06.08.2026
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Le scandale des constructeurs automobiles français

Выпуск №201 · Вышел 4 декабря 2023 г.

Par Bernard BERTUCCIO VAN DAMME

Tandis que les constructeurs automobiles français engrenent des super bénéfices, ils augmentent, en même temps, le déficit de la balance du commerce extérieur. Un déficit record de plus de 20 milliards sur les 160 milliards de déficit !

En comparaison, la balance du commerce allemand est bénéficiaire de 280 milliards. Certes, les gains des constructeurs automobiles sont mirifiques. Mais à quel prix pour l'emploi en France ?

Le paradoxe des bénéfices automobiles

Ils profitent d'un système ultra libéral et produisent des véhicules dans des pays où le coût de la main d'œuvre est 4 fois moins élevé. Ainsi, l'équivalent du SMIC français au Maroc s'élève à 300€. Mais, en surfant sur les bas salaires, les constructeurs français aggravent dangereusement le déficit de la balance du commerce extérieur.

Quand délocaliser dans les pays de l'Extrême-Orient permet d'engranger des supers bénéfices, pourquoi les industriels reviendraient-ils en France.

Avec des bénéfices nets, éhontés, de 17 milliards pour STELLANTIS (Peugeot, Citroën) et pour Renault avec une marge opérationnelle qui a doublé en valeur à 2,6 milliards, le choix de supprimer des milliers d'emplois en France est largement validé.

Cette liesse de la filière automobile engendre un effondrement de la balance commerciale qui chute dans le rouge de 12 milliards en 2019 à 20 milliards (chiffres Douanes Françaises).

La fabrication hors de l'Hexagone

En France, le marché automobile s'articule sur des petits modèles (peu cher) et de marque française. Depuis des années, les modèles Renault Clio, Dacia Sandero et Peugeot 208 sont en tête des ventes. Malheureusement, ces voitures sont fabriquées hors de l'hexagone dans des pays où les salaires et les charges salariales sont moindres.

Ainsi, Renault assemble en Turquie et en Slovénie, la Dacia vient du Maroc après la Roumanie et la 208 également du Maroc et de Slovaquie.

Un marché en mutation

Au dernier salon de l'Auto à Munich, l'atmosphère était maussade. Le prix d'une voiture a subi une hausse de 30% en trois ans, à cause de l'énergie, des matières premières et de la guerre en Ukraine.

À Munich, la déferlante chinoise s'est abattue sur le Salon, deux fois plus nombreuse qu'à l'édition précédente, concrétisant la menace chinoise en Europe et provoquant l'inquiétude des constructeurs français.

Pour pallier la chute des ventes toute en aidant l'achat de véhicules électriques, le Gouvernement et les industriels doivent vite trouver des solutions !

Bernard Bertucco Van Damme