26/07/2026

Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »

Le parlementaire varois Jean-Louis Masson était en visite au centre péni­ tentiaire de La Farlède pour se rendre compte des problématiques du milieu carcéral,…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 24 janvier 2018 Lecture : 6 min
Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »
Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »© La Gazette du Var
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Le gouvernement a annoncé deux réformes législatives importantes dès le 1er trimestre 2018. Tout d’abord, la réforme du code de procédure pénale qui sera présentée par la Ministre de la Justice. Ensuite, la mise en place de la « Police de Sécurité du Quotidien » dite PSQ qui sera présentée par le Ministre de l’Intérieur.

C’était l’objet de sa visite, le 11 janvier, au centre pénitentiaire de la Farlède pour laquelle il était accompagné de Raymond Abrines, maire de la Farlède. Jean-Louis Masson s’était fixé quatre objectifs prioritaires : les problèmes liés à la psychiatrie des détenus, les activités au sein de l’établissement, la qualité de la réinsertion professionnelle et les problématiques de radicalisation des détenus. PAS DE FOUILLES POUR LES FAMILLES DE DÉTENUS Comme l’a fait remarquer le parlementaire au directeur de la prison : « Je ne viens pas ici pour visiter les murs et connaître la couleur du papier peint.

Je suis ici pour des objectifs très précis et c’est pourquoi j’ai souhaité rencontrer le personnel de la direction de la prison ainsi que les représentants syndicaux. J’ai appris, par exemple, que les activités sportives n’existaient quasiment plus tout comme les activités de formation. Je souhaite également aborder la question de la surpopulation carcérale ».

Lors de son entretien avec la direction, c’est avec une certaine stupeur que le parlementaire a découvert que les familles des détenus ne sont pas fouillées lorsqu’elles pénètrent dans l’établissement lors de parloirs !

Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »
Description de la première image

Comme l’a fait remarquer le parlementaire au directeur de la prison : « Je ne viens pas ici pour visiter les murs et connaître la couleur du papier peint. Je suis ici pour des objectifs très précis et c’est pourquoi j’ai souhaité rencontrer le personnel de la direction de la prison ainsi que les représentants syndicaux. J’ai appris, par exemple, que les activités sportives n’existaient quasiment plus tout comme les activités de formation. Je souhaite également aborder la question de la surpopulation carcérale ».Lors de son entretien avec la direction, c’est avec une certaine stupeur que le parlementaire a découvert que les familles des détenus ne sont pas fouillées lorsqu’elles pénètrent dans l’établissement lors de parloirs ! « C’est inimaginable ! Nous sommes fouillés quand on entre dans un magasin ou dans un lieu public. Et, pour les prisons, la loi ne le permet pas. On autorise des agents privés dans les aéroports à procéder à des fouilles de bagages ainsi que dans les Fans Zones, comme le permet désormais la loi Sécurité Intérieure, mais la loi ne le permet pas à l’entrée des prisons ! Comment lutter efficacement contre les trafics qui pénètrent dans les prisons si on ne peut pas opérer de fouilles ? Visiblement, le droit a atteint ses limites. C’est assez surprenant » !

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Actuellement, la seule parade pour l’administration pénitentiaire est de faire appel, de temps à autres, aux gendarmes de La Farlède qui ont les moyens juridiques de procéder à des fouilles corporelles. Mais le plus grave, c’est que le parking de la prison est le lieu de trafic en tous genres voire de menaces de la part de racketteurs qui s’en prennent aux familles des détenus pour se faire virer de l’argent sur leur compte bancaire !Lors de ses échanges avec le personnel du centre pénitentiaire, Jean-Louis Masson, commissaire aux lois, a insisté : « Je veux savoir ce qui se passe dans les prisons. C’est pourquoi, je veux des réponses sur les questions du nombre de places dans les prisons, le contrôle des flux. Il y a des adaptations législatives à faire. Ma venue doit me permettre de mieux appréhender les aspects de la psychiatrie. Aujourd’hui, on préfère incarcérer les détenus psychotiques plutôt que de les enfermer dans des hôpitaux psychiatriques. Je veux en savoir plus sur la réalité des activités en détention puisque j’apprends qu’il y a moins d’activités qu’auparavant ! Le volet réinsertion m’intéresse également. Qu’est-ce qui favorise la réinsertion, quels sont les blocages ou les freins ? Ensuite, sur la radicalisation en prison, où en est-on exactement » ? « Ce qui m’intéresse, c’est la vérité ! Je veux pouvoir contribuer à l’élaboration des lois en m’appuyant sur des cas concrets », a-t-il lancé. Le parlementaire a promis de les faire remonter au Ministre de la Justice et de les utiliser pour enrichir le débat parlementaire. C’est pourquoi, il lui semblait important d’aller à la rencontre des personnels et des détenus.

Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »
Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »
Jean-Louis Masson, député : « Les 15 000 nouvelles places de prison deviennent urgentes »

« C’est inimaginable ! Nous sommes fouillés quand on entre dans un magasin ou dans un lieu public. Et, pour les prisons, la loi ne le permet pas.

On autorise des agents privés dans les aéroports à procéder à des fouilles de bagages ainsi que dans les Fans Zones, comme le permet désormais la loi Sécurité Intérieure, mais la loi ne le permet pas à l’entrée des prisons ! Comment lutter efficacement contre les trafics qui pénètrent dans les prisons si on ne peut pas opérer de fouilles ? Visiblement, le droit a atteint ses limites.

C’est assez surprenant !

» RACKET SUR LE PARKING DE LA PRISON Actuellement, la seule parade pour l’administration pénitentiaire est de faire appel, de temps à autres, aux gendarmes de La Farlède qui ont les moyens juridiques de procéder à des fouilles corporelles. Mais le plus grave, c’est que le parking de la prison est le lieu de trafic en tous genres voire de menaces de la part de racketteurs qui s’en prennent aux familles des détenus pour se faire virer de l’argent sur leur compte bancaire !

Lors de ses échanges avec le personnel du centre pénitentiaire, Jean-Louis Masson, commissaire aux lois, a insisté : « Je veux savoir ce qui se passe dans les prisons. C’est pourquoi, je veux des réponses sur les questions du nombre de places dans les prisons, le contrôle des flux. Il y a des adaptations législatives à faire.

Ma venue doit me permettre de mieux appréhender les aspects de la psychiatrie. Aujourd’hui, on préfère incarcérer les détenus psychotiques plutôt que de les enfermer dans des hôpitaux psychiatriques. Je veux en savoir plus sur la réalité des activités en détention puisque j’apprends qu’il y a moins d’activités qu’auparavant !

Le volet réinsertion m’intéresse également. Qu’est-ce qui favorise la réinsertion, quels sont les blocages ou les freins ? Ensuite, sur la radicalisation en prison, où en est-on exactement ?

» Le parlementaire a promis de les faire remonter au Ministre de la Justice et de les utiliser pour enrichir le débat parlementaire.

C’est pourquoi, il lui semblait important d’aller à la rencontre des personnels et des détenus. « Ce qui m’intéresse, c’est la vérité ! Je veux pouvoir contribuer à l’élaboration des lois en m’appuyant sur des cas concrets », a-t-il lancé.

ENORME SURPOPULATION CARCÉRALE Premier sujet : La surpopulation carcérale dont souffre la prison de La Farlède, comme partout ailleurs en France. On en connaît la cause ! FERMETURE DU TRIBUNAL DE TOULON La décision de François Hollande, mal inspiré par Christiane Taubira, de ne pas créer dès 2012, les 15 000 places programmées par Nicolas Sarkozy.

Résultat : 5 ans de perdus et une surpopulation carcérale qui ne fait que croître ! À La Farlède, on estime à 200 le nombre de détenus en surnombre, obligés de dormir à deux ou trois dans une cellule de 9 mètres carrés ! Ainsi, la prison compte 975 détenus pour 626 places, soit une occupation de 150% !

Cette surpopulation ne concerne que les deux maisons d’arrêt puisque pour le centre de détention, le taux d’occupation est de 100% avec 191 détenus. Pour les maisons d’arrêt, on compte 338 prévenus en attente de leur condamnation définitive et 380 personnes condamnées. Pourtant, la loi française est claire !

la prison doit être exceptionnelle et les autres mesures de privation de la liberté, la règle. Mais, actuellement, c’est l’inverse qui se produit et qui créée, faute de places, la surpopulation carcérale.

« Certes, il existe une volonté de l’actuel Gouvernement de créer 15 000 places, mais elles ne verront le jour, au mieux, qu’en 2028 voire 2030 ! On parle de nouvelles prisons au Muy et à Puget-sur-Argens. Mais, l’extension de la prison de La Farlède ne fait pas partie des priorités du Ministère de la Justice alors même que sur place, il existe un terrain pour ce nouveau bâtiment », constate, avec un certain dépit le parlementaire !

