26/07/2026

Jean-Jacques Castillon, président : « Pour les TP, la commande publique doit se ressaisir…

L’an dernier, son prédécesseur, Philippe Donat, avait fait part des attentes des entreprises au regard des échéances électorales, présidentielle et légis­…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 24 janvier 2018 Lecture : 6 min
Jean-Jacques Castillon, président : « Pour les TP, la commande publique doit se ressaisir d’urgence » !
Jean-Jacques Castillon, président : « Pour les TP, la commande publique doit se ressaisir d’urgence » !© La Gazette du Var
Partager

Comme à chaque élection, la branche du Bâtiment et celle des Travaux Publics ont fait entendre leurs voix et apporté leurs contributions au débat entre les candidats et la société française dans son ensemble.

Jean-Jacques Castillon, président : « Pour les TP, la commande publique doit se ressaisir d’urgence » !

Au plan national, nos Fédérations ont très vite entamé le dialogue avec la nouvelle majorité présidentielle et son administration pour expliquer avec pédagogie mais aussi conviction les enjeux de la profession. À l’automne, débat sur le projet de loi de finances oblige, les premières tensions se sont fait sentir. Patiemment, avec le bon sens des gens de terrain qui savent ce qui est bon pour l’économie, les consommateurs, les entreprises et les emplois, nous avons tenté d’améliorer ce qui pouvait l’être.

RECONSTRUIRE LA FRANCE

Pour la Fédération Française du Bâtiment il s’agissait de « Reconstruire la France », en soulignant l’implication de l’industrie du Bâtiment dans l’économie tout entière et pour répondre aux besoins immenses de reconstruction du pays.

Tandis que pour la Fédération Nationale des Travaux Publics, le mot d’ordre était « Réinvestissons la France » pour rappeler l’urgence à entretenir et financer de nouvelles infrastructures au service du public et pour l’attractivité et la compétitivité de nos territoires. Des rencontres avec les candidats et de grands rassemblements ont été organisés pour débattre encore et encore sur les priorités du BTP qui rejoignent majoritairement celles du pays et de nos concitoyens. Au final, le paysage politique a été chamboulé mais nos entreprises sont toujours là et avec elles certains problèmes à résoudre qui justifient nos actions et notre mobilisation pour faire avancer la profession.

CERTITUDES ET INCERTITUDES

À cette heure, il est encore tôt pour dire si nous avons convaincu nos interlocuteurs mais nous avons déjà quelques certitudes et aussi quelques incertitudes. Côté Bâtiment, d’abord, parmi les certitudes : L’impôt sur la fortune disparaîtra en 2018 et sera remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière : une mesure qui stigmatise une fois de plus l’immobilier ! Le Prêt à taux zéro et le PINEL, même réduits, seront maintenus dans les zones tendues mais rien n’est fait pour les zones plus rurales, ce qui est d’ailleurs un problème. Au rang des incertitudes, il y a le recentrage du CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique) sur les fenêtres et les relations orageuses entre le mouvement HLM et le Gouvernement à propos de l’article 52 du projet de loi de finances 2018 qui prévoit la compensation par les bailleurs sociaux de la baisse des APL aux locataires. J’espère qu’un dialogue constructif interviendra rapidement pour éviter la crise. Côté Travaux Publics, nous attendons avec beaucoup d’espérances de voir ce que va devenir la promesse du candidat Macron, lors de l’élection présidentielle, de créer un Conseil d’orientation des infrastructures. Il s’agit de se doter d’un outil de programmation à 5 ans pour réaffirmer le rôle de stratège que doit endosser l’État dans une politique d’investissements. Plus généralement, je voulais également vous informer de deux sujets de préoccupation majeure : Le premier concerne la transformation annoncée en 2019 du CICE en baisse pérenne de charge patronale. Bien que positive, cette transformation comporte un danger potentiel.

LA MAUVAISE IDEE DU PRELEVEMENT A LA SOURCE

Le second concerne le prélèvement à la source. Nous avions espéré que le gouvernement abandonne cette mauvaise idée, mais non, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu sera bel et bien applicable le 1er janvier 2019. C’est une très mauvaise mesure pour nos entreprises qui ne veulent pas se muer en collecteurs d’impôts. Qui va expliquer au salarié que la baisse de son net à payer n’est pas la faute de l’employeur ? Qui devra faire face au climat social dégradé après la baisse de la feuille de paie ? Qui sera sanctionné en cas d’erreur ? Qui supportera les coûts humains et matériels de cette réforme inutile ? Oui, c’est une bien mauvaise idée ! Non, cette réforme n’apporte rien au pays.

Dans le Var, une rencontre avec les députés de la majorité présidentielle a eu lieu en novembre pour une première prise de contact. Quatre députés sur six étaient présents ou représentés et les échanges ont été très nourris. De nouvelles réunions de proximité interviendront au fil de l’année prochaine dans le cadre de nos réunions de délégations. Une rencontre avec les députés Geneviève Lévy et Jean-Louis Masson est également en cours de programmation. Il est tout à fait essentiel pour notre Fédération de conserver un lien étroit avec le législateur qui, rappelons-le, en plus de voter les lois, exerce également un contrôle de l’action gouvernementale. Qu’il me soit permis de remercier les députés varois qui jouent pleinement ce rôle notamment lors des questions orales au Gouvernement ou bien dans le cadre de questions écrites, moins spectaculaires mais tout aussi efficaces.

MARCHE DE LA RENOVATION ENERGETIQUE

En termes de perspectives, beaucoup d’espoirs sont fondés sur le marché de la rénovation énergétique des bâtiments qui est en train de se structurer, notamment autour des différentes plateformes portées par les collectivités. Pour le logement, il faut espérer que rien ne viendra casser la dynamique observée en 2016 et en 2017.

Concernant l’activité des Travaux Publics, la commande publique doit se ressaisir d’urgence pour retrouver des volumes conformes aux besoins et rattraper le retard de ces dernières années. Il est essentiel de mieux entretenir nos routes, nos réseaux et nos équipements et d’investir aussi pour en construire de nouveaux. C’est la priorité qui doit ressortir de la future Loi de mobilité prévue au 1er semestre 2018. Enfin, si les volumes sont de retour, les prix restent trop bas à cause d’une concurrence toujours forte et pas toujours très loyale. La carte BTP et le renforcement des contrôles ciblés pourront aider mais ne suffiront pas à rétablir rapidement un niveau de rentabilité acceptable pour les entreprises qui doivent gérer une trésorerie très tendue. J’en appelle à la responsabilité des maîtres d’ouvrages qui doivent se montrer raisonnables sur les niveaux de prix en chassant les OAB et surtout qui doivent payer dans les délais légaux. Ces derniers temps, un relâchement coupable de certains maîtres d’ouvrages et surtout de la part des finances publiques dans leur rôle de payeur ont mis plusieurs entreprises dans un embarras financier inadmissible. Des règlements sont intervenus après plusieurs mois au lieu des 30 jours légaux ! Je le dis clairement devant tout le monde, si de tels agissements devaient se reproduire et que nos interlocuteurs ne montrent alors pas suffisamment de considération sur les conséquences pour nos entreprises, je porterai personnellement ces dysfonctionnements sur la place publique par voie de presse et tant pis pour les dommages collatéraux. Il n’y a rien de plus intolérable que d’avoir fait un travail (souvent sous la pression) et de ne pas être payé que ce soit pour des problèmes techniques, financiers ou pire encore par négligence (...).

s’agissait de « Reconstruire la France », en sou­ Jean-Jacques CASTILLON, Président de la Fédération BTP 83 NDR : Les intertitres sont de la rédaction