06/08/2026
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L’editoriale

CNR - Conseil National de la Refondation, de la poudre aux yeux !

Edizione n°172 · Pubblicata il 10 ottobre 2022

Le « Macronisme » et le fantôme du CNR

Le sigle ronflant du « Macronisme » contrefait, sans vergogne, le Conseil National de la Résistance (CNR), créé par le général de Gaulle. À la fin de la deuxième guerre mondiale, le programme du CNR, établi le 15 mars 1944 après plusieurs mois de négociations, se déclinait dans une rénovation sociale et des principes communistes, dont l’économie planifiée.

Il promettait le retour des grands moyens de production monopolisés, les fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques. Si Macron reprend ces positions, plus inspirées de la gauche que du centre, il risque de tourmenter les grandes fortunes françaises qui ont financé sa réélection !

Son idée est de bâtir un consensus sur la situation de la France et son avenir.

En réalité, il veut gagner du temps, en misant sur l’inaction. Cette méthode politique devrait conduire à une consultation des Français par voie référendaire. Au final, le CNR sera une instance qui va doublonner avec le Conseil Économique Social et Environnemental (CESE).

Et, il portera un grand mépris des institutions de la République, notamment le Parlement. Alors que rien n’avance, que les réformes sont au point mort depuis 10 ans, un énième grand débat est-il utile ? Surtout, si les conclusions passent aux oubliettes !

Ayant compris le piège, l'opposition (droite et gauche réunies) ne participera pas aux travaux du CNR. Gérard Larcher, le président du Sénat, a déjà écrit son refus de collaborer, inquiet de cet exercice indéterminé de construction de la loi, en dehors du Parlement. Macron travaillera avec ses seuls amis de Renaissance et des partis satellites.

Une communication pessimiste et des actions vaines

Pour enfoncer le clou, le Gouvernement, par la voix de Borne, communique délibérément de manière pessimiste, se présentant comme le rédempteur du pays. En réalité, la France subit une grave crise économique avec la flambée du prix de l’énergie et le manque de matériaux et composants électroniques, qui freinent l’activité industrielle.

Ce contexte a engendré une forte inflation (6 %) qui pénalise les Français et les entreprises. Pour répondre à ces difficultés, le Gouvernement n'a aucune crédibilité. Ces dernières semaines, les annonces de Macron se sont révélées des actions vaines, sans résultat !

Pour la construction de nouvelles centrales nucléaires, nous attendons toujours le premier coup de pioche. En matière de justice et de sécurité, il est un simple commentateur de son inaction.

Un risque de tension sociale et de déclin

Résultat : La confiance n’est pas au rendez-vous car sa politique ne correspond pas aux graves urgences du pays : énergie, défense, réindustrialisation, famille, identité nationale, immigration, etc.

Au final, le risque est de créer une grande tension sociale qui sera portée dans la rue par l'extrême gauche. À terme, on peut même craindre un blocage parlementaire, voire une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.

En dix ans (1958-1968), le général de Gaulle a projeté la France dans le trio de tête des 3 grandes puissances mondiales. En dix ans (2017-2027), Macron va basculer la France dans les abysses du classement international !

Bernard Bertucco Van Damme