26/07/2026

Valérie Rialland : «Un budget constant, malgré la baisse des dotations»

Depuis 40 ans et les lois de décentralisation, les compétences en matière d’enseignement public sont réparties selon les 4 niveaux d’apprentissage : l’État…

GCPar Gilles CARVOYEURJournaliste 20 septembre 2017 Lecture : 4 min
Valérie Rialland : «Un budget constant, malgré la baisse des dotations»
Valérie Rialland : «Un budget constant, malgré la baisse des dotations»© La Gazette du Var
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Àl’occasion de la visite de rentrée au collège Cousteau à La Garde, Valérie Rialland, Présidente de la commission collège et Éducation au Conseil Départemental, a répondu à nos questions.

Comment s’opère la répartition des compétences ?

Valérie Rialland : «Un budget constant, malgré la baisse des dotations»

Le Département a aujourd’hui en charge la construction, l’aménagement, l’entretien, la fourniture des équipements, qu’il soit mobilier ou informatique, l’installation et l’entretien des infrastructures sportives, la restauration.

Pouvez-vous nous détailler cette compétence ?

Voici quelques chiffres qui illustrent cette compétence : 48000 collégiens, 71 collèges (Carcès y compris), une moyenne de 600 élèves par collège, 29 gymnases construits depuis 2000 dont 3 en cours (La Londe-les-Maures qui est construction, Les Arcs-sur-Argens et Barjols pour un commencement avant 2021). Tout cela demande beaucoup d’argent, beaucoup de temps et beaucoup d’investissement humain. Un collège, c’est entre 20 et 25 millions pour sa construction, le coût d’un gymnase se situe entre 3 et 5 millions et le Département emploie 850 agents affectés à l’entretien et la cuisine. Sans oublier qu’il verse, chaque année, près de 6 millions.

Que représente cette somme ?

Tout d’abord, cette somme, consacrée aux collèges, n’a pas été baissée depuis 2015, c’est à dire depuis l’arrivée de la nouvelle majorité malgré le contexte budgétaire très contraint. Elle demande un suivi quotidien en termes de sécurité, d’entretien des bâtiments, de dotations pédagogiques... une vraie proximité du département avec nos jeunes... Nos élus sont présents dans tous les établissements puisqu’ils siègent dans les conseils d’administration des collèges avec les représentants de l’éducation nationale et des familles pour suivre de près les besoins affectés à la réussite de nos élèves. Si jusqu’à la dernière rentrée scolaire, le CD avait aussi en charge l’ensemble du transport scolaire, depuis la rentrée prochaine, c’est la Région qui a pris en charge cette compétence.

Le Département a-t-il gardé une partie de cette prérogative ?

Tout à fait puisque nous avons conservé le soin d’organiser le transport des élèves en situation de handicap. Et, cette compétence n’est pas des moindre car elle s’inscrit dans notre politique de solidarité. L’effort du département pour les 810 élèves en situation de handicap c’est 3 millions d’€/an.

Qu’en est-il de la restauration scolaire ?

Le département s’est engagé en faveur d’une vraie restauration scolaire de qualité. Une alimentation saine, dont l’approvisionnement est basé en partie sur des circuits courts... donc impliquant les producteurs locaux. Pour cela, chaque collège a signé une charte avec le département qui s’articule autour de la sécurité alimentaire et la nutrition. Le département s’occupe des 31 000 demi-pensionnaires accueillis tous les jours. Près de 4 200 000 repas sont servis au cours d’une année et 67 collèges sur les 70 collèges publics cuisinent les repas sur place. Il faut savoir que le repas payé par les collégiens est en moyenne de 3 euros. Cependant, il coûte en réalité près de 7 euros. La différence est entièrement assumée par le Département.

Un autre exemple ?

Je vais parler de la sécurité des élèves et des enseignants. C’est une priorité pour nous. Dans le cadre de notre compétence dans l’entretien et de la rénovation des collèges, le président du Département a proposé et les élus ont voté un plan d’investissement en faveur de la sécurité des collégiens et des personnels qui prévoit notamment l’installation de la vidéosurveillance et la mise en sécurité des entrées/sorties dans tous les collèges du Var.

NUMERIQUE DANS LES COLLEGES

Le Département s’inscrit pleinement dans le 21ème siècle ?

En effet, le Département porte une politique volontariste en matière d’informatique et de numérique dans les collèges. Pour vous donner une idée le département a mis à disposition des collégiens : 12 000 ordinateurs, le département du Var est un des premiers départements de France en termes d’équipement par élève. Tout cela implique également des moyens humains conséquents : Une trentaine de techniciens informatiques sont sur le terrain pour accompagner la communauté éducative dans le développement du numérique. Après avoir équipé les classes de 5ème du collège Pierre Puget à Toulon en tablettes numériques, dans le cadre d’une expérimentation pédagogique le CD a décidé de soutenir la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume, pour équiper en tablettes et tableaux numériques. Il nous apparaît indispensable d’offrir une chance et donc un enseignement adapté aux élèves en situation de handicap, c’est pourquoi le Département a déployé des tablettes dans les classes spécialisées qu’on appelle les classes ULIS = Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire (ULIS) des collèges (Troubles sensoriels ou moteurs).

Pourquoi ce choix ?

Des études ont prouvé que la prise en main rapide de la tablette et son caractère intuitif facilite la compréhension des enfants et les aide à acquérir davantage d’autonomie. En conclusion, cette politique ambitieuse repose sur la conviction que la révolution numérique est une chance pour l’école et c’est un devoir pour le département de l’assumer, car elle offre un potentiel de renouveau pédagogique important, pouvant améliorer l’efficacité du système éducatif.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR