Sereine Mauborgne, députée : « Il faut passer de la colère à l’engagement »
Selon Sereine Mauborgne, députée LaREM, « pour sortir de la crise sociale qui secoue depuis un mois la France, la réponse sera forcément politique ».
Dans le concert des voix du groupe LaREM à l'Assemblée Nationale, la position de Sereine Mauborgne, élue de la 4ème circonscription du Var, risque de détonner. Elle entend bien faire remonter les doléances des habitants de sa circonscription. les solutions et je reste convaincue que nous y parviendrons ensemble.
Comment analysez-vous le dispositif mis en place par les forces de police ? SM.
Samedi à 15 heures 30, nous avons pu constater qu'avec une forte mobilisation des gilets jaunes, partout sur le territoire, les violences, toujours présentes et regrettables, persistent. Néanmoins, elles étaient moins intenses que les semaines passées et, certains médias y ont vu un signe d'apaisement. A mes yeux, ce n'est pas une raison pour se féliciter.
SM.
C'est une question de lisibilité. Aujourd'hui, je n'en appelle au calme et à la préservation des personnes et de leurs biens. Construire, ce n'est pas détruire ! Comment en est-on arrivé là avec des dizaines de milliers de personnes dans la rue ? SM.
Dans la politique de transition écologique et solidaire, le mot solidaire, hélas, a été oublié. Pourtant, des mesures existent, mais ces nouvelles mesures sont inaudibles pour les français qui manifestent dans les rues. Comment sortir de cette situation de blocage ? SM.
Nous allons examiner le Projet de Loi Fiscal 2019. C'est le moment. Je pense qu'il faut en profiter pour faire un certain nombre d'arbitrages. Par exemple, nous avons voté l'exonération de charges pour le travail saisonnier, contre l'avis du gouvernement. Et, en ce qui concerne la transition énergétique ? SM.
La transition écologique et solidaire est une loi importante car elle touche de nombreux foyers à travers l'isolation des bâtiments. Certes, ce n'est pas forcément cela qui va sauver le monde ou la planète. Mais, on ne peut accepter que des logements soient des vraies passoires thermiques.
Cette mesure va concerner les logements sociaux parce que les investissements dans ce secteur n'ont jamais été fait. Un autre exemple ? SM.
Effectivement, cela concerne la prime pour les véhicules d'occasion. Actuellement, elle reste inaccessible à de nombreux ménages car ils n'ont pas d'argent pour acheter une nouvelle voiture, même d'occasion. Il faut mettre les banques à contribution, d'autant que le montant de 4 000 € de la prime peut mettre plusieurs mois pour être versé aux bénéficiaires.
Il faut que les banques, voire la CAF puissent être mis dans la boucle. Comment se fait-il que ces mesures ne calment pas les Français qui sont dans la rue ? les mesures votées par la majorité sont illisibles.
A l'ère du numérique, il faut pouvoir répondre en temps réel aux demandes de nos concitoyens. Nous pouvons le faire grâce à un site Internet dédié où l'on pourrait consulter la liste des mesures prises en faveur de la transition énergétique. Qu'est ce qui bloque la discussion entre les manifestants et Édouard Philippe ?
SM.
La mise en œuvre de la transition énergétique est le fait de technocrates ou de communicants qui, à mes yeux, sont déconnectés du terrain. Pour réussir la transition énergétique, il faut des gens de terrain. A votre avis, cela peut être une réponse suffisante à la colère des gilets jaunes ? SM.
Pas forcément ! Je pense que les parlementaires doivent montrer l'exemple, même si les sommes en cause sont anecdotiques. Il faut envisager la suppression d'avantages qui ne correspondent plus à une réalité de situation comme les secrétaires ou les gardes du corps affectés à d'anciennes personnalités politiques.
Des choses ont déjà été faites comme la suppression de la prise en charge des frais d'obsèques des députés, l'intégration au régime général de la sécurité sociale, la transformation de l'indemnité de parlementaire en note de frais remboursables sur justificatifs. Vous êtes donc prête à écouter les revendications des gilets jaunes ? SM.
Les prochaines semaines vont être cruciales. Il existe une vraie souffrance. Il faut les écouter et les entendre. Où en êtes-vous sur le dossier de la maternité de Gassin ? SM.
Sur ce sujet, les voyants sont plutôt au vert. Nous avons obtenu de l'ARS, avec Vincent Morisse, le maire de Sainte-Maxime, le maintien de l'exploitation pour 3 ans. Mais, l'hôpital reste confronté à un manque de praticiens, notamment en ce qui concerne en chirurgie cancérologique et obstétricienne.
La plupart des malades se font soigner à Marseille. Le golfe de Saint-Tropez souffre de la cherté de la vie, ce qui est un frein à l'installation de médecins car leurs épouses ne souhaitent pas venir dans le golfe. Sur un plan économique, vous avez soutenu des initiatives contre le chômage...
SM. En effet. Je suis associée au plan « Un territoire, zéro chômeur de longue durée ».
Cela concerne une action de l'État qui permet à un chômeur de longue durée de se réinsérer dans le travail en créant une entreprise à but d'emploi. Ce programme s'adresse aux chômeurs de longue durée et est géré par des chômeurs de longue durée. Et, cela marche !
Nous allons passer de 10 territoires en France à 50.