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Emmanuel Cayron : «L’État ne lâchera rien à La Beaucaire» !

Emmanuel Cayron, le directeur de cabinet du préfet du Var, le clame haut et fort et lance en guise d’avertissement : «Face aux délinquants, l’État ne

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 15 novembre 2017 Lecture : 3 min
Emmanuel Cayron : «L’État ne lâchera rien à La Beaucaire» !
Emmanuel Cayron : «L’État ne lâchera rien à La Beaucaire» !© La Gazette du Var
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Une prise de position qui intervient après une série de tirs et d’incidents mais qui a du mal à convaincre les habitants du quartier. Car, pour Emmanuel Cayron, tout juste arrivé dans le Var en tant que directeur de cabinet du préfet du Var, il ne sert à rien d’exagérer la situation du quartier de la Beaucaire.

LE TRAVAIL DE LA BAC

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Ainsi, il tempère les déclarations des habitants : Malgré tout, le haut-fonctionnaire se veut rassurant en direction de la population de ce quartier, et il ne relâchera pas ses efforts dans le quartier de la Beaucaire. «On sait que cela ne va pas bien à La Beaucaire. Mais, dire qu’il y a des armes qui circulent en nombre, je ne peux pas laisser dire cela. Si les gens ont des choses à nous dire, qu’ils n’hésitent pas. C’est aussi une question de civisme. A La Beaucaire, il y a une BAC (Brigade Anti-Criminalité), très performante. Elle fait un excellent boulot. Mais, on sait bien que face à la police, on n’a pas affaire à des enfants de chœur. Mais, c’est un quartier qu’on ne lâchera pas parce qu’on sait que c’est la population qui subit les conséquences des agissements d’une poignée de perturbateurs» ! Il ajoute, sur un ton sensible : «La police procède régulièrement à des interpellations comme elle l’a fait notamment. Selon les chiffres qui m’ont été communiqués par la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), il a été enregistré 6 tirs par arme à feu ces dernières semaines, ce qui a donné lieu à 3 interpellations par les services de police».

BATAILLE DE CHIFFRES SUR LES TIRS

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Un décompte qui est loin d’être partagé par les habitants. Selon les locataires, qui tiennent un décompte au jour le jour des tirs entendus ces derniers mois dans le quartier, il a été comptabilisé plus de 60 tirs depuis le début du mois de juillet ! C’est à dire dix fois plus que ceux enregistrés par la DDSP ! Pour Julien Ventre, délégué syndical policier FO, ce n’est pas une surprise : «Comme partout en France, il nous manque des effectifs, environ une dizaine de fonctionnaires pour Toulon. Mais, ce qui se passe à La Beaucaire, n’a, hélas, rien d’exceptionnel. Toulon est victime d’un inquiétant phénomène de mimétisme puisque les délinquants du quartier, et l’on constate la même chose à la cité Berthe à La Seyne-sur-Mer, veulent copier ceux des quartiers Nord de Marseille, où la mode est de se promener avec une arme, même en plein jour, et même si c’est une arme factice. On sait qu’il y a une hausse du trafic d’armes sur Toulon et notamment à La Beaucaire, principalement des Kalachnikov, des armes de poing mais aussi des armes de collection. Tout s’achète et les calibres circulent. Mais, souvent, ces armes servent à frimer, à faire le mariolle devant les gars de la bande. Les gars tirent en l’air. Les armes ne sont pas forcément achetées dans un but criminel. Pour l’instant».

EXFILTRER LES PERTURBATEURS

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Pour les locataires, qui préfèrent témoigner de manière anonyme par peur des représailles, la responsabilité en incombe à l’État, donc au préfet du Var. «Le bailleur social fait ce qu’il peut mais il n’a aucun moyen pour exfiltrer les perturbateurs de la cité. La question est également sensible à La Florane, aux Œillets, à la Closerie

et à La Poncette», affirme une locataire de la cité de la Beaucaire. Marie-José s’inquiète pour ses petits-enfants qui jouent en bas des tours : «Cela dure depuis le début de l’été. Un jour, il va y avoir un mort et cela ne sera pas faute d’avoir prévenu les autorités. Il paraît que le préfet n’est pas au courant de ce qui se passe ici ! On se fait beaucoup de souci» !

