Arguments sélectifs ou amnésie collective ?
Depuis bientôt trois mois, la Gazette du Var enquête sur le traitement des déchets dans le département afin d’éclairer ses lecteurs sur ce dossier qui les…

Lors de la réunion organisée à Draguignan, à l'initiative du président des maires du Var, une grande majorité des élus s'était prononcée en faveur d'une prolongation de l'autorisation d'exploitation du Balançan pour une durée limitée de 5 ans, afin de permettre l'émergence de solutions alternatives et de ne pas recourir à l'exportation des déchets en dehors de la région.

UNE DÉCHARGE DÉCRIÉE PAR TOUS Les maires du Cannet-des-Maures et de Bagnols-en-Forêt, seuls opposants à cette solution, ont mis en avant la réouverture possible du site de Bagnols-en-Forêt. Comment cette décharge, tant décriée par Michel Tosan dès 2008, est aujourd'hui plébiscitée par l'édile bagnolais ? La rédaction a souhaité en savoir davantage sur cette installation présentée comme une solution de recours.
Pour cela, il faut restituer le site de la décharge de Bagnols-en-Forêt dit « Les Lauriers » dans le contexte historique. La campagne des municipales de 2008 a donné lieu à une bataille sans merci pour la fermeture de la décharge de la part du candidat Michel Tosan. À l'époque, les presses locale et nationale s'en sont largement fait l'écho.
Fraîchement élu, le nouveau maire n'a cessé de poursuivre son combat contre l'exploitant en insistant sur les dangers de cette installation : glissement de terrain, risque incendie, problème d'odeurs, augmentation du trafic routier, absence de solution de pré-tri... Il a obtenu une totale satisfaction à la fermeture de l'installation en septembre 2011.
5 ANS PLUS TARD, LA VOLTE-FACE Ardent opposant à cette installation, Michel Tosan se présente, cinq ans plus tard, comme un fervent défenseur du projet de réouverture de la décharge des Lauriers. Après avoir crié au loup l'ex-opposant en devient, étrangement, le principal promoteur. Comme nous avons pu le constater lors de la réunion extraordinaire de l'association des maires du 12 février dernier.
La mairie de Bagnols projette même une extension du site pour une exploitation sur plusieurs années supplémentaires.

Pourtant, les arguments avancés par le maire à l'époque étaient, semble-t-il, emprunts de bon sens. Les questions soulevées révélaient les inquiétudes de l'élu et de sa population pour leur sécurité. Les secousses sismiques de ces dernières semaines tendent, d'ailleurs, à confirmer ces craintes.
Alors qu'en est-il aujourd'hui ? Ces préoccupations ont-elles disparues ? Si le maire de Bagnols souhaite revenir à ses préoccupations initiales, il pourra s'appuyer sur un droit environnemental qui s'est depuis largement renforcé. La balle est dans son camp. Notre journal est prêt à écouter ses arguments.
Affaire à suivre...
Gilles CARVOYEUR