Olivier Audibert-Troin : « Fermer le Balançan serait un non-sens environnemental »
Le Président de la Communauté d’Agglomération Dracénoise répond aux questions de La Gazette du Var.


Le 20 décembre, le préfet du Var a organisé une réunion d’information destinée aux élus concernant la situation des ordures ménagères dans le Var. D’abord que cette affaire ne concerne pas que le Var, puisque le nouveau schéma régional des déchets, présenté par la Région, divise celle-ci en bassins. L’Est du département du Var est rattaché à l’Ouest des Alpes-Maritimes.
Qu’en avez-vous retenu ?

Concrètement, qu’est-ce que ça change ?

Beaucoup de choses ! Et, tout est lié avec une éventuelle fermeture du site d’enfouissement du Balançan, puisque dans ce cas, bon nombre de communes du Var seraient obligées d’exporter leurs déchets ultimes bien loin du Var avec à la clef une explosion du coût du transport comme l’ont confirmé les services de la DREAL en séance (sans même parler de la contradiction majeure que le trafic routier induit aurait avec les objectifs de la transition énergétique au niveau national), alors que dans le même temps les communes de l’Ouest des Alpes-Maritimes seraient autorisées à venir enfouir leurs déchets ultimes dans le Var ! Dans ce cas, nous serions face à une vraie injustice qui tendrait à pénaliser les communes varoises face à celles des Alpes-Maritimes. Je rappelle qu’à partir de cette année nos dépenses de fonctionnement ne doivent pas évoluer de plus de 1,2% sauf à encourir des pénalités financières par l’État. Inutile de dire qu’avec l’exportation de nos déchets à des centaines de kilomètres, cette maîtrise de nos dépenses de fonctionnement est absolument impossible. Ce serait, donc, la double peine pour des collectivités qui, contrairement aux dires des services de l’État, ont énormément progressé, et de façon vertueuse, dans la gestion de leurs déchets. Grâce à leurs investissements extrêmement lourds, les collectivités flirtent ou ont dépassé les 40% de déchets valorisés, ce qui a très nettement diminué les tonnages enfouis.
Il y a donc déjà eu des efforts des collectivités ?

Mais bien sûr ! Et, les éco-organismes (CITEO...) sont là pour en témoigner ! Prenez l’exemple de la CAD. Nous avons maillé notre territoire d’une dizaine de déchetteries. 5 supplémentaires vont être construites d’ici à 2020. Nous avons installé plus de 200 Points d’Apport Volontaire (PAV) supplémentaires. C’est un effort sans précédent. Toutes les collectivités sont dans ce même effort financier.

Alors, selon vous, que faut-il faire ?
Par rapport à la dernière demande d’exploitation du Balançan il y a une dizaine d’année, les choses ont beaucoup évolué. À cette époque-là, les solutions alternatives n’existaient pas. Depuis lors, et c’est là que les choses ont changé, de gros investissements ont été lancés, de lourds dossiers et demandes d’exploitation sont, aujourd’hui, instruits par les services de l’État avec des délais extrêmement longs auxquels les élus sont confrontés et ne peuvent rien faire. Mais les solutions sont avancées et en passe d’être réalisées. Il faut bien comprendre que ces dossiers sont très longs de par les procédures administratives imposées et par les financements très lourds (plusieurs dizaines de millions d’euros). L’État doit tenir compte de la volonté des élus, des performances déjà réalisées en termes de valorisation et de bonnes pratiques. L’État, qui impose des réductions drastiques des dépenses des collectivités, ne peut ignorer les difficultés de financement que celles-ci rencontrent. Il faut, à mon sens, que les services de l’État aident les collectivités à voir aboutir les projets actuels, les encouragent. À mon avis donc, si la fermeture du site de Balançan devait se faire, il est impératif , au vu des arguments exposés ci-dessus, que celle-ci ne puisse intervenir qu’une fois l’ensemble des dossiers en cours soit réalisés et exploitables. C’est l’affaire de 3 à 5 ans maximum. Fermer le Balançan, aujourd’hui, alors que bon nombre de solutions alternatives sont sur le point de voir le jour, serait une vraie injustice pour nombre de communes varoises et un non sens environnemental en faisant circuler des centaines de camions quotidiennement sur nos routes déjà surchargées.

