02/08/2026

Quand le politique franchit la ligne rouge !

L'auteur, catholique pratiquant, expose son opposition à la loi sur l'aide à mourir, une ligne rouge éthique et sociétale selon lui.

MBPar Max BAUERJournaliste 3 août 2026 Lecture : 2 min
Max Bauer
Max Bauer© La Gazette du Var
Partager

En tant que catholique pratiquant, je refuse sans détour la légalisation de ce que l’on appelle « l’aide à mourir ». Derrière ces mots se cache une réalité simple, donner la mort devient une solution légale.

Le commandement biblique « Tu ne tueras pas » n’est pas une formule symbolique. Il est un repère fondamental, qui protège chaque vie, en particulier la plus fragile.

Une ligne grave à ne pas franchir

On invoque la dignité et la compassion. Mais depuis quand provoquer la mort serait-il un acte de compassion ? Une société digne ne supprime pas celui qui souffre, elle l’accompagne.

Légaliser la mort administrée, c’est franchir une ligne grave : celle où la vie cesse d’être inconditionnellement protégée.

La protection des plus vulnérables

Ce basculement n’est pas théorique. Il concerne d’abord les plus vulnérables : personnes âgées, malades, dépendantes.

Derrière la liberté affichée, combien se sentiront de trop ? Combien auront le sentiment de devoir « choisir » de disparaître pour ne pas peser sur leurs proches ?

Le rôle du médecin bouleversé

Cette évolution bouleverse aussi la médecine. Le médecin ne serait plus seulement celui qui soigne et soulage, mais aussi celui qui peut donner la mort. Une telle transformation altère profondément la confiance et le sens même du soin.

Une légèreté politique indécente

Dans ce contexte, l’initiative du ministre d’organiser une réception autour de cette loi est une faute grave. Qu’il parle ensuite de « maladresse » ou de « confusion » ne change rien : on ne met pas en scène, de près ou de loin, un texte qui engage la mort des plus fragiles.

Cette démarche révèle une légèreté inquiétante, comme si un tel basculement pouvait être accompagné avec les codes d’une victoire politique ordinaire. C’est indécent !

Non, on ne célèbre pas la mort. Ces sujets exigent de la gravité, de la retenue et du respect.

Une autre voie est possible

Il existe pourtant une autre voie. La loi du 2 février 2016, dite loi Leonetti-Claeys, permet déjà de répondre à la détresse de la fin de vie en garantissant une meilleure prise en charge de la souffrance et en autorisant, dans certaines situations, une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Elle permet d’accompagner sans tuer.

Le 8 juin, ma maman a été accompagnée grâce à cette loi. Elle a été entourée, soulagée, respectée.

Je veux exprimer ma profonde gratitude envers le corps médical et les infirmières pour leur humanité et leur compassion. Ils nous ont montré ce qu’est une fin de vie digne, une vie accompagnée, jusqu’au bout.

Max BAUER