« La Coordination Rurale a perdu une bataille mais reste combattante » !
Après le résultat des élections à la Chambre d'Agriculture, pour la Coordination Rurale du Var, c'est un lendemain de défaite au goût amer. Le billet d'humeur…

Au lendemain de cette élection perdue, la Coordination Rurale du Var se réveille avec un peu d'amertume car, certes, on n'a pas gagné, mais nous avons une grande fierté, car nous avons initié une véritable révolution idéologique dans le paysage agricole varois !
Avec 26% des voix, nous devenons le second syndicat dans le Var, et même le premier si on considère que les vainqueurs font 50% à deux syndicats. Nous, nous sommes seuls. Dans la configuration de 2019, avec une division entre FDSEA et JA, nous aurions pu être premier.

Nous pensions pouvoir renverser la table mais nous ne l'avons pas fait. Nous en prenons acte.
4 RÉELS OPPOSANTS La liste FDSEA - JA, emmenée par Sylvain Audemard, président sortant de la Chambre d'Agriculture, président de la SAFER du Var, ex-président de la FDSEA du Var, mais toujours actif dans l'ombre, a gagné ces élections avec une confortable avance ce qui lui confère une majorité absolue. Malgré notre résultat, nous aurons seulement 2 sièges, tout comme la Confédération Paysanne, sur les 18 alloués au collège des exploitants. Ce qui fera seulement 4 réels opposants sur 34 élus, tous collèges confondus.
Les faits sont là. Le système est verrouillé.
Ces deux élus nous donneront tout de même, comme lors de la dernière mandature, le droit (et le devoir) de siéger dans la quasi-totalité des instances départementales. En effet, ces deux places à la Chambre d'Agriculture ouvrent, a minima, l'accès à une place en Commission départementale d'orientation agricole (CDOA), une place en Commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPNAF), une place au comité technique de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) et à bien d'autres comités (dégâts de gibiers, commission PAC, postes assesseurs aux tribunaux paritaires des baux ruraux, etc.) C'est bien.
Mais, c'est une sous représentativité par rapport à la FDSEA et aux JA qui ont plus du double, voire le triple de représentants dans les mêmes instances, sans compter les représentativités de leurs syndicats satellites (coopération agricole, etc.) Dans les faits, la représentativité du syndicalisme majoritaire est plus importante que son poids électoral.
Le travail que nous avons fait, avec peu de moyens, ces six dernières années dans ces instances, et les résultats obtenus, nous ne les avons pas assez médiatisés. HUMILITÉ ET DISCRÉTION Satisfaits d'avoir œuvré dans l'intérêt général, d'avoir défendu tous les agriculteurs équitablement, d'avoir accompli notre devoir syndical honnêtement, nous n'avons pas jugé nécessaire de le crier haut et fort. En fait, la Coordination Rurale du Var a été victime de son humilité, de sa discrétion, même si son président est reconnu pour son franc parler et son verbe haut.
Sans rien casser, sans faire descendre des dizaines de tracteurs dans la rue, on a agi et on a avancé. Nous allons en tirer les conséquences.
Dès à présent, la Coordination Rurale du Var va se faire entendre et on ne s'interdira rien. De nouvelles personnes ont décidé de s'investir et vous entendrez vite parler d'elles.
On n'oubliera pas la viticulture. Ce secteur majoritaire dans le département, tant au point de vue des surfaces qu'au point de vue économique dans le paysage agricole, n'a pas beaucoup voté pour nous, on le sait.
Verrouillé par le syndicat majoritaire, ce secteur commence à toucher du doigt la crise que traverse le monde viticole en général. Certaines appellations ou secteurs (Les Coteaux Varois notamment) sont plus touchés. Mais la crise majeure est devant nous pour tout le monde.
Certains responsables des Organismes de Défense et de Gestion (ODG) n'ont pas pris les bonnes décisions en temps voulu et, surtout, ont pris de mauvaises décisions. La limitation des rendements à 50 hectolitres par hectare avec obligation de faire des Volumes Complémentaires Individuels (VCI) en Côtes de Provence, une fois les vendanges commencées en 2023, en est le parfait exemple.
VITICULTEURS TRAHIS Nous avons été le seul syndicat à dénoncer cette ineptie ! Nous avons interpellé le ministre de l'Agriculture et nous avons porté une requête auprès du président de l'INAO. Sous la pression de certains acteurs influents du département, nos actions ont été mises à la poubelle. Pourtant, nous avions raison car cette décision est illégale.
Les viticulteurs en Côtes de Provence ont été trahis par leurs représentants mais ils n'en sont pas conscients. Quand la réalité éclatera, la douche sera très froide et beaucoup vont s'enrhumer.
La Coordination Rurale du Var a perdu une bataille mais elle reviendra vite au combat en changeant de tactique et de stratégie.
À très bientôt pour poursuivre l'aventure.
Christian RASTELLO, secrétaire général de la Coordination Rurale du Var. Photo Philippe OLIVIER.