PATRICK MARTINELLI
Il y a urgence...
Patrick Martinelli, maire de Pierrefeu-du-Var et vice-président de la Communauté de communes Méditerranée Portes des Maures, s’exprime clairement : « Il y a urgence ». Il rappelle : « Les deux centres principaux de stockage des déchets du Var arrivent à saturation prochainement : au dernier semestre 2018 pour le Balançan, situé au Cannet-des-Maures et au premier semestre 2019, pour Roumagayrol, situé à Pierrefeu-du-Var. Concernant le centre d’enfouissement de Roumagayrol, le 6 décembre 2016, le conseil municipal a autorisé une extension du site sous deux conditions : la réalisation du contournement Nord de la commune et la création d’une usine de tri-valorisation avant enfouissement. Dans les prochains mois, la Cour Administrative d’Appel devrait rendre son arrêt sur la réalisation de la voie de circulation qui conditionnera la suite ou la fin du projet. La question des déchets dans le Var est suspendue à l’avenir de certains sites et aux projets en cours, et il semble plus probable qu’à court terme nous nous voyons contraints à exporter nos déchets à plus de 400 kilomètres. Je vous laisse imaginer le coût. De plus, n’est-ce pas là un véritable enjeu environnemental que d’éviter tout ce trafic routier ? Il y a urgence, ne faudrait-il pas envisager d’autres solutions comme la poursuite temporaire de l’exploitation du Balançan...» ?
YANNICK SIMON
Faisons perdurer les installations existantes
Yannick Simon, maire de Cabasse, loue les bonnes performances des installations locales. « Il serait plus judicieux de suivre les préconisations du plan départemental et de faire perdurer les installations existantes. Ceci afin de permettre l’émergence de projets de valorisation multi-filières qui certes, ont pris du retard, mais qui ont l’avantage de développer l’économie locale et de ne pas impacter le bilan carbone dû au transport », argumente-t-il. « Ma commune a, par exemple, la chance d’avoir un centre de traitement des déchets verts performant en adéquation avec la principale activité, la viticulture notamment ».
ROBERT MICHEL
L’exportation n’est pas recevable
L’exportation des déchets, Robert Michel, maire de Pignans, ne veut pas en entendre parler. « Ça ne nous semble pas recevable », assure-t-il. « Cela va entraîner 160 millions d’euros de transport directement imputables aux Varois, une dépense qui va à l’inverse du combat que livrent quotidiennement les élus locaux pour ne pas augmenter la fiscalité des administrés, dans un contexte politique décidé à réduire drastiquement les dotations aux collectivités. En outre, ces 160 millions d’€ ne pourront pas être consacrés au développement de nouvelles solutions de traitement et de valorisation des déchets ».
ANDRÉ GUIOL
Je suis contre l’exportation des déchets
André Guiol, président du SIVED NG (Syndicat intercommunal varois d’élimination des déchets) préconise le maintien du Balançan sur une période de trois à cinq ans. « Je suis contre l’exportation des déchets, pour des raisons économiques et écologiques. Il serait préférable d’accepter le projet d’intérêt général pour le cinquième casier d’enfouissement des déchets sur le site du Balançan, sur une courte période, le temps de construire le projet industriel TechnoVar, qui permettrait d’enfouir seulement 20% des déchets du territoire tout en produisant de l’énergie ».
« Les deux centres principaux de stockage des déchets du Var arrivent à saturation prochaine ment : au dernier semestre 2018 pour le Balan çan, situé au Cannet-des-Maures et au premier semestre 2019, pour Roumagayrol, situé à Pier refeu-du-Var. Concernant le centre d’enfouis sement de Roumagayrol, le 6 décembre 2016, le conseil municipal a autorisé une extension du site sous deux conditions : la réalisation du contournement Nord de la commune et la créa tion d’une usine de tri-valorisation avant en fouissement. Dans les prochains mois, la Cour Administrative d’Appel devrait rendre son arrêt sur la réalisation de la voie de circulation qui conditionnera la suite ou la fin du projet. La question des déchets dans le Var est suspen due à l’avenir de certains sites et aux projets en cours, et il semble plus probable qu’à court terme nous nous voyons contraints à exporter nos déchets à plus de 400 kilomètres. Je vous laisse imaginer le coût. De plus, n’est-ce pas là un véritable enjeu environnemental que d’éviter tout ce trafic routier ? Il y a urgence, ne faudrait-il pas envisager d’autres solutions comme la poursuite tempo raire de l’exploitation du Balançan...» ? • « Il serait plus judicieux de suivre les préconi sations du plan départemental et de faire per durer les installations existantes. Ceci afin de permettre l’émergence de projets de valorisation multi-filières qui certes, ont pris du retard, mais qui ont l’avantage de développer l’économie lo cale et de ne pas impacter le bilan carbone dû a, par exemple, la chance d’avoir un centre de traitement des déchets verts performant en adé quation avec la principale activité, la viticulture notamment ». • « Ça ne nous semble pas recevable », assure- t-il. « Cela va entraîner 160 millions d’euros de transport directement imputables aux Varois, une dépense qui va à l’inverse du combat que livrent quotidiennement les élus locaux pour ne pas augmenter la fiscalité des administrés, dans un contexte politique décidé à réduire drastique ment les dotations aux collectivités. En outre, ces 160 millions d’€ ne pourront pas être consacrés au développement de nouvelles solutions de trai tement et de valorisation des déchets ». • l’exportation des déchets, pour des raisons éco nomiques et écologiques. Il serait préférable d’accepter le projet d’intérêt général pour le cinquième casier d’enfouissement des déchets sur le site du Balançan, sur une courte période, le temps de construire le projet industriel Tech noVar, qui permettrait d’enfouir seulement 20% des déchets du territoire tout en produisant de l’énergie ». •