Philippe Granarolo : « Toutes les époques n’ont pas cru au progrès »
Pour la troisième année consécutive, le philosophe Philippe Granarolo a or- ganisé, sur l’esplanade Gérard Philipe, des « Agoras d’été », qui ont fait le…

Cette année, le thème retenu était « le progrès », et chacune des trois soirées proposées a attiré un nombreux public. « Pourquoi ce thème ? Parce que pour la première fois depuis longtemps les adultes de nos sociétés ne sont plus du tout certains que leurs enfants vivront mieux qu'eux.
Le progrès a-t-il un avenir ? Ce progrès auquel on a longtemps cru était-il autre chose qu'une croyance ? Trois Agoras n'ont pas été de trop pour éclairer cette thématique », explique Philippe Granarolo.
Pour introduire les Agoras 2018, Philippe Granarolo a dressé, le jeudi 5 juillet, un vaste panorama historique visant à montrer que « toutes les époques n'ont pas cru au progrès, avant d'expliciter comment la modernité a construit son paradigme sur le socle du progrès et d'établir un diagnostic précis sur le statut actuel de l'idée de progrès ». LA TECHNIQUE AU DETRIMENT DU BON SENS Le jeudi 12 juillet, Sabina Cochin, professeur de philosophie, a dénoncé le regain d'engouement pour la technique au détriment de l'éthique et du "bon sens". « Nous serions presque tous victimes d'une addiction aux objets et aux services.
La jeune philosophe a choisi de revenir sur cette «provocation» que constitue la technique, avant de proposer des solutions pour une politique responsable, dans laquelle l'État comme le citoyen devraient s'engager», décrypte le philosophe varois.

Enfin, pour la soirée de clôture, le jeudi 19 juillet, Philippe Granarolo est parti d'une phrase d'Hannah Arendt : « Il est contraire à la dignité de l'homme de croire au progrès ». Il a décliné les différentes interprétations possibles de cette troublante affirmation, en montrant pourquoi le progrès, longtemps considéré comme substantiellement lié aux principes des Droits de l'Homme, pouvait être en réalité une machine de guerre contre la dignité de l'humain.

De riches débats ont suivi chacun des exposés prononcés, et tous se sont promis de se retrouver pour les Agoras d'été 2019.
« Pourquoi ce thème ? Parce que pour la pre- mière fois depuis longtemps les adultes de nos sociétés ne sont plus du tout certains que leurs enfants vivront mieux qu’eux. Le progrès a-t-il un avenir ? Ce progrès auquel on a longtemps cru était-il autre chose qu’une croyance ? Trois Agoras n’ont pas été de trop pour éclairer cette époques n’ont pas cru au progrès, avant d’ex- pliciter comment la modernité a construit son paradigme sur le socle du progrès et d’établir un diagnostic précis sur le statut actuel de l’idée de progrès ». « Nous serions presque tous victimes d’une ad- diction aux objets et aux services. La jeune philo- sophe a choisi de revenir sur cette «provocation» que constitue la technique, avant de proposer des solutions pour une politique responsable, dans laquelle l’État comme le citoyen devraient d’Hannah Arendt : « Il est contraire à la dignité de l’homme de croire au progrès ». P.G - Photo André GOFFIN