«Bormes a bien géré cette nouvelle catastrophe naturelle»
Après les inondations de 2014 et 2015, puis le terrible incendie de fin juillet, François Arizzi, le maire de Bormes-les-Mimosas, n’a pas été épargné par les…

Après les inondations de 2014 et 2015, puis le terrible incendie de fin juillet, François Arizzi, le maire de Bormes-les-Mimosas, n'a pas été épargné par les événements depuis qu'il est à la tête de la commune. Son sang-froid et son professionnalisme lui ont permis de réagir, avec beaucoup de sérénité, à cette nouvelle crise.
Au terme de cette troisième crise d'importance, François Arizzi en tire une expérience qui viendra s'ajouter à l'expérience déjà acquise lors des précédents événements.
«J'ai apprécié la solidarité naturelle des habitants envers les touristes. Des améliorations sont toujours possibles et, lors de nos débriefings, nous avons tenu compte des remarques qui nous ont été faites. Ceci dit, il y a souvent un décalage entre le ressenti des gens, qui ont une vision partielle de la situation, et la situation globale que j'ai vécu à la direction de la cellule de crise».
Ainsi, tenant compte de cet épisode qui a touché la commune fin juillet, sa première décision a été de geler le PLU.
REVISION IMMEDIATE DU PLU
Le premier magistrat explique cette prise de position : «J'ai décidé de retravailler, avec les services de l'État et la préfecture, le dossier du PLU, avant de le présenter en conseil municipal. Cela va nous permettre de voir ce qu'il n'est plus possible de faire et d'axer le document du PLU sur les zones agricoles. Dans mon esprit, il s'agit de voir comment étendre les zones agricoles, en plantant de la vigne et de l'olivier, pour protéger les biens et les personnes.
C'est un dossier que nous mènerons, au cas par cas, et les modifications ne se feront qu'à la marge. Il s'agit de conduire ce dossier dans l'intérêt général tout en demandant aux viticulteurs de nous faire leurs propositions».
Pour l'élu local, «Il s'agit d'éviter la propagation du feu en évitant qu'il n'atteigne les zones urbanisées». Afin de finaliser ce nouveau PLU, le maire se donne de 8 à 10 mois de travail complémentaire pour intégrer ces nouveaux éléments. Le maire se félicite : «J'ai le sentiment que les services de l'État sont prêts à jouer le jeu, à condition, bien sûr, d'avoir des arguments à leur présenter».
OBLIGATION DE DEBROUSSAILLEMENT
Reconsidérer le PLU est l'une des premières mesures qui entrera en vigueur. Mais, ce n'est pas la seule leçon que le maire de Bormes-les-Mimosas souhaite tirer. Il évoque également le cas du débroussaillement dans la zone des 100 mètres autour des habitations.
«Beaucoup d'habitants ne savent pas quelles sont leurs obligations en matière de débroussaillement. A Bormes, nous le faisons dans le cadre du PRIF (plan de prévention des risques incendies de forêts). Même si le terrain est non constructible ou qu'il ne leur appartient pas, les riverains doivent prendre en charge le débroussaillement dans un périmètre de 100 mètres autour de leur propriété».
Le maire avance une solution : «créer une déduction fiscale pour inciter les propriétaires à débroussailler. La ville passe son temps à contrôler la réalité du travail effectué, en rappelant constamment les règles. Mais, souvent, ce sont ceux qui doivent le réaliser qui n'ont pas les moyens financiers de le faire. Il faut donc trouver un moyen d'alléger cette charge financière».
FONDS DE PEREQUATION A REVOIR
Autre point que François Arizzi souhaite aborder avec les plus hautes autorités de l'État : la question du fond de péréquation pour lequel les communes dites «riches» versent de l'argent à un fond censé les redistribuer à des communes dites «pauvres». «En 2017, la commune a versé 250 000 € contre 80 000 € en 2014, année des inondations. Multiplier notre cotisation par plus de 3 alors que notre commune est frappée par les catastrophes naturelles n'est pas le meilleur moyen de nous aider. J'ai écrit au 1er Ministre et au Ministre de l'Intérieur pour que l'État revoit les règles de ce fonds. Mais, franchement, je ne crois pas que cette procédure puisse aboutir rapidement car c'est, avant tout, une question législative. Il faut revoir la loi».
