26/07/2026

Paul Dana répond aux questions de La Gazette du Var.

LPPar Laurette PARAY (Texte et photo)Journaliste 3 octobre 2024 Lecture : 4 min
Paul Dana répond aux questions de La Gazette du Var.
Paul Dana répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Pourquoi ce récit autobiographique ?

Je me suis posé des questions sur le sens de la vie, de la rapidité de l’existence. J’ai voulu laisser une trace à ma fille et mes deux petites filles sur ce que fût ma vie, notre vie, car avec ma femme, nous avons vécu pratiquement un demi-siècle ensemble ce qui laisse des souvenirs et des empreintes. J’avais ce désir de transmission. Alors, j’ai commencé à écrire. J’ai mis environ un an et demi pour l’écrire. Comme je suis un peu perfectionniste, je cherchais le juste mot, la bonne formule, j’évitais les répétitions.

Paul Dana répond aux questions de La Gazette du Var.
Paul Dana répond aux questions de La Gazette du Var.

Avec le désir de laisser une trace ?J’ai eu une enfance et une adolescence très heureuses. Ma famille a joué un rôle essentiel. J’étais entouré de personnes optimistes, qui aimaient la vie. Dans la première partie du livre « L’enfance et l’adolescence à Tunis », je passe en revue tous mes oncles et tantes, mes cousins, mes grands-parents. Je décris l’ensemble de ma famille pour insister sur la transmission naturelle de l’ensemble des gènes. Au-delà de ça, j’ai goûté la bonne chair, les bons plats, la cuisine. Mes grands-mères, mes tantes et ma mère cuisinaient très bien, c’était toujours très festif. Je suis un épicurien, un amoureux de la vie.

Avec une adolescence joyeuse et studieuse ?

Effectivement, j’ai commencé mes études au lycée à Tunis, puis mes études secondaires dans la technique, dans la banlieue de Tunis. Dans mon livre, j’ai eu plaisir à raconter des anecdotes amusantes à propos de ces années.

Vous avez des anecdotes à partager ?

Avec plaisir ! Les terrains de sport n’étant pas encore construits, ce sont les élèves, qui pendant les cours d’éducation physique, charriaient des brouettes de terre pour bâtir les terrains. Tous les étés, ma famille et moi partions en vacances sur le littoral près de la mer, il fallait alors tout apporter, les matelas, les ustensiles de cuisine aidés par des déménageurs utilisant des charrettes tirées par des chevaux, comme au bon temps du Far-West, avant l’arrivée plus tard de camions qui faisaient moins rêver des enfants. J’ai passé des étés fantastiques avec amies et de Carthage. Nous jouions aussi dans un grand hôtel de Tunis. Ma grand-mère m’avait transmis bien avant, un magnifique piano sur lequel je jouais à l’oreille.

Votre arrivée en France...à 20 ans avec des objectifs en tête ?

Je suis arrivé en France, à Paris, en août 1964. Mes parents m’ont rejoint deux mois après. Il fallait que je trouve du travail. J’avais alors des objectifs précis : rebondir et construire, évoluer, m’épanouir. J’ai intégré, tout d’abord, une entreprise en tant que dessinateur industriel. Je n’y suis resté que 15 jours car la société rencontrait des problèmes de gestion. J’ai retrouvé rapidement un poste d’agent technique. Mais ce monde m’était hostile et inconnu, les gens ne correspondaient pour choisir le cursus « Organisation du travail et des entreprises ». J’ai rencontré des professeurs exceptionnels. Pendant une année, j’ai été l’assistant pour l’un d’entre eux. Je lisais les livres, les résumais et les présentais aux élèves.

Quelle riche expérience !

J’ai aussi eu comme professeur Michel Rocard. J’ai obtenu mon diplôme final en 1973. Je suis resté 20 ans chez Massey-Fergusson, occupé environ 10 postes différents et j’ai pu réaliser cinq études d’organisation, d’amélioration et de règlements de dysfonctionnement. Je suis devenu un expert dans l’étude de processus complexes et transversaux.

Vous avez eu une vie professionnelle très riche ?

En effet, au cours de ma carrière professionnelle, j’ai occupé divers postes dans rencontrer de merveilleuses personnes tant sur le plan personnel que professionnel.

Puis, un départ en pré-retraite difficile ?

Oui, je me retrouvais entre 4 murs. Pour pallier ce manque d’activité et de communication, ma décision fut de mettre sur papier tout ce que j’avais entrepris de « bien » dans ma carrière professionnelle pour le diffuser à titre d’information à des entreprises et à leurs employés. J’ai ainsi créé un recueil dans lequel je prodigue des conseils, des solutions sur la gestion ainsi que sur le management des hommes.

Enfin, une rencontre avec le Sud de la France ?

J’ai rencontré mon épouse, Hélène, à Paris, en 1966. Elle est venue s’installer, par la suite, à Toulon. Je venais lui rendre visite régulièrement. Ma fille, Chantal, est née en 1976. Après quelques péripéties et une résidence secondaire en Andalousie, nous avons posé nos valises, en 2005, à Hyères. En 2018, mon épouse, Hélène, tomba malade. Elle décède, hélas, quelque temps après, me laissant dans un total désarroi. Toujours avec cet élan de rebondir malgré les circonstances, je décidai de renouer avec la vie, en rencontrant des personnes merveilleuses notamment avec mon club de golf, le festival de jazz ainsi que d’autres événements culturels et ô combien enrichissants.

À la fin, avec l’écriture comme thérapie ?

Grâce à mon optimisme et mon désir de résilience qui ne m’a jamais quitté, je n’ai pas sombré. Effectivement, l’écriture de mon livre a été aussi une véritable thérapie. J’ai commencé l’ouvrage fin 2021 début 2022. Quel plaisir de revivre toutes ces années... de pouvoir laisser une véritable empreinte. J’ai remis le manuscrit l’été 2023 et le livre a été publié en mars 2024, me procurant ainsi la joie immense de voir un tel projet aboutir.

Paul Dana « Les soleils de ma vie » aux éditions « Les Presses du Midi » www.lespressesdumidi.com Nous adressons un remerciement particulier à Chantal (Le T’Zébré) qui a accueilli La Gazette du Var lors de cet entretien.

Propos recueillis par Laurette PARAY (Texte et photo).