François de Canson : « L’esprit du 17 août, mémoire vivante de la liberté »
Le 17 août, le vent s’est levé. Celui de la mémoire, de la fidélité et de la conscience.
Dans une atmosphère recueillie, François de Canson a ravivé la flamme de l’histoire avec une parole grave et lumineuse, traversée par le souvenir des combats et une foi profonde en la dignité humaine.
« En Provence, la France s’est remise debout », a-t-il rappelé en citant le général de Lattre de Tassigny.
Une phrase simple et immense, qui résume ce que fut le 17 août 1944 : un réveil de l’Histoire, un basculement du destin, une victoire de la liberté sur la nuit.
« Nous sommes libres aujourd’hui. Cette liberté, nous la devons à nos alliés américains, britanniques, canadiens, qui affrontèrent le feu nazi pour débarquer sur le sol français et reconquérir, avec l’appui de la résistance intérieure, un territoire vaincu ».

ESPRIT DU 17 AOUT
François de Canson a fait revivre les noms de ceux qui, ici, incarnèrent l’esprit du 17 août :
Joseph Spada, jeune commando tombé au fort du Salbert (Territoire de Belfort) ;
François de Leusse, libérateur du château de Brégançon (résidence présidentielle) et maire de La Londe pendant vingt-quatre ans ;
Louis Bussonne, exécuté pour avoir saboté le pont du Pansard.
« En cette journée de commémoration, je voudrais que chacun se souvienne de Joseph Spada, de François de Leusse… Souvenons-nous encore de Louis Bussonne ».
« Ces hommes d’exception », formés aux missions réputées irréalisables, ont libéré La Londe dans la nuit, lors d’une opération brève et décisive, sous le commandement du lieutenant-colonel Bouvet.
« Ces combattants, entraînés aux marches forcées, à l’infiltration, au close-combat, aux tirs de précision, au combat antichar et à la neutralisation des sentinelles, étaient des maîtres dans l’art de la guerre. Ils furent les premiers à fouler le sol de Provence, les premiers à la délivrer de l’occupant ».
VEILLEURS DE PAIX
L’hommage n’est pas un repli sur le passé, mais un appel à la vigilance, à la responsabilité, à la fidélité intérieure : « Dans le monde qui se présente, il est plus que jamais essentiel de rester solides, fermes, arrimés à notre liberté ».
Et le véritable héritage du 17 août, c’est une paix concrète et quotidienne, portée par les soldats en opération, les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les secouristes, les sauveteurs en mer, et, plus largement, par toutes celles et ceux qui servent le bien commun et font vivre la fraternité.
« Votre engagement est l’héritage vivant de ceux que nous honorons aujourd’hui. Vous êtes les gardiens de ce bien précieux : la paix. Tant que cette veille ne faiblira pas, « alors la France restera debout ».
Ainsi, en ce 17 août, un pont s’est dressé entre les générations.
Ce que les résistants ont défendu, ce que les commandos ont libéré, ce que les survivants ont reconstruit, il nous appartient de le porter. Non comme un fardeau, mais comme une lumière.
« La France n’a pas été donnée. Elle a été défendue. Aimée. Chérie jusqu’au sacrifice ».

Photos Isabelle BENOIT et Alain BLANCHOT.