26/07/2026

Jérôme Lauréri : « Nous espérons aller en phase finale des Championnats de France »

Jérôme Lauréri et quatre de ses co-équipiers ont participé aux Jeux Paralympiques Paris 2024.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 21 janvier 2025 Lecture : 6 min
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Créée en 1981, le club Hyères Handi Basket accède à la première division au début des années 1990, niveau qu'il n'a plus quitté depuis. Le club dispute le Championnat de France Élite Bastide Médical et le Championnat d'Europe. Un palmarès haut en couleurs ces dernières années puisqu'il a remporté plusieurs titres (Champion de France en 2016 et 2019 et vice-champion de France en 2018 à Hyères, Coupe de France en 2018 et 2019, Trophée des Champions en 2018 à Hyères).

Parmi l'équipe, Jérôme Lauréri, né à Toulon en 1986 et ayant grandi à Solliès-Ville. Cet athlète, passionné de sport et de moto, a été victime d'un accident de la route en 2006. Sa colonne vertébrale et la moelle épinière étant touchées, cela l'a rendu paraplégique.

Opéré à l'hôpital Sainte-Anne, il effectue sa rééducation à l'hôpital Renée Sabran à Giens. La Gazette du Var a rencontré Jérôme Lauréri.

**Comment avez-vous découvert cette discipline sportive ? ** Jérôme LAURÉRI.

C'est au cours de ma rééducation à l'hôpital Renée Sabran que je l'ai découverte. Plusieurs sports m'ont été présentés par l'animateur sportif, Thibault Barrois. Je pratiquais un sport collectif, le handball.

À ce moment-là, le sport collectif le plus développé en handisport était le basket fauteuil. J'ai pu, pendant ma rééducation, rencontrer l'ancien président du Hyères Handi Basket car nous étions hospitalisés au même moment. Sur ses précieux conseils, j'ai pu approcher le coach pour me présenter.

**Cette rencontre a transformé votre parcours ? ** JL.

Ma rééducation fut assez longue, j'ai subi deux opérations du dos. J'ai pu obtenir ma première licence dans le club à Hyères en septembre 2009 et m'entraîner réellement avec l'équipe. J'ai d'abord intégré les entraînements puis l'équipe pour jouer avec les grands joueurs que j'ai rencontrés directement.

À l'époque, il n'y avait que l'équipe Une, il a fallu s'entraîner dur pour pouvoir atteindre le niveau et pouvoir jouer avec eux. La première année, je participais seulement aux entraînements et à partir de la deuxième année, j'ai commencé à faire les déplacements avec l'équipe et avoir du temps de jeu. J'intègre donc l'équipe de 2009 à 2011.

**Vous avez quitté le club pour y revenir en 2015** JL.

Effectivement, j'ai rejoint pendant quatre ans, de 2011 à 2015, une équipe au Cannet, à côté de Cannes, avec un co-équipier, Jérôme Duran. Cette expérience m'a permis de goûter à autre chose. Mais les déplacements, trois fois par semaine, pour l'entraînement et les matchs le week-end étaient éprouvants. Alors je suis revenu en 2015.

**Depuis, quel est votre rythme d'entraînement ? ** JL.

Je travaille chez Décathlon à temps partiel donc je m'entraîne trois fois par semaine, les mardi, mercredi et jeudi, et le vendredi quand nous ne sommes pas en déplacement, ainsi que le match du week-end mais les joueurs qui ne travaillent pas s'entraînent tous les jours. **Quelle a été votre progression jusqu'aux Jeux Paralympiques ? ** JL.

Je me suis entraîné pour pouvoir accéder à l'équipe de France. Ma première sélection en équipe de France était en 2012. J'y suis resté jusqu'à fin 2015. J'ai fait une pause au sein de l'équipe de France pour raison familiale. J'ai refusé les sélections, j'ai toujours été appelé par les différents sélectionneurs.

