Un départ qui en dit long
Victoria Nuland, souvent critiquée pour ses positions bellicistes sur la Russie et ses actions en Ukraine, va quitter son poste. C'est ce qu'a annoncé le département d’État américain.
Diplomate de carrière, elle a occupé plusieurs postes clés. Elle fut secrétaire d’État adjointe pour l’Europe sous Obama, puis sous-secrétaire d’État aux affaires politiques sous Biden.
Sa carrière l'a menée à l'ambassade des États-Unis à Moscou dans les années 1990, où elle fut témoin de la tentative de coup d’État contre Boris Eltsine. Auparavant, elle avait servi comme ambassadrice auprès de l’OTAN et porte-parole du département d’État sous Hillary Clinton.
L'affaire des "collations" de Maidan
Le 11 décembre 2013, en tant que secrétaire d’État-adjointe américaine, Victoria Nuland s'est rendue au cœur du mouvement de Maidan. Elle y a distribué des collations aux manifestants opposés à Ianoukovytch.
Officiellement, l'objectif était le rapprochement de l’Ukraine avec l’Union européenne. Cependant, les médias russes ont qualifié cette action de « distribution de friandises du département d’État américain », suggérant une intention plus belliqueuse.
Si un secrétaire d’État russe distribuait des sandwichs aux manifestants français sur les ronds-points occupés par les Gilets Jaunes, qu’en penserait le Gouvernement de Gabriel Attal ?
Victoria Nuland est ainsi perçue comme un pur produit du "deep-state" américain, infiltré en Ukraine pour déstabiliser la région au gré des intérêts de la CIA.
L'architecte de la guerre ?
Après l’annexion de la Crimée en 2014, elle a ardemment défendu l’Ukraine, contribuant aux troubles actuels. Elle est considérée par beaucoup comme l'architecte suprême de la guerre en Ukraine, du moins pour les acteurs sur le terrain.
Elle avait d'ailleurs déclaré, tout comme l'actuel président Biden, que NordStream 2 serait détruit en cas d’intervention russe en Ukraine. Sa carrière au Département d’État américain est, selon l'auteur, imprégnée du sang de millions d’Ukrainiens et de Russes.
John Bass, diplomate de carrière et ancien ambassadeur en Afghanistan, remplacera temporairement Nuland. Sa démission suggère deux possibilités : le retour probable de Trump au pouvoir, ou la reconnaissance que la guerre par procuration américaine en Ukraine est officiellement perdue et pratiquement terminée.
Robert de la Digue