26/07/2026

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

Exhumés et rapatriés au Mémorial des guerres d’Indochine, 21 soldats morts pour la France en 1949 au Tonkin, près de la frontière chinoise, reposent,…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 21 janvier 2019 Lecture : 3 min
Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation
Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation© La Gazette du Var
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Le 15 octobre 2018, les dépouilles de 21 aviateurs et parachutistes de la Compa- gnie Indochinoise Parachutiste (CIP) du 3e BCCP (bataillon colonial de commandos pa- rachutiste), morts le 12 mars 1949, lors d'une opération de désenclavement dans la région de Hoang Su Phi, ont été ré-inhumés au Mémorial des Guerres d'Indochine à Fréjus.

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

MORTS POUR LA FRANCE EN INDOCHINE « Jusqu'à ce jour, ils reposaient dans le cime- tière vietnamien de Tung San près de la frontière chinoise. La cérémonie d'hommage a débuté par un rappel de la situation qui a conduit à ce ra- patriement.

Le colonel d'aviation Christian Talon a rappelé combien ont été difficiles les négocia- tions entre la France et le Vietnam, ce pays ayant décidé la construction d'une route à l'endroit où reposaient depuis le 12 mars 1949, neuf Fran- çais et douze Vietnamiens », raconte Yves Boyer, président du comité du Souvenir Français de La Londe-les-Maures. « Pour mémoire, de 1945 à 1954 en Indochine, 100 000 soldats sont tombés, 76 000 ont été blessés et plus de 40 000 faits prisonniers dans des conditions tellement inhumaines que seuls 3 000 d'entre eux furent libérés et rapatriés en France métropolitaine dans l'indifférence voire l'hostilité d'une grande partie de la population française.

Ceci contraste avec les commémo- rations marquant le centenaire de la fin de la 1ère guerre mondiale », rappelle, la voix chargée d'émotion, le président du comité du Souvenir Français. Car, parmi ces héros des anciens d'Indochine, présents et invités par l'Office National des An- ciens Combattants du Var, il se trouvait deux bé- rets amarante, rescapés du 3ème BCCP, décimé sur la RC4. Ces deux compagnons de guerre ne s'étaient plus revus depuis le 13 octobre 1950, jour tragique où les survivants des bataillons parachutistes (75 hommes sur 600) furent dis- persés dans d'autres unités.

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

EXTRAORDINAIRE RENCONTRE, 70 ANS PLUS TARD ! Parmi eux, le londais Marcel Kafi, du GC2 et le marseillais Joseph Rinaldo du GC3, à l'époque du conflit, âgés de 22 ans tous les deux. Extraor- dinaire hasard, ces anciens combattants se sont reconnus grâce à leur insigne, fièrement épinglé aux côtés de leurs nombreuses décorations, té- moignage de leur engagement.

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

70 ans plus tard, ils sont venu rendre les hon- neurs à leurs compagnons disparus. Difficile pour eux de raconter ce qu'ils ont pu vivre, mais les souvenirs restent gravés dans leur mémoire. « Le 12 mars 1949, ils étaient présents sur la base d'où a décollé le Junker 257 du comman- dant Ballaire.

Joseph Rinaldo est un rescapé. Le sort a voulu qu'il soit au dernier moment écarté de ses compagnons de la CIP avec laquelle il de- vait embarquer. Il se souvient du retour à la base des autres appareils qui avaient dû rebrousser chemin, en raison d'un météo défavorable à un parachutage », rappelle, encore Yves Boyer.

Kafi va s'illustrer, lors de l'opération REMY. Sur les 573 hommes du 8ème BPC, parachutés le 2 octobre 1951 (NGHIA LO), ils ne sont plus le lendemain que deux sergents et 9 hommes va- lides. En se plaçant au bout d'un pont de 4 km, il retarde seul l'avancée de l'ennemi et sauve d'une mort certaine le sergent Dumonteil et le caporal Coste, blessés, le dernier à rejoindre les éléments français.

