Maître Jérémy Vidal, bâtonnier désigné : «Les avocats ont la tête dans l’avenir»
Entretien avec Maître Eric Goirand et Maître Jérémy Vidal qui évoquent les perspectives de la profession d’avocat.

Maître Jérémy Vidal, bâtonnier désigné, succède au 1er janvier prochain à Maître Eric Goirand, bâtonnier en exercice.

Le futur bâtonnier entend accompagner la mutation en marche de la profession par une maîtrise des outils numériques. ÉVOLUTION DE LA PROFESSION Ainsi, Jérémy Vidal explique : «Nous accompagnons l'évolution de l'Ordre, en étant en adéquation avec la pensée d'Eric Goirand. C'est à dire en prenant en compte l'évolution de la profession, à travers le numérique.
La question est de savoir comment le barreau peut participer au mouvement de la French Tech de Toulon, notamment en synergie avec l'arrivée du futur quartier Chalucet ? N'ayons pas de craintes et profitons de l'évolution technique ! Mais attention, respectons les valeurs essentielles de la profession».
De son côté, Eric Goirand valide cette argumentation : «Le rôle du bâtonnier est de sentir les évolutions du monde qui nous entoure et qui touchent notre profession, de faire partager aux confrères des points essentiels de ces évolutions et les devoirs de la profession, au-delà de notre mission institutionnelle prévue par les textes». DES AVOCATS CHEFS D'ENTREPRISE Il ajoute : «L'évolution est au groupement d'exercice avec une croissance de 68 % de 2000 à 2011. L'activité d'avocat renforce son basculement de l'exercice libéral, en solitaire, vers celui d'entreprise».
Aujourd'hui, les avocats français sont devenus des chefs d'entreprise dans le marché juridique. dique, fonctionnant notamment grâce à l'AARPI (Association d'Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle), structure empruntée à un modèle anglo-saxon.
Jérémy Vidal reprend : «Dans un nouveau monde où l'écrit devient la norme, la place croissante du numérique nous prédispose à réagir, à nous adapter, pour ne pas passer à côté. Le barreau a mis en place un incubateur. Ainsi, des sites web fleurissent tel monavocat.
fr. Cette plate-forme de consultation en ligne est combattue pour concurrence déloyale, car il existe un monopole en matière de consultation juridique».
JUSTICE PRÉDICTIVE Parmi les grands changements annoncés dans les années à venir, la justice prédictive fait beaucoup parler. Conséquence du développement de l'intelligence artificielle, la justice prédictive s'appuie sur des algorithmes qui analysent les décisions rendues par les tribunaux afin d'anticiper la solution d'un litige. À partir de certains paramètres sélectionnés par l'utilisateur, le logiciel de justice prédictive opère un tri dans les décisions de justice et livre un pronostic sur la base de statistiques.
Ces logiciels pourraient également représenter un gain de temps dans le travail de recherche juridique.
Le bâtonnier désigné s'interroge : «La justice prédictive pose la question de la place à réserver à la financiarisation du risque judiciaire via la progressive assurance de ce risque. Le barreau de Lille est actuellement en phase pilote du logiciel développé par la société Prédictice. Plusieurs cabinets d'avocats ont également conclu des partenariats avec cette société».
ÉVOLUTION VERS UN MODÈLE ANGLO-SAXON Eric Goirand insiste : «Nous évoluons vers le principe anglo-saxon de Common Law. Contrairement au système anglo-saxon, le système juridique français n'est pas bâti sur un système de précédent jurisprudentiel. Nous devons être des sentinelles, notamment sur la question du recul des libertés publiques, un rôle important pour les droits en termes de libertés publiques.
Nous sommes des médiateurs car nous n'allons plus au procès systématiquement en favorisant les procédures participatives (négociations, accords transactionnels)».
En effet, dans tous les pays, les contentieux régressent au profit du conseil dans le but de pacifier les relations. «La Justice est un régulateur social qui doit continuer à s'exprimer, c'est à dire une Justice de qualité rend des décisions dans des temps conformes aux attentes », conclut Maître Goirand.
gnons l’évolution de l’Ordre, en étant en adéqua tion avec la pensée d’Eric Goirand. C’est à dire en prenant en compte l’évolution de la profession, à travers le numérique. La question est de savoir comment le barreau peut participer au mouve ment de la French Tech de Toulon, notamment en synergie avec l’arrivée du futur quartier Cha lucet ? N’ayons pas de craintes et profitons de l’évolution technique ! Mais attention, respectons les valeurs essentielles de la profession ». tation : «Le rôle du bâtonnier est de sentir les évolutions du monde qui nous entoure et qui touchent notre profession, de faire partager aux confrères des points essentiels de ces évolutions et les devoirs de la profession, au-delà de notre mission institutionnelle prévue par les textes ». Il ajoute : «L’évolution est au groupement d’exer cice avec une croissance de 68 % de 2000 à 2011. L’activité d’avocat renforce son bascule ment de l’exercice libéral, en solitaire, vers celui d’entreprise ». où l’écrit devient la norme, la place croissante du numérique nous prédispose à réagir, à nous adapter, pour ne pas passer à côté. Le barreau a mis en place un incubateur. Ainsi, des sites web fleurissent tel monavocat.fr. Cette plate-forme de consultation en ligne est combattue pour concur rence déloyale, car il existe un monopole en ma tière de consultation juridique ». prédictive pose la question de la place à réser ver à la financiarisation du risque judiciaire via la progressive assurance de ce risque. Le barreau de Lille est actuellement en phase pilote du logi ciel développé par la société Prédictice. Plusieurs cabinets d’avocats ont également conclu des partenariats avec cette société ». principe anglo-saxon de Common Law. Contrai rement au système anglo-saxon, le système ju ridique français n’est pas bâti sur un système de précédent jurisprudentiel. Nous devons être des sentinelles, notamment sur la question du recul des libertés publiques, un rôle important pour les droits en termes de libertés publiques. Nous sommes des médiateurs car nous n’allons plus au procès systématiquement en favorisant les procédures participatives (négociations, accords transactionnels) ». «La justice est un régulateur social qui doit continuer à s’exprimer, c’est à dire une justice de qualité rend des décisions dans des temps conformes aux attentes », conclut Maître Goi Propos recueillis par André GOFFIN Eric Goirand et Jérémy Vidal, Ordre des Avocats de Toulon, le 4 décembre.