Francis Veber par Francis Veber
Lors de l’inauguration de la salle qui porte, désormais, son nom à l’Espace des Arts, Francis Veber s’est confié à La Gazette du Var.

L'homme se classe dans la catégorie des auteurs-réalisateurs, le nec plus ultra de la profession, une espèce en voie de quasi-disparition. Mais, avec un côté attachant très développé ! Comme le dit Hervé Stassinons, « Francis Veber est un homme très sympa-thique.
Avec moi, il me parle de son épouse, de ses enfants. Ses films, on les connaît tous. On les a tous vus !
C'est une grande figure du cinéma français, c'est aussi une grande vedette internationale. On est tous passionnés par votre travail, par vos films. On vous aime très fort».



RENCONTRE AVEC FRANCIS VEBER, UN MONSTRE DU CINÉMA FRANÇAIS. Quels sont vos secrets de fabrication ? FV. Il faut apprendre à contrer les acteurs. C'est tellement plus facile quand c'est le réalisateur qui décide de tout !



Comment définir votre métier ? FV. Un auteur-réalisateur, c'est un animal à part. Dans ce métier, vous construisez la voiture puis vous la pilotez. C'est la grande différence avec un réalisateur, car, la plupart du temps, le réali-sateur ne sait pas écrire une ligne ! Et selon vous, la profession n'en manque pas ! FV. Tout à fait !

Pour en revenir à l'écriture d'un film, est-il parfois facile d'écrire un film. FV. Par exemple, le Grand Blond, ce fut un film facile à écrire tandis que Coup de Tête, fut beaucoup plus difficile ! Pour les Compères, j'étais bloqué à un moment du scénario. C'est mon épouse qui m'a trouvé la solution !


Comment expliquer une telle réussite ? C'est l'improvisation qui commande le scénario ? FV. Non pas du tout ! Dans mes films, tout est écrit, à la virgule près. Si on laisse improviser les acteurs, c'est comme le lancement d'un missile : au départ, on est un millimètre de la cible et à la fin on est à 400 km !


Comment analysez-vous le cinéma d'au-jourd'hui ? FV. Le cinéma a beaucoup changé. Les studios américains ne produisent que des comédies pour les adolescents. Ces films ne sont pas pour les gens de mon âge. De plus, les comé-dies sont devenues très vulgaires.

Alors que regardez-vous ? FV. Je choisis mes films sur NETFLIX ou je re-voie des anciens films, mais jamais les miens !

Comment expliquez-vous le succès de vos films ? FV. Il faut avouer que le postulat de mes films est très souvent tordu ! Quand j'ai eu l'idée du Jouet, on m'a dit : « Cela ne marchera jamais ! Arrêtez tout de suite !









» Avez-vous un projet de film ? FV. Oui, mais ce qu'il me manque c'est l'argent.
J'ai pensé à le faire financer par NETFLIX. J'en ai parlé à mon agent. Les autres producteurs sont devenus trop frileux.
Il faut dire que les gens ont maintenant le cinéma chez eux avec le Home-Cinéma. Ils n'ont plus besoin d'aller au cinéma. Mais le drame du 7ème art, c'est le manque de scénaristes.
Comment se passe votre vie à Los Angeles ? FV. J'y vis depuis 25 ans, à la suite de mon recrutement par le patron de Disney en tant que consultant sur scénarios.
Un jour, il me propose de venir travailler à Los Angeles pour les stu-dios Disney. Pour faire quoi je lui demande ? Je ne sais pas, on va trouver quelque chose.
Et, depuis, je lis des scénarios. Ce qui est re-marquable, c'est qu'ils sont ouverts aux talents étrangers.
«Francis Veber est un homme très sympa- thique. Avec moi, il me parle de son épouse, de ses enfants. Ses films, on les connaît tous. On les a tous vus ! C’est une grande figue du cinéma français, c’est aussi une grande vedette internationale. On est tous passionnés par votre travail, par vos films. On vous aime très fort». Propos recueillis par Gilles Carvoyeur