En 2019, voyant l'échéance de Paris 2024 se profiler, j'ai commencé à réfléchir à la possibilité de réintégrer le groupe et le sélectionneur m'a contacté. J'ai participé aux Championnats du monde en 2023 à Dubaï et aux Jeux Paralympiques à Paris en 2024.

**Comment s'est déroulée la sélection ? ** JL.

Le sélectionneur doit choisir 12 joueurs, en fonction du profil dont il a besoin et des compétences de chacun. Lors des stages, nous sommes au maximum 18. Il existe une particularité en handisport.

Cette classification, en fonction du handicap, se fait par rapport aux capacités physiques qui restent aux joueurs. Certains joueurs ont la possibilité de marcher en dehors du temps de jeu, de se déplacer debout. Donc en fonction du handicap, une cotation est déterminée.

Les cinq joueurs présents sur le terrain ne doivent pas dépasser 14 points en compétition internationale avec l'équipe de France, ce qui permet d'équilibrer les équipes.

**Quelle est votre cotation ? ** JL.

J'ai la cotation la plus basse sachant qu'elle va de 1 point à 4,5 points. 1 point est le handicap le plus lourd et 4,5 points le handicap minimum. Des combinaisons sont donc à réaliser en fonction des profils de joueurs et des handicaps pour pouvoir avoir le plus de capacités physiques présentes sur le terrain sans dépasser 14 points.

La combinaison des joueurs doit être homogène sur le terrain pour pouvoir construire un collectif cohérent par rapport aux équipes adverses.

**Qui sont les joueurs qui ont participé aux Jeux Paralympiques ? ** JL.

Sur les 12 joueurs sélectionnés en équipe de France, nous sommes cinq à avoir participé aux Jeux. La moyenne d'âge était de 28 et 29 ans. Les joueurs qui ont participé sont Jérôme Duran, Louis Hardouin, Nicolas Jouanserre, Mamady Traoré et moi-même.

Nous arrivons dans ce sport plus tardivement que dans les sports valides.

**Quel bilan faites-vous de votre participation aux JO ? ** JL.

Je suis très heureux d'avoir pu participer aux Jeux. À 38 ans, c'est l'aboutissement de ma carrière et des 15 ans passés sur les terrains de basket. Quand j'étais en centre de rééducation, mon moteur et mon objectif étaient de participer aux Jeux.

J'ai pu atteindre ce but et, en plus à domicile, ce qui donne une dimension supérieure car tout le public était acquis à notre cause, tout le peuple français. Cette énergie et cette ferveur étaient impressionnantes. Le public cherchait à croiser notre regard, à nous faire signe.

Nous n'avons gagné aucun match. Pour les deux premiers matchs, nous avons été emportés par l'événement, par l'ampleur de ce soutien.

**Une expérience humaine incroyable ? ** JL.

Au quotidien, pendant les Jeux, nous n'avions à penser qu'à notre objectif sportif. Humainement c'était incroyable. L'organisation, le personnel, le public, tout était parfait.

Nous n'avons pas été à notre niveau. Nous avons été confrontés à des équipes très fortes. Nous sommes un peu déçus du bilan sportif mais, humainement, c'était fou.

Il m'est difficile de mettre des mots sur ce que je ressens.

**Votre retour après les Jeux Paralympiques** JL.

Quand nous étions à Paris, nous pouvions palper cette ferveur du public. De retour dans le Var, nous avons pu nous rendre compte que les gens nous ont suivis, qu'ils se sont intéressés à notre discipline et qu'ils ont découvert notre sport. Depuis cette année, nous avons réintégré notre gymnase Les Rougières.

Nous avons pu revenir sur notre parquet, le public a assisté à nos matchs, la tribune était pleine.

**Quels sont les objectifs pour cette année ? ** JL.

Nous espérons aller en phase finale des Championnats de France. Nous participons à la Coupe de France en janvier ainsi qu'à la Coupe d'Europe, au 2ème niveau de Coupe d'Europe et sur le premier tour, nous nous rendons en Autriche, dans le club à côté de Vienne.