L’administration pénitentiaire constate une certaine fermeté de la part du Tribunal de Grande Instance de Toulon. De fait, les juges ont rarement recours aux peines alternatives comme le bracelet électronique qui permettrait de désengorger la prison varoise.

Le parlementaire craint que « la construction des 15 000 nouvelles places ne permettent pas de régler la question de la surpopulation carcérale. La création de 380 postes au sein de l’administration servira à la création des pelotons régionaux de transfèrement qui, à partir de 2019, viendront remplacer les gendarmes dans le transfert des détenus. À La Farlède, le peloton doit compter 38 personnels dédiés à temps complet à ces tâches !

» 500 DÉTENUS PSYCHOTIQUES PAR AN La Farlède compte un grand nombre de détenus psychotiques. Le jour, ils sont pris en charge par une unité médicale et un médecin psychiatre. À partir de 17 heures, la permanence des soins est assurée par SOS Médecins ou le SAMU.

Jean-Louis Masson a découvert que la prison enregistrait 1 000 écrous par an. Sur ce total, 50% sont des détenus psychotiques à l’origine de bouffées délirantes ou hallucinatoires, avec des réactions imprévisibles.

Lors de leur séjour en prison, les détenus bénéficient d’un atelier par semaine, en fonction de leur profil. Pour les cas les plus graves, une hospitalisation à Pierrefeu-du-Var est réclamée. Pour faire face à ces situations, les agents ne doivent compter que sur eux-mêmes car la formation initiale acquise à l’école des agents pénitentiaire semble insuffisante.

La prison fonctionne également avec le tissu associatif local et les autorités sanitaires (hôpital Sainte-Musse). Actuellement, l’administration pénitentiaire procède à la création d’unité médicale au sein des établissements. C’est le cas, notamment, à Marseille.

place de la « Police de Sécurité du Quotidien » visiter les murs et connaître la couleur du papier peint. Je suis ici pour des objectifs très précis et c’est pourquoi j’ai souhaité rencontrer le person­ nel de la direction de la prison ainsi que les re­ présentants syndicaux. J’ai appris, par exemple, que les activités sportives n’existaient quasiment plus tout comme les activités de formation. Je souhaite également aborder la question de la surpopulation carcérale ». « C’est inimaginable ! Nous sommes fouillés quand on entre dans un magasin ou dans un lieu public. Et, pour les prisons, la loi ne le per­ met pas. On autorise des agents privés dans les aéroports à procéder à des fouilles de bagages ainsi que dans les Fans Zones, comme le per­ met désormais la loi Sécurité Intérieure, mais la loi ne le permet pas à l’entrée des prisons ! Comment lutter efficacement contre les trafics qui pénètrent dans les prisons si on ne peut pas opérer de fouilles ? Visiblement, le droit a atteint ses limites. C’est assez surprenant » ! qui se passe dans les prisons. C’est pourquoi, je veux des réponses sur les questions du nombre de places dans les prisons, le contrôle des flux. Il y a des adaptations législatives à faire. Ma ve­ nue doit me permettre de mieux appréhender les aspects de la psychiatrie. Aujourd’hui, on préfère incarcérer les détenus psychotiques plutôt que de les enfermer dans des hôpitaux psychia­ triques. Je veux en savoir plus sur la réalité des activités en détention puisque j’apprends qu’il y a moins d’activités qu’auparavant ! Le volet ré­ insertion m’intéresse également. Qu’est-ce qui favorise la réinsertion, quels sont les blocages ou les freins ? Ensuite, sur la radicalisation en prison, où en est-on exactement » ? « Ce qui m’intéresse, c’est la vérité ! Je veux pouvoir contribuer à l’élaboration des lois en m’appuyant sur des cas concrets », a-t-il lancé. « Certes, il existe une volonté de l’ac­ tuel Gouvernement de créer 15 000 places, mais elles ne verront le jour, Mais, l’extension de la prison de La Farlède ne fait pas partie des priorités du Ministère de la Justice alors même que sur place, il existe un terrain pour ce nouveau bâtiment », constate, des 15 000 nouvelles places ne permettent pas de régler la question de la surpopulation carcérale. La création de 380 postes au sein de l’administration servira à la création des pelo­ tons régionaux de transfèrement qui, à partir de 2019, viendront remplacer les gendarmes dans le transfert des détenus. À La Farlède, le peloton doit compter 38 personnels dédiés à temps com­ plet à ces tâches » ! Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR ser un détenu est une chose impossible car il est impossible de déradicaliser une idéo­ logie qui n’a rien à voir avec la religion ».