Philippe Granarolo : «C’est la certitude qui rend fou»
Philppe Granarolo, philosophe, a publié «Le manifeste des esprits libres», un ouvrage qui a pour ambition de prendre un peu de hauteur par rapport aux…

Agrégé de l’Université et Docteur d’État ès- Lettres, Philippe Granarolo se consacre à l’écriture, anime des cafés philosophiques, intervient dans les Universités du Temps Libre de l’agglomération toulonnaise.
En effet, selon le philosophe, après chaque attentat tourne en boucle dans les médias la même ritournelle : «Le système médiatique est fait de scoops. Ils aiment parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure. C’est une vision faussée de la réalité. Nos sociétés seraient condamnées par le retour du religieux. Cette rengaine tend à nous faire oublier que Dieu a disparu de l’horizon de la plupart d’entre nous. Elle gomme l’émancipation de l’esprit qui marque notre tradition depuis plus de deux millénaires (Grèce antique, Renaissance, philosophie des lumières, loi de 1905). N’est-ce pas parce que nous oublions de nous ressourcer à cette tradition que nous perdons confiance ? Les citoyens sans religion ne sont-ils pas les seuls remparts contre les intégrismes dont l’islamisme n’est que la face la plus grimaçante. C’est le point de vue du philosophe, qui prend un peu de la hauteur et qui relativise les choses. Pourtant, ce n’est la première fois dans l’histoire que la religion tue en masse. Souvenons-nous de la Saint Barthélémy. On a rien trouvé de mieux que la religion pour détester les autres car c’est la certitude qui rend fou» ?
LA PHILOSOPHIE POUR COMPRENDRE LE TERRORISME

Philippe Granarolo prévient « Mon livre, «Le manifeste des esprits libres», s’adresse à un large public. Mon point de vue de philosophe se focalise dans cet essai sur la compréhension de notre monde. Par exemple, je pense qu’il faut éviter d’être obsédé par l’islamisme et par le terrorisme, et se souvenir que toute religion a connu des phases extrémistes. J’avais très envie de faire de la philosophie un outil de compréhension du terrorisme».
Sur ce sujet, Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires Étrangères de François Mitterrand, a eu des mots justes : «Le fait qu’on se soit convaincus que le terrorisme était la menace principale a fait beaucoup de mal à nos sociétés».
Le philosophe varois ajoute : «Je conçois l’émotion et l’horreur, que nous sommes en guerre. Mais franchement, nous avons plus de risques de mourir sur l’autoroute que dans un attentat ! La parade par rapport à tout cela, c’est de garder confiance dans notre civilisation qui a toujours su prendre du recul par rapport à la religion. C’est que qu’on appelle la liberté d’esprit, l’esprit critique. Je raisonne en temps long, à l’échelle des siècles et des millénaires, cette liberté d’esprit appartient à l’humanité entière».
médiatique est fait de scoops. Ils aiment parler des trains qui n’arrivent pas à l’heure. C’est une vision faussée de la réalité. Nos sociétés seraient condamnées par le retour du religieux. Cette ren- gaine tend à nous faire oublier que Dieu a dis- paru de l’horizon de la plupart d’entre nous. Elle gomme l’émancipation de l’esprit qui marque notre tradition depuis plus de deux millénaires (Grèce antique, Renaissance, philosophie des lu- mières, loi de 1905). N’est-ce pas parce que nous oublions de nous ressourcer à cette tradition que nous perdons confiance ? Les citoyens sans religion ne sont-ils pas les seuls remparts contre les intégrismes dont l’islamisme n’est que la face la plus grimaçante. C’est le point de vue du philosophe, qui prend un peu de la hau- teur et qui relativise les choses. Pourtant, ce n’est la première fois dans l’histoire que la religion tue en masse. Souvenons-nous de la Saint Barthélé- my. On a rien trouvé de mieux que la religion pour détester les autres car c’est la certitude qui rend fou» ? public. Mon point de vue de philosophe se foca- lise dans cet essai sur la compréhension de notre monde. Par exemple, je pense qu’il faut éviter d’être obsédé par l’islamisme et par le terrorisme, et se souvenir que toute religion a connu des phases extrémistes. J’avais très envie de faire de la philosophie un outil de compréhension du terrorisme». des mots justes : «Le fait qu’on se soit convaincus que le terrorisme était la menace principale a fait beaucoup de mal à nos sociétés». tion et l’horreur, que nous sommes en guerre. Mais franchement, nous avons plus de risques de mourir sur l’autoroute que dans un attentat ! La parade par rapport à tout cela, c’est de garder confiance dans notre civilisation qui a toujours su prendre du recul par rapport à la religion. C’est que qu’on appelle la liberté d’esprit, l’esprit cri- tique. Je raisonne en temps long, à l’échelle des siècles et des millénaires, cette liberté d’esprit appartient à l’humanité entière». • Gilles Carvoyeur Les conférences et interventions peuvent être retrouvées sur www.granarolo.fr.