20/10/2026
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Le retour à l'art de Gabriel Tabournel

À Hyères, l'artisan peintre Gabriel Tabournel renoue avec le dessin après une éclipse artistique de quinze ans.

LRPar La RédactionJournaliste 19 octobre 2026 Lecture : 2 min
Le retour à l'art de Gabriel Tabournel
Le retour à l'art de Gabriel Tabournel© La Gazette du Var
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Gabriel Tabournel n'a rien d'un artiste au parcours classique. Né à la Réunion et ayant grandi entre Tahiti et la France au gré des affectations de son père, militaire dans la marine, il exerce comme artisan peintre en bâtiment indépendant.

Derrière le professionnel qui rénove des appartements se cache un plasticien formé aux Beaux-Arts de Toulon, où il a obtenu un DNSEP (Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique).

Une rencontre qui relance tout

C'est une rencontre, il y a un peu plus d'un an, qui a tout changé. Au fil d’un repas et d’une conversation autour de l’art, Marc Simo, directeur des Salins des Pesquiers, perçoit chez lui une sensibilité artistique intacte et l’invite à participer à l’exposition organisée pour la fête des Salins, autour d’un thème évocateur : le sel et le blanc.

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Gabriel Tabournel se plonge alors dans l’univers des Salins, explore le site et ses archives visuelles. Les images de cristaux de sel observés au microscope le marquent particulièrement : derrière la simplicité apparente du sel, il découvre des formes complexes, presque architecturales.

De cette fascination naît une série de quatre dessins-installations, construits comme un cheminement : Vestige, inspiré des pieux repérés dans les salins ; Trame, une vue cristallisée du site ; Germe, un cristal de sel agrandi d'après une photographie microscopique ; et Seuil, qui clôt le parcours.

Quinze ans de silence artistique

Pendant plusieurs années, le dessin s’est effacé de son quotidien. Quelques projets ponctuels subsistent, mais la pratique devient plus rare. Ce n’est que récemment que l’envie de créer revient avec force, comme un besoin de renouer avec une part essentielle de lui-même.

L’exposition des Salins a marqué une étape importante : celle d’un retour assumé à la création, nourri par un regard renouvelé sur son environnement et par l’expérience acquise dans son métier.

Le choix du stylo Bic

La particularité de son travail tient à son outil : le stylo à bille, qu'il ne considère pourtant pas comme une marque de fabrique exclusive — il peint aussi à l'acrylique, à l'huile, a pratiqué le graffiti à la bombe.

Pour cette série, le Bic s'est imposé par cohérence : l'accumulation de traits qu'il permet évoque, selon lui, la construction complexe d'un cristal de sel.

La technique n'est pas sans contraintes. L'encre du stylo, entraînée par la gravité, ne s'écoule que dans certaines positions.

Le support est tout aussi singulier : une toile de réparation destinée, à l'origine, à consolider les murs dans le bâtiment. Agrafée directement au mur, recouverte d'une sous-couche blanche — la même peinture de finition qu'il applique habituellement chez ses clients — elle devient la surface de ses dessins.

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L’artiste a déjà commencé à préparer de nouvelles pièces. Il évoque un travail à venir sur l'organique et la texture.

Pour le suivre

Instagram : Opus_gt

Le retour à l'art de Gabriel Tabournel

Article issu de l'édition papier de La Gazette du Var