Entre colère et inquiétude, les élus varois appellent le préfet à la raison
La gestion des ordures ménagères est le premier poste de dépense des col lectivités, avec des coûts en constante augmentation, ces dernières années. Pas…

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buable varois. Au fil des années, le volume des déchets a augmenté et les réglementations se sont intensifiées. La mise aux normes des décharges et des incinérateurs, le développement des collectes sélectives et du réseau des déchetteries ont induit une progression de la fiscalité locale. Pour bon nombre d’élus varois, l’exportation des déchets, défendue par le préfet, ne ferait qu’alourdir cette facture. Ils s’en expliquent.

1 JEAN-LOUIS MASSON, DÉPUTÉ LR DU VAR :
« Une solution non conforme » Dans un courrier adressé au président du Conseil régional, Renaud Muselier, le député du Var estime que parce que « la solution d’enfouir les déchets sur d’autres départements serait non conforme aux règles de proximité et engendrerait, automatiquement, des surcoûts significatifs pour les citoyens ».

2 ÉMILIE GUÉREL, DÉPUTÉE LREM DU VAR :
« Une solution viable peut être trouvée » « La gestion et le traitement des déchets sont devenus ces dernières années une réelle problématique varoise. La production de déchets dans le département ne cesse d’augmenter et a atteint, cette année, plus de 600 000 tonnes. Les installations de stockage, en particulier celle du Balançan, arrivent aujourd’hui à saturation. Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à la mise en œuvre d’un nouveau modèle, raisonné et durable, pour les 98 communes concernées. Je suis certaine qu’une solution viable peut être trouvée, mais un temps de concertation entre les différents acteurs concernés est absolument indispensable. Les craintes de Pizzorno doivent être écoutées et entendues. Si des emplois sont menacés, alors il faudra s’assurer qu’aucun salarié ne sera laissé pour compte. J’appelle donc à un temps d’échange et de dialogue apaisé entre Pizzorno, la municipalité du Cannet-des-Maures ainsi que la préfecture du Var, afin que soit trouvé un modèle durable pour tous, dans le cadre d’une concertation privilégiée ».

3 PHILIPPE VITEL :
« Un surcoût de 120 à 280 € par famille » Philippe Vitel, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, la solution de l’exportation « générera un surcoût compris entre 30 et 70 millions d’€, et l’élimination à la valorisation multi-filières, la gestion des déchets pèse de plus en plus lourd sur le budget des collectivités, et par ricochet, sur celui du contribuable varois (soit un surcoût de 120 à 280 € par famille de 4 personnes) ». L’ancien député du Var ne cache pas son étonnement : « Si nous pouvons nous féliciter de la prise de conscience de tous, de l’urgence de mettre en place, le plus rapidement possible, des centres multi-fillières de valorisation et, en parallèle, de développer de nouvelles capacités et sites de stockage dans le Var, je pose, toutefois, une réserve sur le calendrier prévu qui semble à tous plus qu’optimiste ! Nous pensons, en effet, que les premières réalisations ne peuvent voir le jour au plus tôt que dans quatre ans, soit en 2022, et que la totalité de programmation ne pourra être réalisée que dans un délai d’environ 6 à 7 ans, soit en 2024- 2025. Ce qui n’est pas acceptable et même à mon sens irresponsable, est de vouloir exporter durant cette période très loin nos déchets ». Au-delà du coût, l’élu régional souligne volontiers le caractère polluant de l’exportation. « Cette solution est une insulte vis-à-vis de l’environnement et du changement climatique », poursuit régional et du Schéma régional climat Air Énergie qui visent à réduire le transport routier à l’origine des gaz à effet de serre et polluants. Ce sont, en effet, 12 000 camions par an générant au moins 5 000 tonnes de CO2 supplémentaires qui amèneront 300 000 tonnes de déchets à une distance comprise entre 200 et 450 km, puisque les sites d’accueil possibles sont Bellegarde, Lyon et Toulouse » !

