06.08.2026
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Édito — n°106

Выпуск №106 · Вышел 15 апреля 2020 г.

La dépendance économique mise à nu

La mise en pause de l’activité économique, sans précédent, illustre les ravages de l’organisation mondiale de la production industrielle et les dépendances qu’elle entraîne. L’ouverture des économies nationales sur le marché mondial a entraîné une interdépendance croissante et préjudiciable des pays occidentaux au profit de l’Asie. Partie de Chine, la pandémie a créé des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement des entreprises parce que la France est devenue hyper-dépendante de ses fournisseurs asiatiques.

Elle révèle cruellement 40 années de manque de vision d’une politique industrielle hexagonale, sacrifiée sur les principes de l’Europe et de la mondialisation !

Le déficit constant de notre balance commerciale (54 Mds) illustre cette grave situation. L’industrie pharmaceutique a délocalisé massivement son appareil productif, surtout pour les génériques. Aujourd’hui, 80% des principes actifs des médicaments sont importés de Chine et d’Inde, contre 20% il y a trente ans, entraînant par ricochet une pénurie de médicaments.

Une gestion de crise critiquée

Cette crise sanitaire met en évidence la dépendance excessive de la France pour ses approvisionnements et la grande instabilité du commerce mondial actuel. Pour les tenants de la politique de délocalisation (droite et gauche confondues depuis 40 ans), il s’agissait de faire baisser les coûts de production. L’arrêt de production de biens essentiels par « l’usine du monde chinoise » finira par bloquer l’économie de notre pays.

Malgré les milliards promis, nous courons vers une catastrophe économique sans précédent, dans un pays déjà perclus de dettes. Notre crédibilité, peu flamboyante, va encore tomber. La gestion de la crise sanitaire a démontré un très grand amateurisme, avec des déclarations contradictoires.

L'hôpital, victime de décennies de désinvestissement

Pour contrecarrer la progression du virus, les décisions politiques de protection n’ont pas été assez fermes et rapides. La cause de cette crise en revient également aux différents gouvernements en poste depuis les années 2000. L’hôpital est à bout ! Manque de lits, de personnel et de matériel !

En 40 ans, 100 000 lits d’hospitalisation ont été supprimés. Un plan de 2015 s’est traduit par 3 milliards d’économie, dont 860 millions sur la masse salariale, entraînant la suppression de 22 000 postes. Ce sont ces lits et ces postes qui nous font tant défaut aujourd’hui.

Il faut remercier les soignants, « ces héros du quotidien engagés dans une guerre sans armes, ni masque et ni respirateur », ainsi que les nombreuses professions qui continuent de travailler. Selon les experts, le risque de pandémie va se répéter et nos gouvernants doivent mettre les moyens en place dès maintenant.

Bernard Bertucco Van Damme