles de bambou. Ces camps d'un genre particulier, des camps sans miradors ni barbelés, avec peu de gardiens, mais où la faiblesse des hommes rendait les évasions chimériques. La plupart des prisonniers survivants, restés quelques mois dans les camps, sont libérés à l'été 1954, après la signature des accords de Genève. « Si peu d'entre eux nous sont pourtant revenus. Parmi eux, ils sont nombreux à avoir été confrontés au soupçon, par leur propre armée qu'ils aspiraient à retrouver, de compromission avec l'ennemi. 70 ans après, le temps n'efface ni leurs souffrances, ni leur courage, et encore moins la reconnaissance de la Nation (..). Ces frères d'armes y ont consacré le meilleur d'euxmêmes : leur valeur, leur courage, leur jeunesse. Aujourd'hui nos couleurs nationales s'inclinent lentement vers la terre pour rendre l'hommage qu'ils méritent aux Londais ayant combattu en Indochine : Jean Cazoulat, Louis Colombain, Jean Thirault, Jacques Hervoche, Jean Albert, Marcel Kafi et Guy Gérard. Honneur aux combattants d'Indochine », a conclu François de Canson.
Photo Ville de La Londe-les-Maures.