4 FRANÇOIS DE CANSON :
« Des dizaines d’emplois sacrifiés » François de Canson, maire de La Londe-les-Maures et président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, pointe la position paradoxale de l’État sur la question. « Nous sommes face à un gouvernement qui entend diminuer la pression fiscale. Très bien ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parfait ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend sécuriser nos routes. Assurément ! Et, étonnamment, l’administration décentralisée de l’État nous propose, pour répondre au déficit de site susceptible d’accueillir nos déchets, de les exporter à plus de 400 kilomètres de là... ce qui engendrerait 160 millions d’euros de taxe supplémentaire pour les Varois, la production de 5 000 tonnes de CO2 supplémentaires, des dizaines d’emplois sacrifiés, et 20 000 camions de plus sur nos routes... Il y a urgence à ce que l’État révise sa position, si nous ne voulons pas, qu’une fois de plus, les contribuables varois soient pris en otage » !
time que parce que « la solution d’enfouir les déchets sur d’autres départements serait non conforme aux règles de proximité et engendre rait, automatiquement, des surcoûts significatifs pour les citoyens ». • « La gestion et le traitement des déchets sont devenus ces dernières années une réelle pro blématique varoise. La production de déchets dans le département ne cesse d’augmenter et a attaint, cette année, plus de 600 000 tonnes. Les installations de stockage, en particulier celle du Balançan, arrivent aujourd’hui à saturation. Il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à la mise en œuvre d’un nouveau modèle, raisonné et durable, pour les 98 communes concernées. Je suis certaine qu’une solution viable peut être trouvée, mais un temps de concertation entre les différents acteurs concernés est absolument indispensable. Les craintes de Pizzorno doivent être écoutées et entendues. Si des emplois sont menacés, alors il faudra s’assurer qu’aucun sa larié ne sera laissé pour compte. J’appelle donc à un temps d’échange et de dia logue apaisé entre Pizzorno, la municipalité du Cannet-des-Maures ainsi que la préfecture du Var, afin que soit trouvé un modèle durable pour tous, dans le cadre d’une concertation privilé giée ». un surcoût compris entre 30 et 70 millions d’€, féliciter de la prise de conscience de tous, de l’urgence de mettre en place, le plus rapidement possible, des centres multi-fillières de valorisa tion et, en parallèle, de développer de nouvelles capacités et sites de stockage dans le Var, je pose, toutefois, une réserve sur le calendrier pré vu qui semble à tous plus qu’optimiste ! Nous pensons, en effet, que les premières réa lisations ne peuvent voir le jour au plus tôt que dans quatre ans, soit en 2022, et que la totalité de programmation ne pourra être réalisée que dans un délai d’environ 6 à 7 ans, soit en 2024- 2025. Ce qui n’est pas acceptable et même à mon sens irresponsable, est de vouloir exporter durant cette période très loin nos déchets ». lution est une insulte vis-à-vis de l’environne ment et du changement climatique », poursuit régional et du Schéma régional climat Air Énergie qui visent à réduire le transport routier à l’origine des gaz à effet de serre et polluants. Ce sont, en effet, 12 000 camions par an géné rant au moins 5 000 tonnes de CO2 supplémen taires qui amèneront 300 000 tonnes de déchets à une distance comprise entre 200 et 450 km, puisque les sites d’accueil possibles sont Belle garde, Lyon et Toulouse » ! • « Nous sommes face à un gouvernement qui entend diminuer la pression fiscale. Très bien ! Nous sommes face à un gouvernement qui entend réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parfait ! Nous sommes face à un gou qui entend sécuriser nos routes. Assurément ! Et, étonnamment, l’administration décentralisée de l’État nous propose, pour répondre au déficit de site susceptible d’accueillir nos déchets, de les exporter à plus de 400 kilomètres de là... ce qui engendrerait 160 millions d’euros de taxe supplémentaire pour les Varois, la production de 5 000 tonnes de CO2 supplémentaires, des di zaines d’emplois sacrifiés, et 20 000 camions de plus sur nos routes... Il y a urgence à ce que l’État révise sa position, si nous ne voulons pas, qu’une fois de plus, les contribuables varois soient pris en otage » ! •