Les deux mondes de Aloïse et de Baya
Dans le cadre de son exposition « Dubuffet et les magiciens - Expressions singulières 1945-2000 », le musée du Niel présente 5 œuvres qui font surgir toutes…

Car les deux artistes exposées façonnent leur propre monde, sous la forme d'une cosmogonie personnelle !
Ce sont les deux mondes de Aloïse et de Baya. Pourtant, rien ne les rapproche dans leur parcours de vie.
L'une vit en Suisse, l'autre en Algérie. L'une est issue d'une famille d'employés, traditionnelle, l'autre d'un milieu si modeste qu'il ne lui donne pas accès à l'instruction. L'une, qu'une forme d'acharnement du destin, a voulu toujours contraindre, l'autre qu'une chance, une rencontre, des rencontres imprévisibles, ont permis d'émanciper.
Les regards dessinés ou peints révèlent comment l'une en livrant un décor de théâtre refuse de se livrer au monde extérieur et se cache derrière le masque bleu de ses personnages ; comment l'autre trace sans fin des yeux de profil, stylisés et cernés de khôl, que prolongent sur un même plan et les robes de ses personnages, et les lignes ondoyantes d'une nature stylisée.
ARTISTES SINGULIÈRES En découvrant simultanément l'œuvre de ces deux artistes singulières, le lien se tisse hors du temps. Leur personnalité, leur esprit, semblent avoir été forgés par la collusion d'un double traumatisme, personnel et historique. Aloïse est obligée avec l'annonce de la guerre entre la Prusse et la France de renoncer à son travail de gouvernante à la Cour de Guillaume II.
Elle doit laisser derrière elle ses rêves de paix. Sa schizophrénie s'aggrave et on décide de l'interner à La Rosière en 1918. Elle tourne alors le dos au monde d'autrefois, coupée soudainement de tous liens familiaux et sociaux.
Elle vit son internement forcé comme une mort. De son côté, Baya est confrontée à la misère de son Algérie natale et à la perte de ses parents encore enfant.
Devenue femme, elle sera confrontée à la guerre d'indépendance, longue et d'une rare violence. De la boue, des décombres de leur vie et du monde, elles s'évadent l'une et l'autre et règnent sur leur monde pictural juste au moyen de crayons, de craies ou de gouache.
En 949, les deux artistes font partie de la collection de l'Art Brut du centre d'art de Lausanne, à la galerie Drouin avec plus de deux-cents travaux de soixante-trois auteurs. Parmi eux déjà Aloïse Corbaz, dont Dubuffet disait : « Je crois que la vaste tapisserie à mille volets d'Aloïse peut être considérée comme la seule manifestation vraiment resplendissante, dans la peinture, de la pulsation proprement féminine ».
Quant à Baya, si sa première rencontre avec Jean Dubuffet date de 1947 à Alger, elle sera consacrée trente ans plus tard avec une donation importante de ses œuvres à la collection Dubuffet : « Les œuvres, dit-il, sont extrêmement attachantes et pour moi très stimulantes.

En découvrant simultanément l’œuvre de ces deux artistes singulières, le lien se tisse hors du temps. Leur personnalité, leur esprit, semblent avoir été forgés par la collusion d’un double traumatisme, personnel et historique. Aloïse est obligée avec l’annonce de la guerre entre la Prusse et la France de renoncer à son travail de gouvernante à la Cour de Guillaume II. Elle doit laisser derrière elle ses rêves de paix. Sa schizophrénie s’aggrave et on décide de l’interner à La Rosière en 1918. Elle tourne alors le dos au monde d’autrefois, coupée soudainement de tous liens familiaux et sociaux. Elle vit son internement forcé comme une mort. De son côté, Baya est confrontée à la misère de son Algérie natale et à la perte de ses parents encore enfant. Devenue femme, elle sera confrontée à la guerre d’indépendance, longue et d’une rare violence. De la boue, des décombres de leur vie et du monde, elles s’évadent l’une et l’autre et règnent sur leur monde pictural juste au moyen de crayons, de craies ou de gouache. En 949, les deux artistes font partie de la collection de l’Art Brut du centre d’art de Lausanne, à la galerie Drouin avec plus de deuxcents travaux de soixante-trois auteurs. Parmi eux déjà Aloïse Corbaz, dont Dubuffet disait : « Je crois que la vaste tapisserie à mille volets d’Aloïse peut être considérée comme la seule manifestation vraiment resplendissante, dans la peinture, de la pulsation proprement féminine ». Quant à Baya, si sa première rencontre avec Jean Dubuffet date de 1947 à Alger, elle sera consacrée trente ans plus tard avec une donation importante de ses œuvres à la collection Dubuffet : « Les oeuvres, dit-il, sont extrêmement attachantes et pour moi très stimulantes. Maintenant je vais les envoyer à Lausanne pour qu’elles prennent place dans la collection de l’Art Brut. Je suis très heureux qu’elles y figurent ».
Maintenant je vais les envoyer à Lausanne pour qu'elles prennent place dans la collection de l'Art Brut. Je suis très heureux qu'elles y figurent ».