Christian Simon, maire : « Je ne serai pas le maire qui défigurera la ville »
Avant de dresser le bilan des réalisations de l’année écoulée et d’annoncer celles de 2018, Christian Simon est revenu sur les faits notables de 2017, qui ont…

Si la notion d’environnement recouvre la gestion des déchets et de la propreté, elle concerne également d’autres aspects, comme le cadre de vie.
UN CHIFFRE UBUESQUE

Ce qui m’amène une nouvelle fois, à aborder un sujet moins réjouissant : à savoir les objectifs fixés par la loi aux communes, en matière de production de logements sociaux. 2200. Il s’agit du nombre de logements sociaux que l’État impose à la commune, de bâtir à l’horizon 2025. Tant que notre équipe administrera notre ville, ce sera non. D’autant que ce chiffre est ubuesque, puisque si chaque année, 100% de toutes les nouvelles constructions à La Crau étaient constituées intégralement de logements sociaux, cet objectif ne serait malgré tout pas atteint. Un constat conforte mon analyse. Depuis 2013, année à partir de laquelle, l’État s’est arrogé la possibilité de délivrer à la place de la commune, des permis de construire destinés à des logements sociaux, il a tout bonnement réussi à en réaliser : Aucun ! Des efforts considérables ont déjà été consentis. Depuis 2008, année de notre 1ère élection, le contingent d’habitat social a doublé à La Crau. Près de 2 millions de deniers publics ont été investis. Certes, il faut des logements sociaux. Mais en quantité raisonnable, qui corresponde aux demandes en attente formulées par nos petits-enfants, nos enfants, et nos aînés ayant une attache avec notre commune. À l’ineptie des textes réglementaires, s’ajoutent des contraintes techniques insurmontables. Permettre la réalisation de bâtiments en hauteur en centre-ville ? Impossible. La présence sur la commune des antennes émettrices de la Marine, ne l’autorise pas, et qui plus est, nous ne le souhaitons pas. Toucher à nos zones boisées ? Impensable. À nos zones agricoles ? Inconcevable. À nos zones protégées en raison de leur valeur environnementale ? Inimaginable. Dans des secteurs à risque d’inondation ou d’incendie ? Irresponsable. Créer 100% de logements sociaux, comme la préfecture nous l’a déjà imposé à L’avenue de la Gare, ou dans les quartiers de la Gensolenne et des longues encore constructibles sur près de 16 hectares, tout simplement insensé. Alors où faire ces logements, je vous le demande ! Je n’ai pas de baguette magique. Pourtant, pour non-respect de ces obligations, un arrêté du préfet, inflige à la commune, une pénalité financière sourde et aveugle, susceptible d’avoisiner les 850 000 €. L’État veut nous mettre à genoux, plutôt qu’être partenaire et force de propositions. Si cette sanction se confirmait, nous serions amenés à opérer des choix difficiles, comme supprimer certains projets de notre programme, réduire les subventions aux associations, stopper certaines animations, ou augmenter la fiscalité. Il n’y a pas d’autres solutions. Mais sachez, que je ne soumettrai, aucune décision au conseil municipal, sans vous avoir consultés en amont. Croyez-moi, je ne serai ni le maire qui assumera la responsabilité d’emmener notre commune, vers une gestion financière désastreuse, ni le maire qui assumera la responsabilité de défigurer notre ville, en portant atteinte à la qualité de vie à La Crau.
DIMINUTION BRUTALES DES DOTATIONS DE L’ETAT
Cette dernière a été façonnée avec attention par les municipalités successives, durant plusieurs décennies. Beaucoup nous l’envient, et elle nous est tellement précieuse. Tout aussi précieuse pour les enfants, les parents, les acteurs éducatifs et associatifs, le retour à la semaine d’école de quatre jours. Dès son origine, nous avions clamé haut et fort sans être entendu, que cette réforme était mal préparée, coûteuse, et sans bienfaits avérés pour les élèves. Depuis septembre 2017, nous avons ainsi retrouvé le rythme que nous connaissions par le passé, comme s’il n’avait jamais changé. La fin des nouveaux rythmes scolaires a permis de supprimer une dépense annuelle peu profitable. Celle-ci représente toutefois peu de choses, au regard de l’effondrement du montant des aides financières d’État, allouées aux collectivités pour leur fonctionnement. Par le passé, dès son amorce, j’avais plusieurs fois abordé les conséquences de la diminution brutale des contributions apportées aux communes. Elle ébranle leur capacité financière à réaliser les investissements, ou à maintenir en l’état les services permettant de répondre de manière optimale, aux besoins de leurs habitants. Pressentant déjà cette tendance en 2014, dans le programme électoral, j’avais écrit noir sur blanc, que notre équipe assumerait le choix de maintenir le niveau de services à la population. Comment me direz-vous ? Encore une fois, pas de miracle, en privilégiant la réduction des investissements prévus. Nous le savons, la dette par français est de l’ordre de 35 000 €. L’État ne peut continuer de vivre indéfiniment à crédit, et accroître un peu plus chaque jour son déficit. Il est donc tout à fait logique et sain, qu’il fasse du redressement de nos comptes, une priorité. Nul ne peut contester sa volonté de réduire les dépenses publiques. C’est la nature des orientations du nouveau gouvernement pour atteindre cet objectif, qui pose question.
