Xavier Bertrand et Renaud Muselier : «Nous sommes des entrepreneurs» !
Dernièrement, une rencontre était organisée par l’UPE 13 et le MEDEF PACA, à Marseille, en présence de Xavier Bertrand, président de la région des…

Ce rendez-vous économique a mis en scène deux régions (Hauts de France et PACA), géographiquement opposées, mais, finalement, assez comparables en matière de poids économique. Elles sont aussi comparables dans leurs ambitions et les défis qu'elles ont à relever. Quand on analyse les deux régions, on constate quelques similitudes.
Ainsi, chacune représente 7 % du PIB national (150 milliards environ), possède un taux de chômage à peu près similaire (32 % pour les Hauts de France et 27 % pour PACA), c'est à dire bien au-dessus de la moyenne nationale. En effet, les 2 régions regroupent plus de 30 % des demandeurs d'emploi en France.
Désormais, les régions ont l'exclusivité de la compétence économique. TROUVER LES BONNES SOLUTIONS POUR L'EMPLOI Xavier Bertrand : Le développement économique en région, c'est de trouver les bonnes solutions pour l'emploi et les entrepreneurs. Créons l'écosystème favorable (fiscalité...)
Je ne fais plus de politique, je suis un entrepreneur avec 6 millions d'actionnaires. Mon parti (politique), c'est ma région !


La réforme de 2015 a fait de la région la référence économique. Fini le BtoB, à l'ancienne, transformé en BtoC. Désormais, les élus, les concitoyens sont nos clients. Face aux problèmes, la région a les outils pour sauver et préserver l'emploi.
Renaud Muselier : A quoi sert la région ? Quelles sont nos compétences ? La méthode, c'est : Autorité, proximité, décision pour des résultats à 3 ans et une vision à 20 ans.
Malgré les ponctions de l'Etat, nous prenons des décisions proches de l'entreprise, nous débloquons des moyens financiers, nous accompagnons la formation et apprenons à nous servir de l'Europe.
DEFENDRE LES INTERETS DES ENTREPRISES A L'INTERNATIONAL XB : Il y a ce que prévoit la loi, l'économie, l'emploi, la formation, le transport scolaire, les TER, les lycées. Et d'autres responsabilités que ne prévoient pas la loi. Par exemple, la Région est le VRP qui défend le tissu économique à l'international.

RM : Citons quelques outils : Les OIR, 12 Opérations d'intérêt régional, avec des acteurs économiques spécifiques et 1 millions d'€ pour 50 000 emplois créés. Le Schéma Régional de Développement Economique (SRDEII) est un guichet unique (Numéro 0805 805 145) qui permet le financement de 3 500 entreprises. Sans omettre, la Banque Régionale de l'Emploi et de l'Apprentissage.
ACCOMPAGNER LE COMMERCE DE CENTRE-VILLE Citons également, le FIER, qui représente 3 000 entreprises (et plus de 35 millions d'€). Il sera augmenté dans de grands fonds d'investissement, qui entreront dans le capital des entreprises. Ce sont des fonds de garanties qui se montent à 120 millions d'€ avec, notamment, des prêts de 10 000 € pour accompagner les commerçants de centre-ville.
Nous allons également mettre en place des moyens financiers pour aider les TPE.

Enfin, sur la question des formations, il faut que l'offre et la demande soient alignées. En ce qui concerne le tourisme, avec nos 3 marques (Provence, Alpes, Côte-d'Azur) et plus de 30 millions de visiteurs par an, nous sommes le territoire le plus attractif après Paris ! Pour l'organisation des JO 2024, je veux offrir au monde la plus belle image de notre région : moderne, dynamique, innovante !
PROXIMITE ENTRE LA POLITIQUE ET L'ENTREPRISE Jean-Luc Monteil, président du MEDEF PACA : Il est important que le politique et l'entreprise soient beaucoup plus proches, qu'on établisse un diagnostic ensemble. Dès que l'on s'écarte l'un de l'autre, cela ne fonctionne pas ! Nous devons être des partenaires de confiance.
À mes yeux le sujet prioritaire, c'est la transition numérique et l'accompagnement par des PME sur cette question. La transformation numérique a un effet de levier. Etre hors du coup, c'est disparaître !
Le numérique est un exemple de co-construction, comme cela se fait actuellement en PACA. Les chefs d'entreprise veulent une région avec une culture forte sur les enjeux du numérique. On travaille ensemble, notamment sur la création d'un forum dédié aux TPE et aux citoyens.
Ainsi, le passeport du numérique apportera un accompagnement par e-learning. Nous avons l'ambition, avec le Conseil régional, de faire de notre région un leader du numérique. La transition numérique est un enjeu colossal pour nos entreprises et nos concitoyens.
RETROUVER UNE AMBITION INDUSTRIELLE XB : Il faut retrouver une véritable ambition industrielle et créer une filière qui verra des relocalisations. La robotique, c'est aujourd'hui l'affaire du Japon, de la Corée, même de l'Italie ou l'Allemagne. Pourquoi pas la France ?
L'intelligence numérique est un exemple de co-construction, comme cela se fait actuellement en PACA.
Les chefs d'entreprise veulent une région avec une culture forte sur les enjeux du numérique. On travaille ensemble, notamment sur la création d'un forum dédié aux TPE et aux citoyens. Ainsi, le passeport du numérique apportera un accompagnement par e-learning.
Nous avons l'ambition, avec le Conseil régional, de faire de notre région un leader du numérique. La transition numérique est un enjeu colossal pour nos entreprises et nos concitoyens.
Artificielle, ça va changer quoi ? Des métiers supprimés, la transformation des emplois. Ces progrès ne sont pas sans conséquences. Sans compter la cyber-sécurité. Soyons vigilants.
RM : La smart ville ! On va commencer par le très haut débit sur tout le territoire de façon à avoir une attractivité internationale. Ce sont des investissements conséquents.
Nous mettons les moyens pour accompagner nos entreprises dans cette transition. Nous leur avons déjà donné des outils comme DIGISHOP, lancé avec la CCIMP, dédié aux commerces ou en soutenant des projets structurant comme the Camp Provence.
JLM : La problématique de l'emploi des jeunes nécessite d'être exigeant sur la feuille de route. Parrainages, apprentissages, les solutions existent. Je cite SESAME Jeunes Talents, le partenariat avec l'APEC. Cela marche ! Sur 36 jeunes pris en charge, 23 étaient en poste, en stage ou en formation à l'issue de l'opération.
XB : On a quand même sacrément besoin de vous, les chefs d'entreprise, pour recenser les besoins en formation. La formation a une vocation économique. Il faut que les entreprises trouvent leurs collaborateurs. RM : Il faut se poser la question de la qualité des formations professionnelles et arrêter de financer les moins efficaces.
Nous devons alléger le coût du travail pour les entreprises afin qu'elles puissent accroître leur activité et recruter ! Je suis favorable à l'annonce du Ministre de l'Économie Bruno Lemaire sur la baisse des charges des entreprises au-delà de 2,5 SMIC.
André GOFFIN Envoyé Spécial à Marseille Présents (photos) : Sandra TORRES, Cadre d’entreprise et conseillère régionale de Pro- vence-Alpes-Côte d’Azur ; Pierre GRAND-DUFAY, Président de la commission Développement Economique de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Laurent FALAIZE, entrepreneur varois, président de cluster