François de Canson : le Sud, c’est plus qu’une destination, c’est une promesse de vie !
A Châteauneuf-le-Rouge, la deuxième édition du Forum régional du tourisme responsable et de l’écotourisme a mis en exergue le lien entre tourisme et habitants.
Sous l'impulsion de François de Canson, président du Comité Régional de Tourisme (CRT), les acteurs du tourisme étaient réunis dans un lieu de culture, de nature et de savoir-faire, un lieu qui résume à lui seul la promesse du Sud : celle d’un territoire qui vit du tourisme sans jamais se renier.
« Ce n'est pas anodin. Il traduit notre conviction que le tourisme ne doit pas être un monde à part, mais une force partagée. Car ici, dans le Sud, le tourisme, c’est la vie des habitants. C’est l’emploi de leurs enfants, c’est le café du village qui reste ouvert, c’est le train qui passe plus souvent, c’est la culture qui circule, c’est la beauté qui unit ».
CHOIX DU LONG TERME
Depuis 2017, sous l’impulsion de Renaud Muselier, la Région a choisi une voie claire. Il s'agit de faire de la transition écologique un moteur de développement, pas une politique de contrainte.
« Nous avons été les premiers à lancer une COP d’avance, les premiers à devenir territoire pilote de la planification écologique, et en 2023, la première région d’Europe à adopter un budget 100 % vert. Cela veut dire que chaque euro investi par la Région est passé au crible de son impact environnemental. Nous avons fait le choix du long terme, celui de la responsabilité, de la qualité, de la cohérence », explique François de Canson.
C'est pourquoi dans cette transformation, le tourisme occupe une place centrale. Parce qu’il irrigue toutes les dimensions de notre vie collective, il soutient l’économie, il nourrit la culture, il structure la mobilité, il façonne nos paysages, il inspire nos politiques d’énergie et d’aménagement.
« Le tourisme est le visage du Sud. Ce visage ouvert sur le monde, à la fois lumineux et exigeant, enraciné et universel. Le tourisme, c’est notre première économie régionale, la plus identitaire, la plus transversale, celle qui donne du sens à nos investissements, du souffle à nos entreprises, de la vitalité à nos territoires. Mais il ne doit pas être analysé comme une rente. Il est une chance, un levier, un accélérateur de transformation », a ajouté le président du CRT.
Car les résultats sont là. Ainsi, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, a enclenché une désaisonnalisation de son modèle touristique. Le tourisme n’est plus concentré sur les seuls mois d’été. En 10 ans, la fréquentation du printemps et de l’automne a progressé de 10 %, celle de de l’hiver de 13 % tandis que l’été se stabilise.

TRANSFORMATION PROFONDE
D'où la satisfaction du vice-président de la Région : « C’est une transformation profonde. Nos visiteurs viennent autrement, à d’autres moments, pour d’autres expériences, privilégient les itinéraires durables, les hébergements labellisés, les circuits de proximité. L’usage des transports collectifs régionaux a bondi de 17 %, porté par le succès des pass TER 3 et 7 jours, des navettes locales et des billets combinés “train + sites touristiques”. Et nous irons plus loin ».
Concrètement, la filière vélo connaît une forte dynamique avec le développement des itinéraires régionaux — la Méditerranée à Vélo, la ViaRhôna, la Durance à Vélo — et plus de 1130 prestataires labellisés « Accueil Vélo ». Mais, cette mutation n’est pas un hasard.
« C’est le fruit d’un travail collectif, d’une stratégie partagée entre la Région, le CRT et les territoires, qui fait du tourisme un outil d’équilibre, de sobriété et de bien-vivre. C’est le signe d’un modèle mature, qui tend à répartir les flux, apaiser les tensions et tendre à redonner à nos habitants le sentiment de respirer », insiste le président du Comité Régional de Tourisme.
Les chiffres confirment son analyse. Ainsi, dans notre région, 8 habitants sur 10 disent que le tourisme leur apporte plus de bénéfices que d’inconvénients et 7 sur 10 se disent fiers de vivre dans un territoire qui fait rêver le monde entier.
TOURISME ET CULTURE
« Cette fierté, c’est notre capital le plus précieux. Mais elle n’est jamais acquise. Elle se construit, chaque jour, par le dialogue, la concertation, l’écoute. Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons qu’il y a des conflits d’usages, des sujets de tension, des exaspérations légitimes parfois. Nous savons aussi que tout ne se règle pas en un instant, ni par une seule décision. Mais nous croyons à la méthode, à la constance, à la coopération : parce que c’est ainsi, pas à pas, que se construisent les équilibres durables ».
C’est le sens des politiques mises en place par la Région et le CRT qui visent à désaisonnaliser pour mieux répartir la fréquentation, développer les mobilités durables pour réduire les impacts, soutenir les labels environnementaux pour donner de la valeur à l’engagement et accompagner les habitants pour qu’ils deviennent les premiers ambassadeurs de leur région.
« Le tourisme du Sud, ce n’est pas un produit, c’est une culture.
Une culture du lien, du partage, de la beauté. Une culture qui unit ceux qui vivent ici et ceux qui viennent d’ailleurs. Ce que nous portons ensemble, c’est une vision ambitieuse. Celle d’un territoire qui conjugue excellence et exigence, attractivité et responsabilité, modernité et enracinement. Le Sud, c’est plus qu’une destination ! C’est une promesse de vie, une promesse d’équilibre. Un modèle que nous devons protéger, transmettre et réinventer. Notre région est belle, mais ce qui la rend unique, c’est la manière dont elle prend soin d’elle-même, de ses habitants et de son avenir. C’est cela, le sens de notre engagement.
C’est cela, le tourisme du Sud : un tourisme du respect, du soin et de la fierté », conclut François de Canson.
Photos CRT.