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

« Il voue une profonde reconnaissance à l’un d’entre eux, le colonel Paul Ducournau, héros du débarquement de Provence au Cap Nègre, à Mauvanne et au Coudon. Titulaire de trois citations, le sergent Kafi poursuit sa carrière en Algérie où il obtient trois autres décorations et le grade d’adjudant-chef. Engagé à l’âge de 17 ans sur la plage du Pardigon au 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, blessé en Alsace et en Indochine, membre depuis sa création du comité du Souvenir Français de La Londe-les-Maures, Marcel Kafi honore, aujourd’hui encore, de sa présence toutes les cérémonies patriotiques et poursuit, en même temps, son engagement en transmettant dans les écoles le devoir de mémoire auprès des jeunes générations », conclut le président de l’association mémorielle. •

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

Jusqu'à 1953 (Opération RIFF), Marcel Kafi sert dans tous les bataillons parachutistes, sous les ordres de chefs presti- gieux. « Il voue une profonde reconnaissance à l'un d'entre eux, le colonel Paul Ducournau, héros du débarquement de Provence au Cap Nègre, à Mauvanne et au Coudon. Titulaire de trois ci- tations, le sergent Kafi poursuit sa carrière en Algérie où il obtient trois autres décorations et le grade d'adjudant-chef.

Marcel Kafi, héros discret des guerres de décolonisation

Engagé à l'âge de 17 ans sur la plage du Pardigon au 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, blessé en Alsace et en Indochine, membre depuis sa création du comité du Souvenir Français de La Londe-les-Maures, Marcel Kafi honore, aujourd'hui encore, de sa présence toutes les cérémonies patriotiques et poursuit, en même temps, son engagement en transmettant dans les écoles le devoir de mé- moire auprès des jeunes générations », conclut le président de l'association mémorielle.

« Jusqu’à ce jour, ils reposaient dans le cime­ tière vietnamien de Tung San près de la frontière chinoise. La cérémonie d’hommage a débuté par un rappel de la situation qui a conduit à ce ra­ patriement. Le colonel d’aviation Christian Talon a rappelé combien ont été difficiles les négocia­ tions entre la France et le Vietnam, ce pays ayant décidé la construction d’une route à l’endroit où reposaient depuis le 12 mars 1949, neuf Fran­ çais et douze Vietnamiens », raconte Yves Boyer, « Pour mémoire, de 1945 à 1954 en Indochine, 100 000 soldats sont tombés, 76 000 ont été blessés et plus de 40 000 faits prisonniers dans des conditions tellement inhumaines que seuls 3 000 d’entre eux furent libérés et rapatriés en France métropolitaine dans l’indifférence voire l’hostilité d’une grande partie de la population française. Ceci contraste avec les commémo­ rations marquant le centenaire de la fin de la « Le 12 mars 1949, ils étaient présents sur la base d’où a décollé le Junker 257 du comman­ dant Ballaire. Joseph Rinaldo est un rescapé. Le sort a voulu qu’il soit au dernier moment écarté de ses compagnons de la CIP avec laquelle il de­ vait embarquer. Il se souvient du retour à la base des autres appareils qui avaient du rebrousser chemin, en raison d’une météo défavorable à un « Il voue une profonde reconnaissance à l’un d’entre eux, le colonel Paul Ducournau, héros du débarquement de Provence au Cap Nègre, à Mauvanne et au Coudon. Titulaire de trois ci­ tations, le sergent Kafi poursuit sa carrière en Algérie où il obtient trois autres décorations et le grade d’adjudant-chef. Engagé à l’âge de 17 ans sur la plage du Pardigon au 4ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, blessé en Alsace et en Indochine, membre depuis sa création du comité du Souvenir Français de La Londe-les-Maures, Marcel Kafi honore, aujourd’hui encore, de sa présence toutes les cérémonies patriotiques et poursuit, en même temps, son engagement en transmettant dans les écoles le devoir de mé­ moire auprès des jeunes générations », conclut Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR