Philippe Granarolo, auteur : « Sortir du dualisme, nature contre progrès »
Le 15 juin, pour célébrer le 5ème anniversaire des rencontres littéraires Du Haut du Rocher, La Garde invitait à la rencontre d’auteurs, d’artistes et…

Pour ce 5ème anniversaire, une journée spéciale était organisée autour de l'environnement, de la protection de la biodiversité ou de la valorisation des déchets, à travers des rencontres avec des auteurs, des ateliers et spectacle jeunesse, des conférences, des expositions... PRENDRE CONSCIENCE « Demain la Terre était axée autour de deux idées. D'une part, faire un tour d'horizon des différentes problématiques, informer et sensibiliser les publics de tout âge.
Ensuite, faire prendre conscience que chacun à son niveau peut adopter de bonnes habitudes au quotidien, parce qu'il n'est jamais trop tard pour s'engager et agir pour notre planète », explique Philippe Granarolo !
Par ailleurs, Catherine Lauthière-Vigneau, auteure de « Stop au gâchis : ma méthode pour lutter contre le gaspillage », a fait un état des lieux des mauvaises habitudes de consommation et proposé des solutions anti-gaspi faciles à adopter au quotidien. Enfin, toute la journée Agnès Guillot, Catherine Lauthière-Vigneau, Alain Pavé (Comprendre la biodiversité : vrais problèmes et idées fausses) ont échangé avec le public et répondu aux questions de Valérie Dufayet, professeur de philosophie.
Temps fort de Demain La Terre, la présentation des innovations technologiques, robotiques et bioniques inspirées des animaux par Agnès Guillot, évoquées dans son livre Poulpe fiction. Au cours d'une très enrichissante conférence, animée par Philippe Granarolo, le public a, probablement, changé d'avis sur les technologies et ses conséquences sur la nature. Philippe Granarolo, en dialoguant avec cette spécialiste mondiale du biomimétisme, a démontré que l'homme, au contraire de détruire la nature, la prolonge.
Une conception totalement à l'opposé de ce que réclament les écologistes.

L'IMAGINATION DES ANIMAUX « Ce qui était intéressant dans cette conversation avec Agnès Guillot, c'est qu'on n'oppose plus la nature et la technologie au sens large, c'est à dire également l'informatique et l'intelligence artificielle. De tous temps, on ne voyait dans le progrès technologique que destructions, attaques et violences faites à la nature. Or, Agnès Guillot prend le contre-pied de cette thèse et démontre comment les animaux, depuis la nuit des temps, ont fait preuve d'imagination, grâce à des artifices qu'ils ont créés.
Aujourd'hui, en s'inspirant de la nature on peut, par exemple, créer des robots pollinisateurs. Cette vision permet de sortir du dualisme, nature contre progrès.
Au contraire, elle démontre l'extraordinaire inventivité de la nature puisqu'il n'existe pas une rupture avec la nature mais, bel et bien, un prolongement. Au final, on peut espérer réconcilier l'homme avec la nature.
Agnès Guillot est aux antipodes de la formule de Descartes pour qui « on va se rendre maîtres et possesseurs de la nature », écrit dans le Discours de la méthode. Je dirais même que nous revenons à une approche grecque de la nature comme l'exprimait Aristote : « La nature fait du bois et nous on fait des planches et des meubles ». Tout est dit !
« Demain la Terre était axée autour de deux idées. D’une part, faire un tour d’horizon des différentes problématiques, informer et sensibiliser les publics de tout âge. Ensuite, faire prendre conscience que chacun à son niveau peut adopter de bonnes habitudes au quotidien, parce qu’il n’est jamais trop tard pour s’engager et agir pour notre planète », explique Philippe de « Stop au gâchis : ma méthode pour lutter « Ce qui était intéressant dans cette conversation avec Agnès Guillot, c’est qu’on n’oppose plus la nature et la technologie au sens large, c’est à dire également l’informatique et l’intelligence artificielle. De tous temps, on ne voyait dans le progrès technologique que destructions, attaques et violences faites à la nature. Or, Agnès Guillot prend le contre-pied de cette thèse et démontre comment les animaux, depuis la nuit des temps, ont fait preuve d’imagination, grâce à des artifices qu’ils ont créés. Aujourd’hui, en s’inspirant de la nature on peut, par exemple, créer des robots pollinisateurs. Cette vision permet de sortir du dualisme, nature contre progrès. Au contraire, elle démontre l’extraordinaire inventivité de la nature puisqu’il n’existe pas une rupture avec la nature mais, bel et bien, un prolongement. Au final, on peut espérer réconcilier l’homme avec la nature. Agnès Guillot est aux antipodes de la formule Discours de la méthode. Je dirais même que nous revenons à une approche grecque de la nature comme l’exprimait Aristote : « La nature meubles ». Tout est dit ! • Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR