Renaud Muselier : « Pour une coopération entre les acteurs civils et militaires »
Le 13 septembre à Toulon, le Forum européen « Défense et technologies duales au service de la protection de l’espace maritime » a lancé le développement d’une…

Rencontres, tables rondes et ateliers avec des experts, des PME, des donneurs d’ordres et des clusters européens portant sur les technologies duales, au service de la protection des aires maritimes, les échanges ont porté sur les programmes européens, sur les opportunités de financement de l’Union européenne dans le domaine du double usage et de la défense et sur les opportunités de coopération entre les acteurs civils et militaires. Une problématique économique pour laquelle la Région, en tant qu’institution, a toute sa place.
LE VAR, 1ER DEPARTEMENT MILITAIRE DE FRANCE

Selon Renaud Muselier, président de la Région, qui ouvrait le Forum européen : « Le Var, première zone touristique française, est la première zone de défense européenne. Des milliers de familles y résident. En région, le volet industriel constitue un véritable enjeu économique avec la présence de grandes entreprises, de centres de recherche. Avec le développement de l’emploi s’agrègent les actions en faveur de la défense, de l’Union européenne et la volonté du président Macron de recentrer la défense ».
Auparavant, il avait rappelé le contexte :
Des moyens importants sont proposés pour la défense par l’Union européenne et la France. Comment gérer ces ressources ? Avec la Région, porteur des moyens financiers mis à disposition par l’UE sous mon autorité politique ! L’Europe sert quand on sait s’en servir (...) » ! « Écartelées entre des moyens toujours plus contraints et une demande d’engagement toujours plus forte sur notre territoire comme sur les théâtres extérieurs, face au terrorisme et pour notre liberté, les armées n’ont jamais baissé la garde.
ELIMINER LES ISLAMISTES
Les conflits d’aujourd’hui ne ressemblent en rien à ceux d’hier. La guerre qui nous est déclarée sera une guerre totale. Une lutte à mort. Il n’y aura pas de place pour les islamistes et nous. Nous devons les écraser. Les éliminer. C’est notre survie qui est en jeu. Les modes d’action se réinventent, la menace se fait asymétrique, sporadique, déconcentrée quand elle n’est pas cyber, ce ne sont pas des guerres conventionnelles que mènent nos forces. Ceci se complexifiant d’autant plus avec des réflexes internationaux que nous aimerions différents, des États qui cherchent à affirmer leur autorité par tous les moyens, une course à l’armement relancée, de belles victoires multilatérales toujours matinées de coups du nationalisme.
LES GRANDS DONNEURS D’ORDRE
AIRBUS HELICOPTERS, CNIM, DCNS, GROUPE DASSAULT, SNECMA MOTEURS, TECHNICATOME, THALES ALENIA SPACE, THALES SAFAREPONS, THALES UNDERWATER SYSTEMS...
Bref, il faut agir pour nos armées et l’année qui vient de s’écouler est le signe d’une prise de conscience avec une loi de programmation militaire qui fera date, une Europe de la Défense qui s’incarne enfin, un focus sur la jeunesse et l’innovation.
LA FRANCE RETROUVE SA PLACE DANS LE MONDE
D’où la satisfaction du président Muselier :
Lorsque j’entends la Ministre Florence Parly sonner le tocsin et appeler à la mobilisation générale pour une loi de programmation militaire qui répare et qui prépare, je suis rassuré pour sa grande voix, forte, écoutée et entendue dans le monde. Celle d’une France prenant ses responsabilités et consciente de son destin. C’est donc une loi de programmation militaire qui trace le chemin vers un effort national de Défense à 2 % du PIB d’ici 2025, près de 300 milliards d’euros de crédits programmés entre 2019 et 2025. C’est la première fois depuis la Guerre froide qu’une loi de programmation militaire en expansion est votée !
