Fabien Matras, député : «Je me fi e à mon expérience d’élu local»
Après avoir rejoint Emmanuel Macron à la création du mouvement En Marche et avoir assuré la responsabilité de référent politique dans le Var, il est…

L'Assemblée nationale, il travaille sur les sujets liés à la sécurité intérieure. Il est le porte-parole du groupe LREM sur la mission sécurité intérieure. Dans le cadre du projet de loi de finance 2018 il a participé à la mise en place de la gratuité des péages pour les véhicules d'urgence prioritaires.
Mobilisé sur toutes ces questions, il a été désigné membre titulaire, représentant l'Assemblée nationale, à la Conférence Nationale des Services d'Incendie et de Secours. Le Ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, vient de lui confier également une mission ministérielle en vue de rendre un rapport sur les avancées à apporter en faveur du volontariat chez les sapeurs-pompiers et sur l'avenir de la sécurité civile. Professeur à la Faculté de Droit de Toulon, il enseignait à Draguignan (Droit Public) à l'Assemblée Nationale il est Président et rapporteur de la Mission Éthique et Déontologie dans la fonction publique, mission d'information créée suite au vote de l'acte 1 de la loi de moralisation de la vie publique.
RENCONTRE AVEC FABIEN MATRAS, À L'ESCALE LOUVOIS DE TOULON. Sur le projet de police de sécurité du quotidien, quel est votre avis en tant qu'ancien élu local ? FM.
C'est la mise en œuvre d'une proposition du candidat Macron. Contrairement aux Gouvernements précédents, nous tenons nos engagements puisque le budget consacré à la police et à la gendarmerie augmente de 4%. Nous allons également créer 10 000 postes nets de policiers et gendarmes durant le quinquennat, ces postes venant s'ajouter aux 4 000 substitutions prévues qui consistent à remplacer des agents d'active affectés à des tâches administratives par des agents administratifs afin de permettre aux premiers de revenir sur le terrain effectuer le cœur de leurs missions.



Sur un plan pratique, quelles sont les objectifs visés et les traductions concrètes du budget mission sécurité intérieure voté ? FM. Il faut mutualiser les services qui le peuvent en les centralisant pour qu'ils puissent interve-nir au-delà même de leur zone de compétence première. Cela peut être le cas notamment de la police scientifique.


Sur un plan pratique, quelles sont les objectifs visés et les traductions concrètes du budget mission sécurité intérieure voté ?Il faut mutualiser les services qui le peuvent en les centralisant pour qu’ils puissent intervenir au-delà même de leur zone de compétence première. Cela peut être le cas notamment de la police scientifi que. Ce qui ressort des consultations, c’est que la demande première des policiers n’est pas forcément une augmentation des effectifs. Ils réclament plutôt une amélioration de leurs conditions de travail, notamment la réhabilitation des locaux comme cela devrait être le cas au commissariat de Toulon car le bâtiment a mal vieilli et n’est même pas doté de la climatisation pour les bureaux ! C’est pourquoi, le budget consacré à l’immobilier va être considérablement augmenté passant de 70 à 110 millions d’€. Au niveau des équipements (armes et gilets pare-balles), le travail engagé par Bernard Cazeneuve, l’ancien premier Ministre, a porté ses fruits. Il reste, malgré tout, à régler le problème des véhicules qui parfois dépassent les 200 000 km !


Ce qui ressort des consultations, c'est que la demande première des policiers n'est pas for-cément une augmentation des effectifs. Ils récla-ment plutôt une amélioration de leurs conditions de travail, notamment la réhabilitation des locaux comme cela devrait être le cas au commissariat de Toulon car le bâtiment a mal vieilli et n'est même pas doté de la climatisation pour les bureaux ! C'est pourquoi, le budget consacré à l'immobilier va être considérablement augmenté passant de 70 à 110 millions d'€.
Au niveau des équipements (armes et gilets pare-balles), le travail engagé par Bernard Caze-neuve, l'ancien premier Ministre, a porté ses fruits. Il reste, malgré tout, à régler le problème des véhicules qui parfois dépassent les 200 000 km !
Des pistes nouvelles peuvent être envisagées sur ce dernier point ? FM. On pourrait envisager de louer le parc auto-mobile dédié à la police et à la gendarmerie, voire favoriser l'achat de voitures d'occasion récentes.
Ce sont des pistes à creuser. La question reste posée, mais elle nécessite de sérieuses études et phase de consultation avant toutes décisions.
Sur le plan pratique, comment voyez-vous cette police de sécurité du quotidien ? FM. À mon sens, l'objectif premier de la police de sécurité du quotidien doit s'entendre par un retour des forces de l'ordre au plus près de nos concitoyens, une disponibilité accrue dans le contact avec la population.
Une meilleure prise en compte de leurs attentes et donc un senti-ment retour des citoyens d'une plus grande réactivité et une efficacité reconnue. Ce déploie-ment de la police de sécurité du quotidien doit dans le même temps permettre de réinvestir les quartiers et les campagnes par une présence hors interventions.
Où en est-on de la concertation ? FM. Elle se poursuit et nous sommes dans l'at-tente de ses résultats.
Je sais que la ville de La Seyne-sur-Mer s'est portée candidate pour ex-périmenter cette nouvelle police de sécurité au quotidien, la soutient cette candidature, mais je souhaite également pouvoir étendre cette expé-rimentation aux zones de gendarmerie qui sont très denses dans le Var. Je suis donc à priori, favorable à la mise en place de cette nouvelle forme de travail, une fois expérimentée.
Sur quelle base, repose votre analyse ? FM. Je me fie à mon expérience d'élu local. J'ai souvent constaté que les Travaux d'Intérêt Géné-raux et les rappels à la loi étaient plus efficaces qu'une procédure judiciaire longue, voire incer-taine. Les petits délinquants ont perdu le respect de la justice.
Vous êtes intervenu récemment à l'Assemblée Nationale à propos des sapeurs-pompiers ? FM. En effet, le 4 décembre était célébrée la fête des sapeurs-pompiers, la Sainte Barbe.
En France, ce sont 247 000 femmes et hommes qui sont engagés, en tant que professionnels, volontaires ou militaires dans cette mission essen-tielle, celle de porter secours aux populations. En cette période anxiogène, meurtrie par les atten-tats, abîmée par les catastrophes naturelles, ils sont toujours en première ligne et leurs actions répondent chaque jour encore un peu plus aux besoins de notre société.
Que peut faire un député ? FM. Notre responsabilité, c'est de préparer la sécurité civile du 21 siècle.
Notre modèle basé sur le volontariat doit nous servir d'exemple. J'ai, notamment, participé au lancement du plan vo-lontariat 2030. Selon les derniers chiffres publiés par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, les sapeurs-pompiers ont effectué en 2015 plus de 12.
000 interven-tions par jour. Je veux rendre hommage à toutes les femmes et les hommes qui s'engagent au service de nos concitoyens et passent une partie de leurs vies à sauver les nôtres et nous devons les soutenir.
Quel est le problème ? FM. Cet engagement devient de plus en plus risqué.
Les conditions d'interventions des sa-peurs-pompiers posent des questions que nous ne pouvons pas évacuer. Ainsi, l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales relève dans son der-nier rapport plus de 2 200 agressions de sa-peurs-pompiers au cours d'une intervention. On constate une très forte augmentation du nombre de déclarations d'agression par rapport à l'an-née précédente.
Qu'il s'agisse de caillassages, de guet-apens ou d'agression au domicile des requérants, cette situation ne peut pas perdurer et il me semble capital de s'investir dans la re-cherche de solutions en ce domaine.
A l'approche des fêtes de fin d'année, période toujours sensible, j'ai demandé à Gérard Col-lomb, ce qu'il comptait mettre en œuvre pour faire face à cette situation.
Proposition recueillis par Gilles CARVOYEUR