Christine Leuthy-Molina : « Le geste de tri est un levier très important pour lutter contre…
La directrice régionale sud-est de CITEO répond aux questions de La Gazette du Var.

DEFICIT DE CAPACITES DE STOCKAGE
Malgré ces bons résultats, le Var affichera, d’ici quelques mois, un déficit de ses capacités de stockage. Aujourd’hui, l’Unité de Valorisation Énergétique de Toulon, modernisée en 2016, fonctionne à sa capacité maximale, avec 285 000 tonnes de déchets traités annuellement. L’installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) de Ginasservis est fermée pour mise en conformité depuis mars 2017, sans date de réouverture connue à ce jour. L’ISDND de Bagnols-en-Forêt est quant à elle fermée depuis 2011. En raison de ces fermetures, l’ISDND du Cannet-des-Maures arrivera à saturation fin 2018. Enfin, l’ISDND de Pierrefeu-du-Var, dont l’autorisation d’exploiter s’achève fin novembre 2019, sera saturée dès le printemps 2019. À cette date, le Var ne disposera donc plus de capacités de stockage ni de solution de recours en cas de défaillance (arrêt technique de l’UVE ou événements climatiques exceptionnels). Des projets de stockage ont été déposés, ou annoncés : la création de nouveaux casiers sur les sites en activité au Cannet-des-Maures, et à Pierrefeu-du-Var. Un redémarrage immédiat serait possible en 2018 pour l’un et en 2019 pour l’autre.
Les objectifs de la Loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015 : réduire de 10 % les déchets ménagers (2020). réduire de 30% les déchets admis en stockage en 2020 et de 50% en 2025. porter à 65 % les tonnages orientés vers le recyclage ou la valorisation organique (2025). recycler 70% des déchets du BTP (2020) limiter le transport de déchets en quantité et en volume.
Comment se positionne la région PACA, et particulièrement le Var, en matière de tri sélectif ?

Pour le tri des emballages et des papiers, selon nos chiffres consolidés de 2016, la région PACA se situe à 33,4 kg/hab/an d’emballages ménagers recyclés, ce qui lui laisse une marge de progression face à la moyenne nationale qui est à 47,6 kg. Le Var se rapproche de la moyenne nationale, avec 43,6 kg/hab/an. Il faut savoir qu’un habitant varois produit en moyenne 560 kg d’ordures ménagères par an, alors que la moyenne française se situe à 360 kg. Cette différence est d’abord due au fort impact touristique du département. La PACA, sur ces trois dernières années, affiche, tout de même, une augmentation de 7% de la collecte sélective, avec notamment une belle amélioration sur le tri du verre. C’est extrêmement important car le verre coûte très cher dans la collecte des ordures ménagères, est totalement recyclable et crée de l’emploi. Le Var a augmenté de près de 5% sa collecte sélective. Autour du SITTOMAT, dans l’agglomération toulonnaise, un plan de relance soutenu par CITEO a été mis en place de 2015 à 2017, ce qui a permis d’améliorer de 8% le tonnage de verre. C’est d’autant moins de verre dans les ordures ménagères et d’autant moins à enfouir. Pour cela, le SITTOMAT a maillé le territoire de 230 conteneurs à verre supplémentaires, dispositif couplé à un plan de communication pour donner du sens au geste de tri. La Communauté d’agglomération de Draguignan (CAD) a déployé 355 nouveaux conteneurs à la fois sur le verre et sur les emballages. Résultats : + de 10% de collecte sélective, et jusqu’à - 11% d’ordures ménagères.
Un des vrais leviers pour gérer une crise des ordures ménagères est de faire trier les habitants. Et pour cela, il faut leur faciliter le geste : multiplier les conteneurs, mieux les identifier. Autre levier : étendre les consignes de tri à tous les plastiques. D’ici 2022, tous les Français devront trier tous les emballages plastiques. C’est, déjà, le cas pour la moitié des Varois, grâce à la modernisation du centre du tri du Muy. Nous nous attaquons avec les collectivités à l’amélioration du centre de tri de l’agglomération toulonnaise, pour que l’autre moitié de la population varoise puisse avoir accès à ce geste de tri simplifié. C’est un moyen pour mieux lutter contre l’enfouissement et pour mieux gérer les ordures ménagères.
La prise de conscience est, en effet, de plus en plus forte. Quand on crée le réflexe du tri des plastiques, cela entraîne d’autres réflexes. Et c’est un cercle vertueux, car, chez CITEO, plus les habitants trient, plus nous aidons les collectivités pour qu’elles investissent, qu’elles achètent des colonnes de tri, fassent des plans de communication, etc. Le petit geste de tri systématique, qui prend trois secondes, a un impact fort pour la préservation de notre environnement. •
Comment améliorer encore cette dynamique ?
Un des vrais leviers pour gérer une crise des ordures ménagères est de faire trier les habitants. Et pour cela, il faut leur faciliter le geste : multiplier les conteneurs, mieux les identifier. Autre levier : étendre les consignes de tri à tous les plastiques. D’ici 2022, tous les Français devront trier tous les emballages plastiques. C’est, déjà, le cas pour la moitié des Varois, grâce à la modernisation du centre du tri du Muy. Nous nous attaquons avec les collectivités à l’amélioration du centre de tri de l’agglomération toulonnaise, pour que l’autre moitié de la population varoise puisse avoir accès à ce geste de tri simplifié. C’est un moyen pour mieux lutter contre l’enfouissement et pour mieux gérer les ordures ménagères.
Avez-vous le sentiment d’une prise de conscience de la part des habitants sur l’importance du tri ?
La prise de conscience est, en effet, de plus en plus forte. Quand on crée le réflexe du tri des plastiques, cela entraîne d’autres réflexes. Et c’est un cercle vertueux, car, chez CITEO, plus les habitants trient, plus nous aidons les collectivités pour qu’elles investissent, qu’elles achètent des colonnes de tri, fassent des plans de communication, etc. Le petit geste de tri systématique, qui prend trois secondes, a un impact fort pour la préservation de notre environnement.