La population locale s'interroge également sur la mise en œuvre des secours au moment du début de l'incendie qui a démarré sur une parcelle, située à Londe-les-Maures. Puis, il s'est propagé à la commune de Bormes-les-Mimosas.
Pour François Arizzi, «plutôt de polémiquer sur la mise en œuvre des moyens de secours, la bonne question est de savoir comment le feu a démarré» ?
Car, à ses yeux, la gestion de la crise a été parfaitement maîtrisée par les différents commandants des sapeurs-pompiers.
Il note, également, le bon fonctionnement des services municipaux : «J'ai pu, tout au long de cette crise, m'appuyer sur des équipes solides notamment celles qui ont travaillé en lien avec le Plan Communal de Sauvegarde, employés ou élus municipaux. J'ai noté également le profond engagement des équipes installées dans les différents centres d'accueil des sinistrés qu'il s'agisse des employés communaux ou des élus de mon équipe. Partout, j'ai noté une solidarité enrichissante».
CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTALES
Ce qui est le plus important à ses yeux, en tant que premier magistrat de la commune, ce sont les conséquences économiques immédiates ou environnementales qui vont toucher la ville.
« Par chance, nous avons connu une fin de saison touristique de bonne tenue, même si le mois de juillet a été plus calme que les années précédentes. Le déclenchement de l'incendie n'a pas eu de conséquences importantes sur l'activité touristique de la ville. Maintenant, il faut penser à la reconstruction économique et environnementale, notamment en aidant l'entreprise qui a été dévastée par l'incendie, à la suite de l'explosion des bonbonnes de gaz ainsi que les viticulteurs qui ont été directement impactés.
Le propriétaire du caravaning se bat déjà avec les assurances pour obtenir ses indemnisations !
Il faut penser également aux conséquences sur l'environnement. La ville va piloter une mission d'évaluation des dégâts en liaison avec le Conseil Régional, le Conseil Départemental, l'Intercommunalité Méditerranée Porte des Maures, le Parc National de Port-Cros, l'ONF, le syndicat mixte des Maures et les associations de génie écologique».
Mais le maire prévient : «Si d'ici la fin de l'année, l'État n'autorise aucun travaux, après il sera trop tard» !
Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR


Le premier magistrat explique cette prise de position : «J’ai décidé de retravailler, avec les services de l’État et la préfecture, le dossier du PLU, avant de le présenter en conseil municipal. Cela va nous permettre de voir ce qu’il n’est plus possible de faire et d’axer le document du PLU sur les zones agricoles. Dans mon esprit, il s’agit de voir comment étendre les zones agricoles, en plantant de la vigne et de l’olivier, pour protéger les biens et les personnes. C’est un dossier que nous mènerons, au cas par cas, et les modifications ne se feront qu’à la marge. Il s’agit de conduire ce dossier dans l’intérêt général tout en demandant aux viticulteurs de nous faire leurs propositions». Pour l’élu local, «Il s’agit d’éviter la propagation du feu en évitant qu’il n’atteigne les zones urbanisées». Afin de finaliser ce nouveau PLU, le maire se donne de 8 à 10 mois de travail complémentaire pour intégrer ces nouveaux éléments. Le maire se félicite : «J’ai le sentiment que les services de l’État sont prêts à jouer le jeu, à condition, bien sûr, d’avoir des arguments à leur présenter». Le maire avance une solution : «créer une déduction fiscale pour inciter les propriétaires à débroussailler. La ville passe son temps à contrôler la réalité du travail effectué, en rappelant constamment les règles. Mais, souvent, ce sont ceux qui doivent le réaliser qui n’ont pas les moyens financiers de le faire. Il faut donc trouver un moyen d’alléger cette charge financière». Reconsidérer l'obligation de débroussaillement est l’une des premières mesures qui entrera en vigueur.

