La mer irrigue notre développement régional
Une étude de l'Insee confirme la place de leader de la région Sud dans l’économie maritime avec plus de 100 000 emplois.

La Région a dévoilé le 16 juillet à Toulon une étude approfondie de l’Insee qui dresse un panorama détaillé de son économie maritime.
Présentée par François de Canson, vice-président de la région, aux côtés de Valérie Roux, directrice régionale de l’Insee, et d’Olivier Tessier de la Dreets, l’analyse confirme le statut de la Région Sud comme première puissance maritime française.
Loin d’être un secteur parmi d’autres, la mer se révèle être un écosystème complet qui irrigue l’ensemble du territoire.
« Une politique publique pertinente commence toujours par une bonne connaissance du territoire. On ne prépare pas l’avenir avec des intuitions. Cette étude constitue un « véritable outil d’aide à la décision » pour adapter les politiques publiques aux réalités économiques et anticiper les besoins futurs », a souligné François de Canson.
Un écosystème de plus de 102 000 emplois
L’enseignement principal de l’étude est le poids considérable de l’économie bleue. Si le périmètre strict des activités maritimes (hors tourisme et Marine nationale) représente 25 600 salariés fin 2022, le chiffre explose lorsque l’on adopte une vision plus large.
En intégrant le tourisme littoral (62 200 emplois) et la Marine nationale (14 200 emplois), ce sont plus de 102 000 emplois directs qui sont liés à la mer.
« L’étude nous montre qu’il faut regarder ces activités comme un véritable écosystème. La mer n’est pas un secteur économique parmi d’autres. Elle irrigue l’ensemble de notre développement régional. Deux filières concentrent près de quatre emplois salariés sur cinq : le transport maritime et fluvial (11 900 emplois), principalement localisé dans les Bouches-du-Rhône (90 %), et la construction-réparation navale (7 900 emplois), dont le cœur bat dans le Var (72 %) », a insisté le vice-président de la région.
Au-delà des volumes, l’économie maritime se distingue par la qualité de ses emplois. Le secteur emploie une part de cadres (40 %) nettement supérieure à la moyenne régionale (16 %) et offre un salaire net mensuel moyen de 3 910 €, contre 2 470 € pour l’ensemble de l’économie régionale.
Les établissements y sont également de plus grande taille, avec une moyenne de 21 salariés contre 10. Cette structuration autour de grandes entreprises et de PME innovantes tire la qualification et la rémunération vers le haut.
Une puissance industrielle, numérique et stratégique
« La force de la Région repose sur des atouts uniques : le premier port de commerce français à Marseille, la première base navale d’Europe à Toulon, et une position de cinquième hub mondial pour les connexions numériques grâce aux câbles sous-marins. On oublie parfois que les grandes routes numériques passent, elles aussi, sous la mer. Une part essentielle des échanges de données entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie transite aujourd’hui par notre région », a rappelé François de Canson.
Cette puissance s’appuie sur des leaders mondiaux comme CMA CGM ou Naval Group, un tissu de PME dynamiques, notamment dans le yachting (1,1 milliard d’€ de chiffre d’affaires), et un écosystème de recherche de premier plan avec des institutions comme l’Ifremer et le Pôle Mer Méditerranée.
Aussi, l’étude met en lumière les défis à relever pour maintenir ce leadership. Le premier est celui des compétences, avec des besoins croissants en techniciens, ingénieurs et spécialistes pour accompagner les mutations technologiques. Le second défi est de concilier les multiples usages du littoral (industriels, touristiques, militaires, environnementaux).
« La Région Sud a déjà engagé plusieurs initiatives pour y répondre : l’Opération d’Intérêt Régional Économie de la Mer, le Parlement de la Mer pour une gouvernance partagée, ou encore la Garde régionale marine pour la sensibilisation. Des programmes comme « Ports Propres » et « Escales Zéro Fumée » positionnent la région comme une référence en matière de transition écologique du transport maritime. Préserver la Méditerranée n’est pas un frein au développement. C’est au contraire la condition de sa compétitivité future », a affirmé le maire de La Londe-les-Maures.
« La connaissance n’est jamais une fin en soi. Elle est le point de départ de l’action publique », a-t-il conclu, réaffirmant la volonté de la Région d’utiliser cette étude pour construire l’avenir de son économie maritime.

Photos Alain BLANCHOT.