Jean-Laurent Félizia : «Le PLU a un peu négligé l’agriculture»
La Gazette du Var a rencontré Jean-Laurent Félizia, tête de liste de «La ville heureuse» pour faire le point sur le PLU qui vient d’être révisé par la ville.

La révision du PLU au Lavandou vous satisfait-elle ? JLF. Sur le fond, je dois reconnaître que l'économie générale qui en ressort sauve les meubles.
Car, si la loi ALUR coupe court à tout étalement urbain pour les grandes agglomérations, elle est plus ambiguë pour des villes comme les nôtres où le maillage urbanistique se trame au travers de hameaux pré-existants. Il fallait éviter la surcharge périphérique de Saint-Clair à Pramousquier et je crois que l'objectif est atteint.

Alors où le bât blesse ? JLF. Je regrette que l'on n'ait pas plus intégrer de zones agricoles dans notre PLU car, notre littoral, comme le Var, voient leur surface agricole diminuer un peu plus chaque année.
Outre la souveraineté alimentaire qu'il faut préserver, c'est aussi apporter des coupures d'urbanisation, propices à l'emploi et à une activité sur l'année, favorisant l'installation de jeunes sur la durée. L'agriculture est un atout que le PLU a un peu négligé.
Je regrette aussi de ne pas avoir pu faire valoir un statut juridique à la présence de l'arbre en ville. Cela aurait pu contrer la massification du bâti en centre-ville, sur les hauteurs là où, hier, demeurait une urbanisation intégrée au paysage et où, demain, l'arbre risque d'être aux abonnés absents.
Est-ce un PLU définitif pour durer plusieurs années ? JLF. Certainement pas car, comme tout PLU, il sera révisé au gré des mouvements de populations et de l'activité économique et des modifications institutionnelles et législatives.
Cependant, si on projette cet outil sur le très long terme, je me félicite de voir la prise en compte du dérèglement climatique et de ses effets sur le trait de côte. Une ligne rouge placée à 200 mètres de sur-côte du niveau de la mer figure, désormais, sur le PLU et même si elle n'est pas contractuelle, elle témoigne dès à présent d'une prise de conscience de la collectivité sur les changements fondamentaux qui nous attendent. Vous connaissez mon attachement à la loi Littoral pour le cordon salutaire qu'elle apporte aux enjeux et à la pression sur cette bande stratégique.
En cela, je vois cette marque rouge sur le PLU comme une reconnaissance de l'utilité publique de cette loi si précieuse et pourtant si souvent malmenée par les parlementaires.
Propos recueillis par Francine MARIE