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Frédéric Devalle : “Des milliers de camions supplémentaires sur la route, une solution facile et…

Le directeur-général de Pizzorno Environnement répond aux questions de La Gazette du Var

RGDi Rédaction Gazette du VarGiornalista 7 febbraio 2018 Lettura: 3 min
Frédéric Devalle : “Des milliers de camions supplémentaires sur la route, une solution facile et aberrante”
Frédéric Devalle : “Des milliers de camions supplémentaires sur la route, une solution facile et aberrante”© La Gazette du Var
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Frédéric Devalle : “Des milliers de camions supplémentaires sur la route, une solution facile et aberrante”

parmi les plus performants de France, il a été précurseur dans les extensions de consignes de tri et dans la valorisation des emballages plastiques. Après 80 millions d’euros d’investissements, l’UVE de Toulon a augmenté sa capacité de traitement et amélioré ses performances énergétiques et environnementales. Elle est aujourd’hui le 1er producteur d’énergies renouvelables du département. Notre Groupe à lui seul a investi sur les 5 dernières années plus de 100 millions d’euros au service du département au profit de la valorisation. Les résultats du tri de la collecte sélective sont encourageants et parmi les meilleurs de la région. Les tonnages triés et valorisés sont en constante évolution, ils concernent aussi bien la valorisation matière, que la valorisation organique et énergétique. Je suis très confiant dans l’avenir du Var pour encore améliorer ses résultats. C’est une obligation, mais c’est avant tout une nécessité et je crois que les Varois l’ont compris.

Le département du Var a prouvé depuis vingt ans son engagement dans l’économie circulaire et dans la transition énergétique. Comment l’expliquez-vous ?

En vingt ans, le département s’est doté de nombreuses installations de valorisation et de traitement qui affichent d’excellentes performances. D’un point de vue industriel, le centre de tri du Muy compte

Si les technologies sont en constante évolution, elles ne permettent cependant pas de valoriser l’ensemble des déchets...

Bien que les technologies aient fortement évolué, le stockage reste encore indispensable : en France 33% des déchets sont encore traités par ce moyen. Le Var n’échappe pas à cette situation, le plan départemental évalue d’ailleurs le besoin en stockage à 250 000 tonnes par an or, les 2 installations en activité arrivent très prochainement à saturation...

2018 sera une année cruciale. Le préfet laisse entendre que l’exportation des déchets semble inévitable. Cette position vous inquiète-t-elle ?

Cette décision reviendrait à réduire à néant les efforts conjoints des installations collectivités, de leurs habitants et des professionnels du secteur. Il faut savoir qu’entre 2010 et 2017, près de 500 000 tonnes de déchets ont été détournées du stockage au profit de la valorisation. La Préfecture laisse entendre que cette exportation serait provisoire, environ deux ans, le temps que des projets de valorisation voient le jour... C’est une erreur ! Compte tenu de notre expérience d’industriel, il est évident qu’au minimum 5 ans seront nécessaires à la mise en service de nouvelles installations pour franchir les obstacles de l’ensemble des démarches administratives. C’est pourquoi nous croyons en l’utilité du Balançan : la poursuite de son exploitation permettra d’accompagner sereinement la mise en service de ces projets d’installations multi-filières. Pourquoi aller stocker nos déchets à plusieurs centaines de kilomètres hors de la région alors que des solutions locales existent ? Nous avons conscience que le stockage n’est pas la solution d’avenir, mais il demeure aujourd’hui une solution de proximité nécessaire. Mettre sur les routes des milliers de camions supplémentaires n’est pas une solution pragmatique : cela ne favorise ni l’environnement, avec un bilan carbone dégradé, ni les usagers, qui devront assumer le surcoût lié à l’exportation des déchets hors de la région. Il faut également savoir que ce secteur représente plusieurs centaines d’emplois locaux : exporter les déchets reviendrait à délocaliser, voir détruire ces emplois.

Environ 54% du total des déchets des ménages ont été valorisés sous forme d’énergie grâce à l’usine. Cette énergie sert aussi au fonctionnement de l’installation, le surplus étant réinjecté sur le réseau ERDF. Cela représente environ 100 000 MWh soit l’équivalent de la consommation électrique d’une ville de 40 000 habitants (hors chauffage). Le SITTOMAT, maître d’ouvrage de l’UVE, devient ainsi l’un des principaux producteurs autonomes d’électricité du Var.

VALORISATION DE LA MATIERE

La valorisation de la matière a lieu en centre de tri, au Muy et à la Seyne-sur-Mer. Le site du Muy accueille chaque année près de 120 000 tonnes de déchets recyclables par an (papiers, plastiques, cartons, multi-matériaux) issus des collectes sélectives des ménages et des industries. À la Seyne-sur-Mer, le centre gère annuellement 50 000 tonnes de déchets, principalement du bois, des déchets industriels ou issus de la collecte sélective.

Le département compte également sept plateformes de compostage, à Cuers, La Crau, Signes, La Mole, Cabasse, Fréjus et Sainte-Maxime. Elles reçoivent boues, végétaux, bois, biodéchets, déchets verts, algues, souches et végétaux broyés qui seront transformés en compost. Les déchets qui ne peuvent être valorisés sous forme de matière ou d’énergie sont stockés dans les Installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). Il en existe trois dans le Var : celles du Balançan au Cannet-des-Maures, de Pierrefeu-du-Var et de Ginasservis (actuellement fermée depuis novembre 2016 pour mise en conformité). L’exportation des déchets... plus qu’un grain de sable, un caillou dans la chaussure des élus varois !