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Jean, la soixantaine, est un locataire en colère : «Je voudrais bien voir la tête du préfet s’il était réveillé, plusieurs fois par semaine, par des tirs d’armes à feu ! C’est facile quand on habite dans un lieu protégé par la police, comme la préfecture ! La police fait son maximum mais elle se plaint d’un manque d’effectif. Il paraît qu’on lui a retiré les réservistes qui étaient utiles pour compléter les patrouilles».

Jacqueline, 70 ans, qui demeure dans le quartier depuis plus de trente ans, reprend : «Le poste de end ! Et, c’est justement durant le week-end qu’on entend les tirs d’armes à feu» !

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UN APPEL A EMMANUEL MACRON

De son côté, l’association AVAL, qui défend activement les locataires depuis de nombreuses années, soutient les habitants. L’AVAL dénonce, depuis plusieurs années, ces violences récurrentes qui pourrissent la vie des quartiers. L’AVAL en appelle à Emmanuel Macron : «M. Macron, descendez sur le terrain et vous comprendrez la réalité de ce que nous vivons au quotidien ! A quoi cela sert-il d’arrêter les délinquants si vous les remettez aussitôt dans la rue», s’interroge

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un groupe de locataires parmi lesquels des habitants de confession musulmane, chrétienne et juive. •

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relâchera pas ses efforts dans le quartier de la Beaucaire ». «On sait que cela ne va pas bien à La Beaucaire. Mais, dire qu’il y a des armes qui circulent en nombre, je ne peux pas laisser dire cela. Si les gens ont des choses à nous dire, qu’ils n’hésitent pas. C’est aussi une question de civisme. A La Beaucaire, il y a une BAC (Brigade Anti-Crimi- nalité), très performante. Elle fait un excellent boulot. Mais, on sait bien que face à la police, on n’a pas affaire à des enfants de chœur. Mais, c’est un quartier qu’on ne lâchera pas parce qu’on sait que c’est la population qui subit les conséquences des agissements d’une poignée de perturbateurs» ! sensible : «La police procède régulièrement à des interpellations comme elle l’a fait notamment lon les chiffres qui m’ont été communiqués par la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), il a été enregistré 6 tirs par arme à feu ces dernières semaines, ce qui a donné lieu à 3 interpellations par les services de police». en France, il nous manque des effectifs, envi- ron une dizaine de fonctionnaires pour Toulon. Mais, ce qui se passe à La Beaucaire, n’a, hé- las, rien d’exceptionnel. Toulon est victime d’un inquiétant phénomène de mimétisme puisque les délinquants du quartier, et l’on constate la même chose à la cité Berthe à La Seyne-sur- Mer, veulent copier ceux des quartiers Nord de Marseille, où la mode est de se promener avec une arme, même en plein jour, et même si c’est une arme factice. On sait qu’il y a une hausse du trafi c d’armes sur Toulon et notamment à La Beaucaire, principalement des Kalachnikov, des armes de poing mais aussi des armes de collec- tion. Tout s’achète et les calibres circulent. Mais, souvent, ces armes servent à frimer, à faire le mariolle devant les gars de la bande. Les gars tirent en l’air. Les armes ne sont pas forcément achetées dans un but criminel. Pour l’instant». fet du Var. «Le bailleur social fait ce qu’il peut mais il n’a aucun moyen pour exfi ltrer les per- turbateurs de la cité. La question est également sensible à La Florane, aux Œillets, à la Closerie dure depuis le début de l’été. Un jour, il va y avoir un mort et cela ne sera pas faute d’avoir prévenu les autorités. Il paraît que le préfet n’est pas au courant de ce qui se passe ici ! On se fait beau- coup de souci» ! «Je voudrais bien voir la tête du préfet s’il était réveillé, plusieurs fois par semaine, par des tirs d’armes à feu ! C’est facile quand on habite dans un lieu protégé par la police, comme la préfec- ture ! La police fait son maximum mais elle se plaint d’un manque d’effectif. Il paraît qu’on lui a retiré les réservistes qui étaient utiles pour com- pléter les patrouilles». end ! Et, c’est justement durant le week-end qu’on entend les tirs d’armes à feu» ! descendez sur le terrain et vous comprendrez la réalité de ce que nous vivons au quotidien ! A quoi cela sert-il d’arrêter les délinquants si vous les remettez aussitôt dans la rue», s’interroge Enquête à La Beaucaire par Gilles CARVOYEUR Emmanuel Cayron Directeur de cabinet du Préfet du Var