« Se souvenir pour construire la paix »
Le 8 mai, François de Canson a rendu hommage à ceux qui ont libéré la France et rappelé l’importance d’une mémoire active face aux menaces d’aujourd’hui. Un…

Le 8 mai 1945, à 15 heures, la voix du général de Gaulle résonnait à la radio. Il annonçait la fin des combats en Europe, marquant la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie. Une guerre mondiale s'achevait, après avoir coûté la vie à plus de 50 millions de personnes.
80 ans plus tard, ces mots de reconnaissance et de fierté continuent de vibrer : « Pas un effort de ses soldats, de ses marins, de ses aviateurs, pas un acte de courage ou d'abnégation, pas un sacrifice, pas une larme n'auront donc été perdus ». François de Canson a ravivé cette mémoire, rendant hommage aux résistants, combattants, déportés, et à toutes les victimes de cette tragédie mondiale. « Honneur pour toujours à nos armées et à leurs chefs !
Honneur à notre peuple, que des épreuves terribles n'ont pu réduire ni fléchir ! », déclarait aussi le général de Gaulle.
L'invasion de la Pologne en septembre 1939 déclenche une guerre fulgurante. L'armée allemande balaye le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique... et finit par faire vaciller la France en juin 1940. Sous le choc, le pays entre dans l'ère sombre de l'occupation.
Mais dans l'ombre de la défaite, des voix s'élèvent. Un homme, encore inconnu, refuse l'abandon. Le général de Gaulle rejoint Londres et, dès le 18 juin 1940, appelle les Français à la résistance depuis les ondes de la BBC.
Partout dans le pays, des femmes et des hommes, croyants ou non, ouvriers, ingénieurs, instituteurs ou paysans, entrent dans la clandestinité. Sous l'impulsion de Jean Moulin, la Résistance s'organise. La République ne s'est pas tue.
GUERRE MONDIALE, RIPOSTE UNIVERSELLE Le conflit s'internationalise puisqu'en juin 1941, Hitler se retourne contre l'URSS puis en décembre, le Japon attaque Pearl Harbor. C'est l'embrasement planétaire. Face aux puissances de l'Axe, une coalition se lève : l'URSS, les États-Unis, le Royaume-Uni, et la France libre – bien présente sur tous les fronts grâce à l'engagement des Français d'outre-mer et de métropole.
C'est cette détermination qui permet à la France de signer, le 8 mai 1945 à Berlin, l'acte de reddition du 3ème Reich, aux côtés des grandes puissances alliées.

Mais la paix a été chèrement acquise. Et, la victoire n'efface pas les douleurs. François de Canson a rappelé, avec émotion, le prix humain du conflit : les vingt millions de soldats morts, les populations civiles décimées, les déportés, les internés, les familles brisées.
« Nous pensons à ceux qui ne sont jamais revenus... à ceux qui ont souffert plus qu'aucune guerre ne les avait fait souffrir », a ajouté le premier magistrat. La paix, bien qu'acquise, laissait derrière elle une Europe en ruines et une humanité meurtrie, traumatisée.
L'Europe était aussi une promesse de réconciliation. De ce chaos est née pourtant une espérance. Churchill, dans son célèbre discours de Zurich en 1946, appelle à bâtir une « famille européenne ».
Des hommes visionnaires – Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi – ont répondu à cet appel, jetant les bases de ce qui va devenir l'Union européenne.
« Nous ne pouvons pas continuer de porter dans les années à venir la haine, et le désir de vengeance tels qu'ils sont nés des injustices passées. [... ] Le premier pas vers la création de la famille européenne doit consister à faire de la France et de l'Allemagne des partenaires.
On ne peut pas s'imaginer une renaissance de l'Europe sans une France intellectuellement grande et une Allemagne intellectuellement grande », déclarait Churchill.
La mémoire est aussi un rempart contre l'oubli. François de Canson a insisté : « Certes, le monde a changé. Certes, un nouvel Auschwitz semble impensable. Et pourtant... ».
Les discours de haine ressurgissent, les tentations de division aussi. C'est pourquoi le devoir de mémoire n'est pas une simple commémoration : c'est un engagement. Celui de transmettre, d'alerter, de défendre les valeurs démocratiques. « La liberté n'existe que là où l'intelligence et le courage mordent sur la fatalité », affirme-t-il avec force.
Le message est clair : « Soyons dignes de ceux que nous honorons. Restons vigilants, actifs, courageux. Refusons la résignation et l'indifférence. Opposons la conviction à la violence, la solidarité à la vengeance », a conclu François de Canson.
Un appel vibrant à la conscience de chacun, pour que jamais la barbarie et la haine ne l'emporte sur l'humanité.


Photos Isabelle BENOIT.