06.08.2026
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Édito — n°109

Выпуск №109 · Вышел 20 мая 2020 г.

La confiance ébranlée

La crise sanitaire a relancé la question de la confiance des citoyens envers le Président Macron. Cette défiance touche particulièrement le milieu médical et les catégories populaires, qui étaient en première ligne durant le confinement.

Leurs critiques légitimes menacent la logique d’union nationale. Ces groupes ne font plus confiance à Macron. Sur le plan politique, les voix s’élèvent pour dénoncer les approximations dans la gestion de la crise.

"Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas au gouvernement ! Nous payons très cher les imprévoyances de notre politique de santé."

Critiques multiples

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a dénoncé « le manque de masques, de tests et de lits médicalisés gérés dans l’approximation ». Patrick Kaner, au nom du groupe socialiste au Sénat, s’est interrogé sur le choix de la date de sortie du confinement.

Roger Karoutchi, à droite, a critiqué « le manque de cohérence et de clarté sur les masques, les tests et le traitement ». Les prises de parole du Gouvernement ont été jugées contradictoires et incessantes.

La "Macronie" vacille

La défiance atteint même les rangs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. La "Macronie" risque de perdre sa majorité absolue avec la création d'un 9ème groupe parlementaire. Ce groupe sera composé d'une vingtaine de transfuges de LaREM, dont Aurélien Taché.

Le gouvernement est critiqué pour son imprévoyance. Une partie des mesures de déconfinement a été esquissée : reprise de l'activité dans les commerces, les transports et réouverture des plages sous conditions. Certaines décisions ont été validées par le Conseil scientifique, d'autres non.

Le professeur Alexandra Henrion Claude estime que « pour éviter la propagation du virus, le gouvernement n’a pas mis en place les bonnes mesures et la population a été mal informée ».

Ailleurs dans le monde, des pays comme Israël, l'Allemagne et la Corée du Sud ont obtenu de meilleurs résultats. Ils ont pratiqué des tests massifs, mis en quarantaine les malades et imposé le port obligatoire du masque.

Le professeur Philippe Juvin s'alarme : « le consensus politique va voler face à la crise économique ». L'adoption consensuelle de la loi d'urgence du 23 mars 2020 a marqué la fin de l'unité publique. Le gouvernement se place sous la protection du Conseil scientifique quand cela l'arrange, et hors de cette protection quand cela ne l'arrange pas.

La Gazette du Var — La Rédaction