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le 30 Novembre 2025

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François de Canson élu à la présidence de l'Institut français du tourisme

En octobre, le président du Comité Régional de Tourisme a été élu à l'unanimité pour un mandat de trois ans.

250 institut tourisme

Association de loi 1901 créée en 2009, par Georges Dubrule (cofondateur du groupe Accor), Jean-Jacques Descamps (secrétaire d'Etat au Tourisme dans le gouvernement Chirac entre 1986 et 1988) et Jean-Luc Michaud (ancien directeur du tourisme et actuellement président exécutif), l'Institut Français du Tourisme est un Thinktank totalement indépendant. Il a une audience nationale et a été reconnu internationalement par le label du Programme des Nations-Unis pour l'environnement (PNUE) au titre du tourisme durable à sa création.

François de Canson répond aux questions de La Gazette du Var.

Vous venez d'être élu à la présidence de l'Institut Français du Tourisme. Qu'est-ce que l'IFT ?

François de CANSON. Nous avons des adhérents prestigieux : Atout France, l'Umih, la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air mais aussi des Comités régionaux de tourisme, les agents de voyage et tours opérateurs, de grands établissements de formation et de recherche, des collectivités territoriales et des personnalités reconnues nationalement et internationalement pour leurs compétences dans ce domaine.
Et surtout, nous abordons les questions qui se posent à notre secteur avec pragmatisme et bon sens.
Il faut rappeler que le tourisme c'est près de 1,5 million d'emplois salariés en France, 80 milliards d'€ de retombées économiques internationales et 100 millions d'arrivées internationales en 2024. Mais la France compte aujourd'hui de nombreux concurrents comme les Etats-Unis, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et bien d'autres pays qui progressent.

Quelles sont les actions concrètes à l'actif de l'Institut français du tourisme ?

FdC. L'Institut est un incubateur d'idées et de projets innovants. Depuis sa création, il a développé un réseau de pôles d'excellence spécialisés sur divers thèmes : la culture et le patrimoine, le tourisme de montagne, l'eau, etc.
Depuis la fin de la crise sanitaire, il s'est recentré sur ses fondamentaux.
Par exemple, à la demande des pouvoirs publics et des partenaires concernés, il poursuit le développement de la plateforme numérique « monemploitourisme.fr » afin de permettre aux demandeurs d'emploi de mieux identifier les métiers et les filières qui y conduisent et y préparent.
Cette plateforme compte 35 000 offres et il est important de la faire connaître car chacun pourra noter la diversité des métiers qui sont concernés dans le secteur du tourisme et le dynamisme de ce marché.
L'IFT porte une parole libre et se veut être l'interlocuteur du gouvernement et naturellement du ministère en charge du tourisme Il est aussi très en pointe sur la formation. Ce sera une des priorités de mon mandat.

Quelles seront ces priorités ?

FdC. Je vais les construire avec le Conseil d'administration nouvellement nommé mais j'en ai identifié trois. Tout d'abord, la formation et l'emploi. Nous devons renforcer les liens entre l'école et les professionnels pour améliorer l'attractivité des emplois et l'adaptation des compétences de ceux qui vont s'engager. C'est la question de l'apprentissage, de l'alternance mais aussi de l'insertion sociale et professionnelle. Cela va jusqu'à la question des saisonniers et de leur logement. Aussi, la plateforme monemploitourisme.fr est un outil précieux pour les demandeurs comme pour les employeurs. Nous devons la faire évoluer.
Nous allons proposer un aggiornamento de la gouvernance du tourisme et de la répartition des compétences. Il faut travailler sur une nouvelle organisation plus simple et plus performante après avoir dressé le bilan de la loi NOTRe. Nous allons regarder ce qu'il se passe au-delà de nos frontières et le cas échéant nous en inspirer.
Enfin, au sujet de la taxe de séjour, nous allons proposer que les recettes soient exclusivement dévolues au développement touristique. Leur affectation doit être concertée avec les professionnels et fassent l'objet d'une affectation contractualisée. Les Départements et les Régions doivent conserver la possibilité de mettre en place des taxes additionnelles dont les plafonds doivent être harmonisés au plan national.

Et puis, nous allons continuer à travailler sur la sémantique. Il est important d'expliquer qu'il n'y a pas de surtourisme en France mais des pics de fréquentation. Ce type de confusion alimente trop souvent le tourisme bashing. D'ailleurs, je salue l'initiative prise par l'Institut qui s'est attelé à la lourde tâche de rédiger un Dictionnaire du tourisme et du droit du tourisme. Il comptera près de 400 entrées et plus de 900 pages. Il devrait être présenté en version papier et numérique, à la presse, au mois de février. C'est un travail considérable et indispensable pour que nous puissions nous comprendre. Je tiens à saluer le travail considérable de la centaine d'auteurs.

Pourquoi avez-vous accepté cette nouvelle mission ?

FdC. Parce que le tourisme est un sujet qui me passionne et que je défends. Les enjeux du tourisme de demain sont colossaux.
En région Provence Alpes Côte d'Azur, avec le président Renaud Muselier, nous avons engagé depuis près de dix ans la transition écologique du tourisme. Nous avons des résultats. Nous devons le faire-savoir en France et à l'international.
L'Institut Français du Tourisme est un outil exceptionnel pour montrer ce qui fonctionne dans les territoires, de manière pragmatique, et apporter des solutions nouvelles à des problèmes structurels. Ensuite, chacun fera ses choix. Chaque territoire, fort de ses spécificités, adaptera ses solutions pour se tourner vers un tourisme toujours plus responsable et plus durable.
Le tourisme est facteur de paix, de vivre ensemble et de tolérance. Nous en avons tellement besoin dans ce monde instable, en perte de valeurs et de repères.

Photo CRT.