Jean-Louis Masson, député : «Les mêmes contraintes pour les producteurs français et étrangers»
La SICA marché aux fleurs tenait son assemblée générale, le 26 janvier, à Hyères. À cette occasion, Jean-Louis Masson, député du Var (LR), a défen du…

Aujourd’hui, la SICA MAF est le premier lieu de mise en marché de fleurs coupées en France, le 4ème Européen, ainsi qu’une plaque tournante pour le Sud de la France et de l’Europe. Un peu plus de 400 producteurs confient la commercialisation de leurs produits à la SICA MAF. Implantée au cœur de la zone de production, 80% du chiffre d’affaires est fourni par des exploitations implantées dans un rayon de 25 km. 300 acheteurs, grossistes, expéditeurs et fleuristes viennent s’y approvisionner cinq jours par semaine et distribuent sur l’ensemble du territoire les quelque 100 millions de tiges commercialisées par an. Lors de l’assemblée générale, le député Jean-Louis Masson a souhaité répondre à l’intervention de Benoît Ganem, président de Val’Hor, qui se félicitait de la politique agricole développée par le président Emmanuel Macron, lors de ses vœux aux agriculteurs, prononcés, à Clermont-Ferrand. Une satisfaction que ne partage pas du tout le député de la 3ème circonscription du Var. En effet, sur la question de la fleur coupée, primordiale pour la Métropole TPM, le parlementaire varois a posé une question écrite, le 26 décembre 2017, à Stéphane Travert, le ministre de l’agriculture.
GRAVES DEFAUTS DE CONCURRENCE

Dans cette question, le député a attiré l’attention du ministre de l’agriculture et de l’alimentation « sur les graves défauts de concurrence auxquels doit faire face la filière horticole française. En effet, celle-ci est confrontée à de sérieuses distorsions de concurrence de certains pays, essentiellement asia-fiscales et environnementales propres à l’Union européenne, inondent le marché occidental de produits très bon marché ». Il ajoutait à l’attention de Stéphane Travert : « Les professionnels de la filière horticole française demande que les fleurs étrangères qui entrent en France soient produites avec des contraintes phytosanitaires identiques aux leurs et qu’elles ne contiennent pas de résidus de produits interdits. C’est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui préciser s’il entend prendre des mesures de nature à imposer aux importateurs étrangers les mêmes contraintes phytosanitaires que les produits français ».

J’ai souhaité rappeler que les règles qui sont imposées aux producteurs français en ce qui concerne, notamment, les normes phytosanitaires, ne sont pas imposées aux produits qui viennent de l’étranger. Je comprends qu’il existe des règles sanitaires pour des questions de protection de l’environnement et de santé publique. Mais, je réclame que ces normes soient également appliquées par les producteurs étrangers. Or, on laisse entrer dans notre pays des produits d’importation qui ne respectent pas les règles phytosanitaires imposées aux producteurs français. Je demande donc que ces produits venant de l’étranger soient taxés à leur entrée en France ou interdits s’ils ne respectent pas les normes françaises.
JEAN-LOUIS MASSON DEFEND LA FILIERE HORTICOLE
Lors de l’assemblée générale de la SICA Marché aux Fleurs, Jean-Louis Masson est monté, une nouvelle fois, au créneau pour défendre la filière horticole, prenant, lors de son intervention, le contre-pied de la position du président de Val’Hor.
REPONSE AU PRESIDENT MACRON
Autre point sur lequel le député du Var a souhaité répondre : la position du président Macron qui demande aux agriculteurs de se prendre en main.
Mais que croyez-vous qu’ils fassent depuis des années ! Ils n’ont pas attendu Emmanuel Macron pour se prendre en charge et pour régler leurs problèmes. La question est de mettre en place une règle européenne qui soit appliquée de manière uniforme par tous les pays de l’Union. Il ne s’agit pas de savoir si les agriculteurs se prennent en main, puisqu’ils le font déjà, mais de mettre le même niveau de contraintes administratives dans tous les pays européens.
Une intervention qui a suscité un tonnerre d’applaudissement de la part des participants à l’assemblée générale parmi lesquels nous avons reconnu Jean-Pierre Giran, maire de Hyères, Christian Simon, maire de La Crau, conseiller régional, Alain Baccino, président de la Chambre Départementale Véga, adjoint au maire de la ville du Pradet, président de PHILAFLOR et Max Bauer, président de la Coordination Rurale Var et PACA.
EXTREME SCEPTICISME DE LA CR
Ainsi, Max Bauer a accueilli « avec un extrême scepticisme le discours des vœux d’Emmanuel Macron aux agriculteurs prononcé hier à Saint-Genès-Champanelle ».
Participant à l’assemblée générale de la SICA – Marché aux Fleurs, il a rappelé : « L’affichage d’objectifs partagés et attendus par les agriculteurs s’y télescope avec des incohérences quant aux moyens de les atteindre. La Coordination Rurale s’interroge sur les intentions réelles du président de la République pour sauver l’agriculture française au sein de l’Union européenne. La CR a apprécié la référence répétée à l’un de ses chevaux de bataille, à savoir la souveraineté alimentaire, notamment par le biais d’un plan protéines. Hélas, cet appel concerne seulement l’agriculture française alors que ce problème est européen et ne peut être solutionné que par une Politique agricole commune (PAC) réformée en profondeur et protectrice des importations de soja ». Max Bauer s’est interrogé : « Quelle cohérence entre une politique agricole forte et protectrice et les objectifs d’exportation qui supposent de s’aligner sur les prix des cours mondiaux ? Quelle cohérence entre la volonté de promouvoir la montée en gamme des standards de viande française (soit dit en passant déjà très élevés) et la signature d’accords de libre-échange (JEFTA, MERCOSUR, CETA) autorisant l’importation de viandes ne respectant pas nos normes de production, sans exigence d’une moindre clause de réciprocité » ?
les graves défauts de concurrence auxquels doit faire face la filière horticole française. En effet, celle- ci est confrontée à de sérieuses distorsions de concurrence de cer tains pays, essentiellement asia fiscales et environnementales propres à l’Union européenne, inondent le marché occidental de produits très bon marché ». professionnels de la filière horticole française demande que les fleurs étrangères qui entrent en France soient produites avec des contraintes phytosanitaires identiques aux leurs et qu’elles ne contiennent pas de résidus de produits inter dits. C’est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui préciser s’il entend prendre des mesures de nature à imposer aux importateurs étrangers les mêmes contraintes phytosanitaires que les pro duits français ». « J’ai souhaité rappeler que les règles qui sont imposées aux producteurs français en ce qui concerne, notamment, les normes phytosani taires, ne sont pas imposées aux produits qui viennent de l’étranger. Je comprends qu’il existe des règles sanitaires pour des questions de pro tection de l’environnement et de santé publique. Mais, je réclame que ces normes soient égale ment appliquées par les producteurs étrangers. Or, on laisse entrer dans notre pays des produits d’importation qui ne respectent pas les règles phytosanitaires imposées aux producteurs fran çais. Je demande donc que ces produits venant de l’étranger soient taxés à leur entrée en France ou interdits s’ils ne respectent pas les normes françaises ». main : « Mais que croyez-vous qu’ils fassent depuis des années ! Ils n’ont pas attendu Em manuel Macron pour se prendre en charge et pour régler leurs problèmes. La question est de mettre en place une règle européenne qui soit appliquée de manière uniforme par tous les pays de l’Union. Il ne s’agit pas de savoir si les agricul teurs se prennent en main, puisqu’ils le font déjà, mais de mettre le même niveau de contraintes administratives dans tous les pays européens ». scepticisme le discours des vœux d’Emma nuel Macron aux agriculteurs prononcé hier à Saint-Genès-Champanelle » . d’objectifs partagés et attendus par les agricul teurs s’y télescope avec des incohérences quant aux moyens de les atteindre. La Coordination Ru rale s’interroge sur les intentions réelles du pré sident de la République pour sauver l’agriculture française au sein de l’Union européenne. La CR a apprécié la référence répétée à l’un de ses chevaux de bataille, à savoir la souveraineté alimentaire, notamment par le biais d’un plan protéines. Hélas, cet appel concerne seulement l’agriculture française alors que ce problème est européen et ne peut être solutionné que par une Politique agricole commune (PAC) réformée en profondeur et protectrice des importations de entre une politique agricole forte et protectrice et les objectifs d’exportation qui supposent de s’aligner sur les prix des cours mondiaux ? Quelle cohérence entre la volonté de promouvoir la montée en gamme des standards de viande française (soit dit en passant déjà très élevés) et la signature d’accords de libre-échange (JEFTA, MERCOSUR, CETA) autorisant l’importation de viandes ne respectant pas nos normes de pro duction, sans exigence d’une moindre clause de réciprocité » ? • Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR