26/07/2026

Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.

GCPar Gilles CARVOYEURJournaliste 13 novembre 2019 Lecture : 4 min
Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.
Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.© La Gazette du Var
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Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette révision du PLU ?

Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.

Je vous remercie de m’interroger sur ce sujet, ô combien important pour le devenir de notre ville et de notre territoire. Tout d’abord, permettez-moi de préciser à vos lecteurs que le PLU avec lequel nous travaillons aujourd’hui est un PLU qui date d’avant 2014. In fine, le règlement, les orientations, les contraintes et les zones ont donc été décidées bien avant que je devienne le maire de la ville.

Pourquoi avoir tant attendu pour lancer cette révision générale du PLU ?

Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.
Sur ce dossier du PLU, Philippe Leonelli répond aux questions de La Gazette du Var.

J’aurais aimé pouvoir le faire avant, mais vous le savez et j’aime à le rappeler, dans l’administration, les choses ne vont pas aussi vite que nous l’aimerions. Entamer une révision générale du PLU sans avoir le SCOT voté par les élus de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez était illusoire. Ce dernier a été entériné le mois dernier, nous avons donc lancé cette phase de révision de notre PLU. Nous avons eu une très longue réunion il y a quinze jours avec l’AMO qui nous accompagne et l’ensemble des services de la ville compétents dans ce dossier. Nous avons lancé la communication auprès des Cavalairois et des Cavalairoises. Nous devrions tenir une réunion publique d’information dans les prochains mois. La réunion avec l’AMO a été très fructueuse et j’ai ainsi pu lui présenter notre territoire et formuler nos attentes en regard de cette révision du PLU.

Quelles-sont-elles ?

Je m’étais engagé lors de la précédente campagne électorale à mettre en œuvre une révision du PLU approuvé en 2013. Ce PLU était orienté par une vision de Cavalaire qui n’est pas la mienne ; spolier les familles cavalairoises pour prétendument sauvegarder le territoire était une ineptie. Mais c’était sans compter sur la loi ALUR sortie en 2014 alors que les urnes étaient encore chaudes. J’ai rapidement modifié le PLU afin d’atténuer ses effets. Je rappelle : loi ALUR = suppression des COS comme des superficies minimales de terrain ; tout cela traduisant une volonté du gouvernement de densifier les centres-villes. Pour certains, certaines associations surtout, j’aurais pu aller plus loin, taper plus fort. Mais je dois dire, malheureusement, qu’au-delà de ces invocations, il n’y a guère plus. La critique est facile, l’art est difficile, on dit ça, non ?

L’opposition vous reproche votre côté bâtisseur ?

Déjà, qu’est-ce que cela veut dire ? Personnellement je ne bâtis rien de mes mains, je laisse cela à ceux dont c’est le métier ! Trêve de plaisanterie, c’est l’axe qui a été choisi par l’opposition depuis des années. Que voulez-vous... C’est plus simple de faire des raccourcis à travers des irruptions en séance du conseil municipal ou de déverser des contres vérités sur Internet plutôt que d’avoir une approche pragmatique de la question. Tenez, j’ai eu l’outrecuidance d’évoquer, au détour d’une conversation avec un journaliste, que sans aucune construction supplémentaire, et si les propriétaires des résidences secondaires décidaient de venir vivre à l’année, nous pourrions atteindre sans problèmes les 20 000 habiguer de la volonté de construire, mais quoi donc, des tours de 10 étages peut-être pour atteindre cet objectif ? Que voulez-vous, j’ai vraiment du mal à perdre mon temps à répondre à de telles absurdités, de telles mensongères, trompeuses, néfastes pour la bonne compréhension des choses. Et vous savez quoi ? Franchement, qui peut vraiment me donner des leçons sur la protection de notre territoire, de nos paysages, de nos collines que j’arpente tous les jours, enfin tous les matins très tôt quand certains de mes administrés se reposent ainsi que mes opposants ? Il ne suffit pas du haut de son étrier de soi-disant chevalier blanc (ou cavalière blanche...) de dire : « Oh, Ah, Non ! Pourquoi tant d’immeubles ! Moi j’interdirais, moi je dirais non, moi j’empêcherais tous les propriétaires de vendre leurs terrains pour assurer l’avenir de leurs enfants » ! Alors, vouloir faire croire que le maire peut s’opposer systématiquement aux nouvelles constructions est une hérésie. Pour qu’un permis puisse être déposé, il faut avant tout que deux conditions soient réunies : un acheteur et... un vendeur ! Cela peut paraître tautologique mais il me semble important de le rappeler. Ensuite, le permis est instruit par les services compétents sur la base d’un règlement d’urbanisme. La règle est simple : le permis est-il conforme aux règles d’urbanisme : oui ou non ! M’opposer pour m’opposer, en effet, je le peux, refuser un permis c’est possible. Mais le refuser sans fondement juridique, c’est un risque majeur à faire prendre à la commune. Un risque qui peut coûter cher, très cher.

préconisez ?

Il faut trouver des solutions pour permettre à Cavalaire de trouver son équilibre entre le souhait de ceux qui ont travaillé toute une vie de pouvoir en tirer la juste récompense en vendant au juste déformations volontairement prix leur terrain, le désir des actifs de se loger sur place, la volonté des acteurs économiques d’investir. Avec comme axe directeur essentiel : un développement durable du territoire intégrant pleinement l’impérative transition écologique indispensable à notre survie, en tous cas à celles de nos sociétés. Alors oui, je vous le dis : ma vision de l’urbanisme, c’est une vision d’équilibre, d’un équilibre à trouver entre toutes ces volontés. Et, c’est très loin d’être simple. Croyez-me... C’est de cette manière-là que la révision générale du PLU doit être construite. Elle ne peut pas se faire sans intégrer le maximum de personnes et sans sortir d’une vision dogmatique prônée par certains et malheureusement hors du temps. Non, définitivement cette révision générale du PLU est une opportunité pour notre ville en faisant participer tout le monde, les citoyens, les architectes, les associations. En définitive, toutes les bonnes volontés. Oui, la loi ALUR a assez parlé. A notre arrivée, il fallait redonner du souffle à Cavalaire après des années d’étouffement. Aujourd’hui, il faut intelligemment trouver le juste équilibre entre la limite et la profusion. Et je suis convaincu que ce juste milieu nous allons le trouver et réussir à le mettre en œuvre afin de permettre à Cavalaire et son territoire de répondre à la vocation qu’ont su lire les différents maires de Cavalaire jusqu’à Louis Foucher.

Propos recueillis par Gilles CARVOYEUR