Concrètement, ce budget inédit sera ventilé sur la modernisation des capacités actuelles, l’innovation, la coopération avec 36 % des programmes d’armement en coopération avec nos partenaires européens. Aujourd’hui, la protection ne peut s’entendre qu’avec l’Europe. Et, si la loi de programmation militaire prévoit une augmentation d’un tiers des programmes en coopération, ce n’est pas par idéologie, pas par obsession d’une utopie, mais bien par pragmatisme. Le député européen a fait ce constat : « Pour la première fois depuis 20 ans, un renouvellement majeur des équipements des trois armées est lancé. Désormais, nous avons le choix : faire quelque chose de plus petit seul ou mener des projets novateurs et nous permettant de changer de dimension ensemble. Le constat est simple, nos marchés nationaux restent trop étroits pour assurer la pérennité de nos industries de Défense, il nous faut travailler ensemble, consolider nos activités au niveau européen et tendre vers une Base Industrielle et Technologique de Défense Européenne agile et qui protège. C’est la voie à adopter pour réussir le pari de l’export, pour lutter contre des concurrents qui jouent déjà sur des terrains plus vastes. Mais à ce niveau, la coopération étatique ne sera rien sans une coopération industrielle ».
LES MECANIQUES DES FINANCEMENTS EUROPEENS
Émeline Allioux, directrice de la représentation de la Région auprès de l’Union à Bruxelles, a détaillé les mécaniques des financements européens :
Cette première en France associe, ici à Toulon, l’innovation, la recherche, les acteurs militaires et civils, des partenaires européens, autour du nouvel agenda européen du domaine de 2020. Le contexte de la défense et de la sécurité est une priorité de l’Union européenne en la matière, et cela a du sens que l’on en débatte ici, au cœur du premier département militaire.
Dans les faits, l’organisation de ce Forum revenait à la Commission Européenne, à la Région et à la CCI du Var, car la Région et la CCI sont adhérentes de l’ENDR. Il s’agit de regrouper les forces vives des territoires avec les autres opérateurs qui font croître la défense. Or, l’écosystème des PME dédiées à la défense, a des besoins de financements et doit s’internationaliser. D’autant qu’il existe des liens forts entre objectifs de défense et les activités du tourisme. Ainsi, François de Canson, conseiller régional, qui participait au Forum en tant que président du Comité Régional de Tourisme, a précisé : « l’économie de la défense et l’économie du tourisme sont intimement liées ».
CHIFFRES CLES
220 PME référencées dans la BITD (Base Industrielle des Technologies de la Défense) en Région PACA, Près de 2 000 PME de sous-traitance, 2 500 emplois en R&D privée, Près de 30 000 emplois civils et 45 000 emplois militaires, 8 centres d’essais dédiés aux domaines aéronautique et spatial, Plus de 12 laboratoires de recherche publique en aéronautique spatiale défense - 3 000 chercheurs, 13 centres de R&D spécialisés en optique.
CONCURRENCE ENTRE LES REGIONS
Dans le même temps, il existe une concurrence acharnée entre les régions françaises pour remporter le leadership dans le domaine de la défense. C’est ce que soulignait Philippe Vitel, conseiller régional délégué aux relations avec la défense : « Le rôle majeur de l’université de la défense dans l’appréhension des thèmes d’aujourd’hui. Par ailleurs, j’observe, en France, un cloisonnement entre politiques et industriels de la défense. Et, si depuis 15 ans, une certaine transversalité s’est installée, cela n’est pas encore assez. En région, il faut intégrer la défense dans nos politiques régionales, mener une réflexion pour cette région de 5,3 millions d’habitants au contexte méditerranéen, fort de 872 km de côtes. Nous devons développer ces synergies, prémices de collaborations territoriales. La Région a la compétence économique, pèse sur les créations d’emplois et joue un rôle de facilitatrice, d’aménageur du territoire ».
LES PERSONNALITES PRESENTES
Outre Renaud MUSELIER, président de la Région Sud, nous avons noté la présence de : Charles-Henri LEULIER DE LA FAVERIE DU CHE, préfet Maritime, Philippe VITEL, vice-président de Région, délégué aux relations entre la défense et la Région, François de CANSON, conseiller régional, délégué à la sécurité civile et aux risques majeurs, vice-président de la Commission « Tourisme », vice-président de la Commission « Biodiversité, Développement Durable, Parcs naturels régionaux et Mer », Céline RICHAUD, élue à la CCI, représentant Jacques Bianchi, président de la CCI, Jean-Manuel ERADES, vice-président, directeur du programme cybersécurité chez NAVAL GROUP, Alain DUMORT, chef de la représentation de la Commission Européenne à Marseille.
zone touristique française, est la première zone de défense européenne. Des milliers de familles y résident. En région, le volet industriel constitue un véritable enjeu économique avec la présence de grandes entreprises, de centres de recherche. Avec le développement de l’emploi s’agrègent les actions en faveur de la défense, de l’Union européenne et la volonté du président Macron de recentrer la défense » (...). Il ajoutait : « Des moyens importants sont proposés pour la défense par l’Union européenne et la France. Comment gérer ces ressources ? Avec la Région, porteur des moyens financiers mis à disposition par l’UE sous mon autorité politique ! L’Europe sert quand on sait s’en servir (...) » ! « Écartelées entre des moyens toujours plus contraints et une demande d’engagement toujours plus forte sur notre territoire comme sur les théâtres extérieurs, face au terrorisme et pour notre liberté, les armées n’ont jamais baissé la Il ajoutait : « Les conflits d’aujourd’hui ne ressemblent en rien à ceux d’hier. La guerre qui nous est déclarée sera une guerre totale. Une lutte à mort. Il n’y aura pas de place pour les islamistes et nous. Nous devons les écraser. Les éliminer. C’est notre survie qui est en jeu. Les modes d’action se réinventent, la menace se fait asymétrique, sporadique, déconcentrée quand elle n’est pas cyber, ce ne sont pas des guerres conventionnelles que mènent nos forces. Ceci se complexifiant d’autant plus avec des réflexes internationaux que nous aimerions différents, des États qui cherchent à affirmer leur autorité par tous les moyens, une course à l’armement relancée, de belles victoires multilatérales toujours matinées de coups du nationalisme » (...). « Lorsque j’entends la Ministre Florence Parly sonner le tocsin et appeler à la mobilisation générale pour une loi de programmation militaire qui répare et qui prépare, je suis rassuré pour sa grande voix, forte, écoutée et entendue dans le monde. Celle d’une France prenant ses responsabilités et consciente de son destin. C’est donc une loi de programmation militaire qui trace le chemin vers un effort national de Défense à 2 % du PIB d’ici 2025, près de 300 milliards d’euros de crédits programmés entre 2019 et 2025. C’est la première fois depuis la Guerre froide qu’une loi de programmation militaire en expansion est votée » ! constat : « Pour la première fois depuis 20 ans, un renouvellement majeur des équipements des trois armées est lancé. Désormais, nous avons le choix : faire quelque chose de plus petit seul ou mener des projets novateurs et nous permettant de changer de dimension ensemble. Le constat est simple, nos marchés nationaux restent trop étroits pour assurer la pérennité de nos industries de Défense, il nous faut travailler ensemble, consolider nos activités au niveau européen et tendre vers une Base Industrielle et Technologique de Défense Européenne agile et qui protège. C’est la voie à adopter pour réussir le pari de l’export, pour lutter contre des concurrents qui jouent déjà sur des terrains plus vastes. Mais à ce niveau, la coopération étatique ne sera rien sans une coopération industrielle » (...). « Cette première en France associe, ici à Toulon, l’innovation, la recherche, les acteurs militaires et civils, des partenaires européens, autour du nouvel agenda européen du domaine de 2020. Le contexte de la défense et de la sécurité est une priorité de l’Union européenne en la matière, et cela a du sens que l’on en débatte ici, au cœur du premier département militaire précisé : « l’économie de la défense et l’économie du tourisme sont intimement liées ». la défense : « Le rôle majeur de l’université de la défense dans l’appréhension des thèmes d’aujourd’hui. Par ailleurs, j’observe, en France, un cloisonnement entre politiques et industriels de la défense. Et, si depuis 15 ans, une certaine transversalité s’est installée, cela n’est pas encore assez. En région, il faut intégrer la défense dans nos politiques régionales, mener une réflexion pour cette région de 5,3 millions d’habitants au contexte méditerranéen, fort de 872 km de côtes. Nous devons développer ces synergies, prémices de collaborations territoriales. La Région a la compétence économique, pèse sur les créations d’emplois et joue un rôle de facilitatrice, d’aménageur du territoire ». • Texte et photo André Goffin