«J’ai apprécié la solidarité naturelle des habi- tants envers les touristes. Des améliorations sont toujours possibles et, lors de nos débrie- fings, nous avons tenu compte des remarques qui nous ont été faites. Ceci dit, il y a souvent un décalage entre le ressenti des gens, qui ont une vision partielle de la situation, et la situation globale que j’ai vécu à la direction de la cellule de crise». position : «J’ai décidé de retravailler, avec les services de l’État et la préfecture, le dossier du PLU, avant de le présenter en conseil municipal. Cela va nous permettre de voir ce qu’il n’est plus possible de faire et d’axer le document du PLU sur les zones agricoles. Dans mon esprit, il s’agit de voir comment étendre les zones agri- coles, en plantant de la vigne et de l’olivier, pour protéger les biens et les personnes. C’est un dossier que nous mènerons, au cas par cas, et les modifications ne se feront qu’à la marge. Il s’agit de conduire ce dossier dans l’in- térêt général tout en demandant aux viticulteurs de nous faire leurs propositions». Pour l’élu local, «Il s’agit d’éviter la propagation du feu en évitant qu’il n’atteigne les zones ur- que les services de l’État sont prêts à jouer le jeu, à condition, bien sûr, d’avoir des arguments à leur présenter». «Beaucoup d’habitants ne savent pas quelles sont leurs obligations en matière de débroussaille- ment. A Bormes, nous le tion des risques incendies de forêts). Même si le terrain est non constructible ou qu’il ne leur appartient pas, les riverains doivent prendre en charge le débroussaillement dans un périmètre de 100 mètres autour de leur propriété». duction fiscale pour inciter les propriétaires à débroussailler. La ville passe son temps à contrôler la réalité du travail effectué, en rap- pelant constamment les règles. Mais, souvent, ce sont ceux qui doivent le réaliser qui n’ont pas les moyens financiers de le faire. Il faut donc trouver un moyen d’alléger cette charge financière». dites «pauvres». «En 2017, la commune a versé 250 000 € contre 80 000 € en 2014, année des inondations. Multiplier notre cotisation par plus de 3 alors que notre commune est frappée par les catastrophes naturelles n’est pas le meilleur moyen de nous aider. J’ai écrit au 1er Ministre et au Ministre de l’Intérieur pour que l’État re- voit les règles de ce fonds. Mais, franchement, je ne crois pas que cette procédure puisse aboutir rapidement car c’est, avant tout, une question législative. Il faut revoir la loi». Pour François Arizzi, «plutôt de polémiquer sur la mise en œuvre des moyens de secours, la bonne question est de savoir comment le feu a démarré» ? services municipaux : «J’ai pu, tout au long de cette crise, m’appuyer sur des équipes solides notamment celles qui ont travaillé en lien avec le Plan Communal de Sauvegarde, employés ou élus municipaux. J’ai noté également le profond engagement des équipes installées dans les différents centres d’accueil des sinistrés qu’il s’agisse des employés communaux ou des élus de mon équipe. Partout, j’ai noté une solidarité enrichissante». « Par chance, nous avons connu une fin de saison touristique de bonne tenue, même si le mois de juillet a été plus calme que les années précédentes. Le déclenchement de l’incendie n’a pas eu de conséquences importantes sur l’activité touristique de la ville. Maintenant, il faut penser à la reconstruction économique et environnementale, notamment en aidant l’en- treprise qui a été dévastée par l’incendie, à la suite de l’explosion des bonbonnes de gaz ainsi que les viticulteurs qui ont été directement im- pactés. Le propriétaire du caravaning se bat déjà avec les assurances pour obtenir ses indemnisa- tions ! Il faut penser également aux conséquences sur l’environnement. La ville va piloter une mis- sion d’évaluation des dégâts en liaison avec le Conseil Régional, le Conseil Départemental, l’Intercommunalité Méditerranée Porte des Maures, le Parc National de Port-Cros, l’ONF, le syndicat mixte des Maures et les associations de génie écologique». née, l’État n’autorise aucun travaux, après il sera trop tard» ! • Propos recueillis par Gilles Carvoyeur