NOUVEAUX TRANSFERTS DE COMPETENCES
Je prendrai comme exemple la fin des contrats aidés pris en charge quasi-intégralement par l’État. Bien évidemment, ces derniers ne peuvent être considérés comme un aboutissement pour les bénéficiaires, comme pour les employeurs. Utilisés de façon adaptée, ils avaient cependant le mérite d’offrir pour une période donnée, un revenu minimum contre un véritable emploi ; de permettre de former des professionnels peu ou pas qualifiés, avant que ces derniers ne retournent sur le marché du travail ; et de proposer une rotation de ces personnes, pour en faire bénéficier le plus grand nombre. Aujourd’hui, l’ensemble des services municipaux, nos crèches, et les clubs sportifs locaux sont touchés. Par l’intermédiaire de contrats de ce type, ils employaient auparavant du personnel destiné notamment à l’encadrement des enfants. Ils se retrouvent désormais dans des situations préoccupantes, pour la continuité de leur fonctionnement, et se retournent fatalement vers la municipalité. Par ailleurs, non seulement l’État a fermé les vannes des recettes au profit des communes, mais il leur transfère, d’autre part, toujours plus d’obligations. Maintenant, il leur revient de concevoir les passeports biométriques, et de formaliser les Pactes Civils de Solidarité. N’oublions pas également, que les collectivités territoriales françaises, réalisent 70% des investissements du pays. Et ce, en votant des budgets impérativement équilibrés, contrairement à l’État, qui lui, pour fonctionner, peut dépenser plus, que ce qu’il ne possède. Ainsi, chaque coupe financière frappant les collectivités, est en réalité, un coup porté à l’économie locale et à ses emplois, les emplois de nos familles, de nos amis. Les décisions politiques prises à l’échelon national ont un impact sur les finances locales et les choix budgétaires induits.
TRAVAUX DANS LES BATIMENTS PUBLICS
En 2017, ces choix ont concerné de nombreux volets de la politique municipale menée par notre équipe, au premier rang desquels nos bâtiments communaux. Ces derniers ont fait l’objet de travaux destinés à améliorer leur accessibilité par les Personnes à Mobilité Réduite. Des aménagements ont été réalisés au sein de l’Hôtel de Ville, dans le but d’améliorer sa sécurisation, et de parfaire l’accueil des administrés. Suite à la décision de l’Inspection d’Académie d’ouvrir une classe supplémentaire, il a été procédé à l’installation provisoire d’une salle préfabriquée, dans la cour de l’école maternelle Jules Audibert. Et, ce dans l’attente d’ouvrages plus importants. À La Moutonne, l’école élémentaire Jules Ferry a vu sa cour intérieure agrandie, et son revêtement changé. Son parking a été étendu et rendu plus sûr pour les piétons. Dans un souci de sécurisation, un nouveau cheminement a été réalisé, et un mur séparateur érigé, entre l’école maternelle Louis Palazy et le parking du Boulodrome. La salle Coulomb, mise à disposition de nos associations, a été rénovée, permettant aux bénévoles de profiter d’un lieu plus accueillant, et adapté à leurs activités. Nos églises de La Crau et de La Moutonne, qui font partie de notre patrimoine communal, ont reçu une nouvelle toiture. Depuis le 1er janvier 2017, l’ensemble des bâtiments publics de la ville, comme du réseau d’éclairage, est alimenté par une électricité verte, garantie d’origine 100% renouvelable (...). •
Christian Simon Maire de La Crau - Conseiller Régional NDR : Les intertitres sont de la rédaction